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Caramele

Défi
Caramele



J’errais dans ce quartier, au bout de ma souffrance.
Un ciel de plomb bruineux m’enveloppait de sombre.
Il n’était nul besoin de scruter la pénombre
Pour espérer trouver quelconque assistance.

Qui m’apporterait l’aide que je cherchais tant ?
Qui saurait m’accorder ne serait-ce qu’un regard,
Qui m’aiderait à comprendre ce cafard
Et ces noires idées, sources de mon tourment.

Je suis entrée alors dans ce centre social.
Un léger fond sonore offrait un chant choral.
Tout était clair et doux, chaleureux, accueillant.

Si ma mélancolie cherchait l’altérité.
C’est là qu’elle se trouvait, incontestablement :
Donner sans rien vouloir, en solidarité.
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Défi
Caramele
J’avais erré longtemps par-delà les nuages. Je cherchais un endroit où écouter le vent, Assouvir mes désirs de somptueux paysages Me gaver de lectures et de textes grisants. C’était je le concède, un ambitieux challenge. Rencontrer des auteurs, mesurer leur talent. Progresser moi aussi au gré de nos échanges Ecrire avec le cœur, autant qu’avec les sens. J’ai aimé ô combien cette année de partage, Ces défis improbables, ces mots éparpillés Ces histoires décousues, ces contes invraisemblables, Quand alors se confondent rêves et réalité. Quelqu’un a décidé un matin tout à trac, Qu’il en avait soupé de participations Plus ou moins pertinentes. Que tout ce bric à brac Serait au 30 juin hors utilisation. Qu’il pourrisse en enfer ce crétin imbécile. Ne gardons à l’esprit que ces écrits joyeux, Qui nous emmenèrent loin comme dans un exil Voulu et créatif où nous étions heureux.
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Défi
Caramele
Tout comme les galets qui roulent sur la plage Brassés par les marées, montant et descendant, N’arriveront jamais à rallier le rivage, Les jours filent et s’envolent en impétueux torrent. On aimerait pouvoir prendre à la rigolade Cette sensation du temps qui tombe en sablier Se dire que la vie n’est qu’une galéjade Et qu’il en faut gober chaque instant sublimé. J’essaye et pourtant ce dangereux manège, Cette chenille folle qui va je ne sais où, Semble ne respecter ni trilles ni arpèges Je suis comme un hamster prisonnier de sa roue. J’aimerais contempler la nature et la peindre Apprécier goulûment les petits matins blêmes, Les soleils triomphants et ne plus jamais craindre Que le jour qui s’éteint n’en soit le requiem.
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Défi
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Laisse moi écouter le message du vent. Si je ferme les yeux, que je le touche en Braille, Je comprends mieux encore ce constat effrayant : Le monde tel qu’il est, est un champ de bataille. Écarte les nuages, qu’ils voguent blancs ou noirs, Faufile-toi au creux profond d’une échancrure Avance encore et tu pourras apercevoir Qu'il existe pourtant de douces ouvertures. Au large il reste encore des îles féeriques, Des lendemains qui chantent, des espoirs lumineux, Des contrées ignorées aux senteurs exotiques Où s’abreuver encore de nectars délicieux. Et pourtant aujourd’hui on marche sur les braises D’un feu incandescent qui ne laissera rien Si l’homme ne sait pas éteindre la fournaise Qui veut anéantir jusqu’au dernier jardin.
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Crois-tu pouvoir encore choisir tes privilèges ? Beaucoup d’autres ont tenté de contourner les lois. Je peux si tu le veux t’en faire florilège Et tu verras que rien n’est si simple que ça ! Le principe est patent. Tu dois suivre la foule. Ne pas t’en dissocier par solidarité. Te fondre dans l’oubli, ne pas casser le moule Qui régit depuis tant de temps l’humanité. Si tu as des envies, enfouis-les tout au fond. Précieusement cachées au creux de tes angoisses Ne les montre jamais quelle que soit la saison. Ce sera ton trésor comme un feu sous la glace.
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Il nous faut nous pencher sur la question suprême : Quel est le sens profond qui guide l’existence Est-ce un chemin tracé où aucune influence N’en saurait modifier la trajectoire même. On pourrait c’est certain avec désinvolture S’en remettre au Destin et à ses voluptés. Danser avec les loups, ne rien anticiper Se caparaçonner comme dans une armure. Mais il faudrait alors ne vivre que pour soi-même, Oublier toute forme de réelle empathie. Occulter alentour la présence d’autrui Se refermer dans une solitude extrême. Moi je préfère danser, me mêler à la foule, Tourbillonner au son de folles mazurkas, Ouvrir tant que se peut le havre de mes bras Donner tout cet amour et ce qui en découle
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Défi
Caramele
Prisonnier volontaire de mon isolement, Je m’étais enfermé dans une sourde absence. Rien de ce qui bougeait n’atteignait ma conscience, Je voulais disparaître loin du monde et du temps. Et derrière ces barreaux qui enserraient mon âme Derrière une fiction que je m’étais contée, Se traînait un mal-être trop longtemps ignoré Écartelant ma vie tout comme un brise-lame. S’il y a bien le soleil qui perce après la pluie, Ne pourrait-Il aussi poindre une rémission Effaçant tout de go l’horrible punition Qu’est de vivre sans but et sans la moindre envie. En rupture de ban, je veux rire et renaître, Retrouver mes amis et le souffle du vent, Réapprendre l’amour et ses enchantements, Et de mon avenir redevenir le maître.
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Caramele
Quelle que fut l’ambiance, Damien restait un incorrigible optimiste. Il avait vu au cinéma « le fabuleux destin d’Amelie Poulain » et avait in petto décidé que ce serait sa voie. Il naviguerait entre deux lignes directrices parallèles : Aller de l’avant. Ne regarder ni à droite ni à gauche. Ç’aurait pu être considéré comme une sorte d’autisme tant rien ne semblait pouvoir faire tanguer ses espoirs. Il serait agent immobilier. Il s’interrogea un moment sur la nécessité ou non de changer son nom. Monichon lui paraissait manquer d’élégance. Après réflexion, il décida de s’en accommoder. Rien ne lui serait interdit. Et effectivement année après année, sans tambour ni trompette, il fit son petit bonhomme de chemin, engrangeant dans son escarcelle, le fruit de dispositions empathiques et commerciales particulièrement développées. Son projet était de raccrocher à 50 ans et de jouir ensuite de vacances définitives et apaisées où il n’y aurait plus de stress, d’imprévus, de courbettes, de ratés, de rencontres inutiles et d’insomnies chroniques. Il terminerait sur cette dernière vente. Tout était au carré. Il avait fini par mettre d’accord la propriétaire de cette fermette délabrée de la cam
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Caramele
Tu as tout oublié des folles aventures Qui sont venues jadis émailler ta jeunesse. Ton monde d’aujourd’hui, revu en miniature, S’est rétréci encore, au seuil de ta vieillesse. C’est drôle, il n’y a guère, ta mémoire etait telle Que nous t’avions nommée Madame Wikipedia. Tu n’étais pas encore fanée sous tes dentelles Tes couleurs n’avaient pas encore viré sépia. La perte de repère est venue crescendo. S’en est suivi bientôt ce sombre isolement Qui ronge tes pensées, en assourdit l’écho. Éthérée, tu deviens la belle au bois dormant. Alors, faisons un jeu. Plonge dans tes souvenirs. Évade toi encore dans ces folies anciennes. Reviens un peu vers nous. Redonne nous tes rires. Et ta vie d’autrefois, autant qu’il t’en souvienne.
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Seuls les boomers connaissent le léger crissement De l’aiguille qui griffe la surface vinyle Des disques démodés, récupérés du temps Où ils s’en délectaient, d’un amour juvénile. Les jeans de cette époque portaient pattes d’éléphant. Sans trous. Les fringues s’appelaient encore vêtements. Les pères ne s’habillaient pas comme leurs enfants. Le rétro des aïeux se nommait « anciens temps » On parlait sobrement, parfois même ampoulé, S’il fallait enchanter quelconque demoiselle, Lui réciter des vers, juste pour l’étonner Et lui faire comprendre qu’on la trouvait belle. Tout ça a bien changé. Mais le dire en poème Peut sans doute réveiller certain enchantement. Altruiste et aimable sont des mots épicènes, Qu’il faut privilégier quel que soit le printemps.
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J’ai lu ce matin dans le journal, une information étonnante. Un surdoué, habitué du concours Lépine, lassé du potin nocturne invraisemblable dans ses combles et du grignotage de ses réserves de fruits, s’est penché ethnologiquement sur les us et coutumes des ratidés. Ses observations lui confirmèrent que ces espèces ont fréquemment des penchants au suicide. Au creux du laboratoire d’où étaient déjà sorties moultes inventions aussi insolites qu’éclectiques, il passa de longues nuits à peaufiner son idée. Il suffisait d’inoculer un gène dépressif dans les grains d’avoine dont les souris raffolent, et elles tomberaient rapidement dans une mélancolie lamartinienne se laissant mourir de tristesse. Il n’y a pas de fumée sans feu. Les souris ainsi modifiées ont développé une sorte d’antidote et renonçant définitivement à la noirceur du monde se sont muées en des aliens ébouriffés et si attachantes que leur élevage devint une mode triomphante qui se répandit comme une traînée de cocaine. L’inventeur s’était planté fors l’honneur.
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Déjà en arrivant sur le parvis de la cathédrale maintenant restaurée, le poids de sa magnificence prenait jusqu’à l’intime. Tant de beauté, presque insoutenable, forçait un respect au-delà de la conscience. Devant les portes monumentales, on oubliait le sordide et la laideur du monde, pour s’émerveiller du savoir-faire millénaire des bâtisseurs d’autrefois. Nous avons remonté la nef jusqu’à nos places. Le prétexte évident de cette renaissance ne pouvait qu’être sublimé avec Mozart. Le Requiem en exalterait encore la splendeur. L’orchestre symphonique était déjà installé. Les musiciens réglaient leurs instruments dans une cacophonie créatrice. Les 80 choristes, sobrement vêtus d’une longue toge noire et d’une écharpe d’or s’installèrent dans un silence recueilli. Les quatre solistes rejoignirent leur sièges ; le maestro monta sur son estrade et salua un public en apnée. La baguette levée, l’ensemble entama l’Introitus. Tous nos sens ont plongé dans l’œuvre dans un frisson de bonheur. La réflection du son sur les parois offrait une résonance que nous n’avions pas même espérée. Nous étions partie intégrante de cette musique interprétée jusqu’au sublime.. Les solistes, au sommet de leu
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