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Alexandre Sonntag

Innsbruck.
Alexandre Sonntag
En 1923, Benjamin F., arpenteur-géomètre rigoureux et cartésien, est envoyé à Chastaing Plantation, une propriété de Caroline du Sud entachée d’un passé sanglant : sorcellerie, malédictions familiales, et disparitions inexpliquées. Sa mission ? Évaluer les lieux pour une vente.

Mais Chastaing ne lâche pas ses proies si facilement...
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Alexandre Sonntag
Chez lui, Oliver s’était connecté au Krug. Il se sentait plus calme et heureux depuis quelques jours. Il avait repensé à Alina. Il s'était écoulé quelques minutes à peine, et pourtant il se souvenait encore avec précision du parfum de ses cheveux, de la douceur de son épiderme et de la tendresse avec laquelle elle l’avait regardé. Ses yeux, deux amandes d’un bleu clair, virant au gris avaient laissé en lui une empreinte persistante. Son corps correspondait parfaitement aux canons de la Nouvelle Société. Le Système l’avait choisi, elle, pour lui en quelques microsecondes, sans qu’il ne comprenne les raisons exactes de cette association. Pourtant, Oliver en était sûr, malgré son déclin et ses faiblesses physiologiques, l’embryon qui allait grandir deviendrait cet enfant parfait, prodigieux, qu’on enlèvera à sa mère biologique et qu’on élèvera en enfant prodigue. Il connaissait le Système. Cela lui était dorénavant égal. Un script apparut inopinément sur son écran, distinctif de ces anciens virus informatiques amateurs. Derrière les lignes chaotiques de caractères et symboles qui défilaient, un motif récurrent se forma progressivement : un message clandestin de Hopeless Blues. Oliver
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Alexandre Sonntag
Près de son nombril, Barbara découvre un petit tatouage, qui au fil des jours et des semaines va devenir un véritable fardeau. Plus le temps passe, plus le tatouage ressemble à une chenille, qui grandit s'anime.

Un fardeau que doit porter Barbara, jusqu'à sa mue finale.
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Alexandre Sonntag
Une route poussiéreuse, longue droite infinie, au milieu de nulle part. Un voyageur solitaire fatigué, son camping-car à court de gazole. Puis ce panneau publicitaire surgissant tel un mirage : « 5 Miles to Heaven, Gazoline and cold beer ».
La promesse est toutefois loin d'être aussi paradisiaque qu'annoncée.
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Alexandre Sonntag


J’avais pris rendez-vous quelques jours au préalable avec Olivia. Par messagerie interposée. Tout avait été soigneusement prémédité.
Le deux-pièces est au cinquième étage d’un immeuble cossu de la capitale, coincé au milieu de tant d’autres, qui font la fierté d’un beau quartier. Pas le genre d’endroit fréquenté par les beaufs ou les sans-le-sou des banlieues. Trop cher ou trop chic. Trop de caméras de surveillance aussi. On y monte par ce genre d’ascenseur à cage d’oiseaux, imitation art-déco, savamment intégré dans la colonne d’escalier. Me voici oiseau de nuit, prisonnier, le temps d’une ascension d’une minute trente-cinq.
Pas le temps d’actionner la sonnette, que déjà la porte s’entrouvre puis se referme avec la même discrétion derrière moi. Le petit hall d’entrée donne directement sur une cuisinette, planquée derrière un meuble-bar vintage, ouverte sur séjour. Les murs sont d’un blanc immaculé, agrémentés de photos noir-et-blanc du New York des années vingt.
Elle est lascivement assise, dévêtue, quasiment nue, au milieu du divan vert. Un « truc en plume » porté avec une simplicité sophistiquée, recouvre avec charme ses épaules et le haut de sa poitrine. Ses jambes soigneusement croisées, sont habillées de bas de satin noir et de porte-jarretelles, avec à leurs bouts, des pieds portant des escarpins à talons aiguilles noirs ornés de cristaux. Ses cheveux châtains sont tirés et relevés en chignon ne manquant pas de mettre en valeur le haut de son front. Sur le haut du crâne, brille un énorme diadème en toc, floqué du mot « queen ». La reine attend son roi, synopsis parfait pour une soirée entre adultes consentants.
Nous avons le temps de prendre gin tonic, bien glacé, comme j’aime, croisant nos regards malicieux. La reine des lieux est une mitraillette à parole. Elle débite à une vitesse folle de nombreuses vérités (ou contre-vérités) sur son histoire personnelle, me posant de temps en temps quelques questions. Entre deux salves, nous nous dévisageons. Elle m’évalue pendant que je la mange des yeux. Elle boursicote, possède quelques biens immobiliers, dont les rentes rapportent plus que l’Avenue de la Paix au Monopoly. Elle profite d’un luxueux appartement, qu’elle n’habite que lorsque son « sugar-daddy » de quarante ans son ainé et banquier de profession vient lui rendre visite. Elle me raconte comment elle tient à lui (ou lui à elle ?) et comment Il lui a offert, paraît-il, sa première éjaculation féminine. Le reste du temps, elle voyage, tapinant de temps en temps pour son propre plaisir. Hédoniste, elle tient à profiter de sa vie, de son corps et de ce que celui-ci peut offrir de meilleur. Je ne retiens pas grand-chose de ce qu’elle me raconte. De toute façon, elle servir même discours à tous ses visiteurs. Je préfère regarder comment ses lèvres serrent la paille et sucent le liquide légèrement amer aux parfums si typiques…
D’un regard, elle me fait comprendre qu’il est temps de passer à autre chose. En se levant, elle me fait signe de l’accompagner.
- Je vais faire de toi mon prince d’un soir.
Je me dirige vers la chambre, dont la partie qui donne sur la salle de bain aménagée en dressing traversant, jouissant sagement de la vue de ses hanches métronomes roulant de droite à gauche au rythme de ses pas.
Je me désape comme un maçon, entassant mes affaires sur un tabouret et non pas comme un chippendale, mais la dame n’a pas l’air de s’en soucier.
- Tu ne ressembles pas à ces quadras et quinquas prétentieux qui attendent en file de me rencontrer…
Elle lâche un « Que j’aime ton corps. ». J’enroule le drap de bain qu’elle me tend autour de la taille et me dirige vers la douche. Lorsque je réapparais quelques minutes plus tard, une musique relaxante et une lumière feutrée vert pâle inondent la chambre d’une ambiance zen.
- Je te sens nerveux ? Viens assieds-toi à côté de moi, ferme les yeux. On va commencer par faire baisser l’excitation et le pouls. Tous les deux, nous allons accorder notre respiration, sans précipitation.
Nous sommes côte à côte, en position de lotus sur le futon, pour ma part les paumes des main posées sur les genoux. Lentement, mes narines inspirent son odeur vanillée ; j’en remplis profondément mes poumons avant de l’expirer, avec la mêm lenteur, soufflant l’air entre mes lèvres. Nous répétons ce cycle sept fois. À mesure que nous ralentissons, synchrones, nos respirations, je me sens envahi par une vague de relaxation.
Olivia se lève, je m’aplatis à plein ventre sur le futon, les bras en croix. Elle me tend un petit appui-tête qui me soulage les cervicales. Après avoir retiré le drap de bain de mes hanches pour le plier et recouvrir délicatement ma croupe, elle répand un liquide huileux et tiède partant du creux des reins vers mon cou. L’onguent dégage des arômes de cacao amer lorsqu’elle l’étale en massant doucement ma peau. Cou, épaules, épine dorsale… ses gestes sont lents, ses doigts dessinent d’innombrables formes géométriques. Tantôt, elle pétrit fermement un muscle, tantôt, elle frictionne énergiquement la peau. Rien ne lui échappe. De temps en temps, ses mains caressent mes hanches et la base du cou. Chair de poule et réconfort.
Olivia laisse couler son huile cacaoté du haut de mes cuisses vers les talons, en prenant soin de bien en imbiber ma peau. Ses pouces s’attardent sur mes voûtes plantaires. Ses doigts tirent un à un chacun de mes orteils avant de glisser entre les espaces interdigitaux. Ses deux mains remontent à pression constante du talon d’Achille jusqu’en haut de la cuisse ; elles remontent le long du mollet puis à l’intérieur de la cuisse, en mouvement lents circulaires. Une jambe après l’autre, renouvelant plusieurs fois ses mouvements de bas en haut, remontant à chaque fois plus haut vers mon entre-jambe, qu’elle effleure, sans le solliciter directement. Pourtant il commence à se raidir.
Une nouvelle giclée d’huile se répand sur mon dos, puis le drap glisse et tombe aussi soudainement que ma masseuse s’allonge sur moi. Je sens ses seins fermes glisser sur mes omoplates et son pubis frotter mes reins. A chaque glissade, ses lèvres humides embrassent avec pudeur les lobes de mes oreilles, alors que ses doigts s’entremêlent aux miens. Pas un centimètre carré de ma peau n’est délaissé.
Le sexe peut devenir une expérience cosmique, on l’appelle alors tantra. Sous mon ventre, ma verge est dur et étouffe. C’est le moment que choisit Olivia pour me demander de me retourner et de s’exclamer avec des yeux brillants :
- Il est temps de s’occuper de ta queue.
Ses doigts huilées me caressent les genoux, les cuisses pendant qu’elle suce mes tétons. Je sens ses petites mains qui montent, qui remontent toujours plus vers l’aine. La vibration de ma peau s’amplifie au fur et à mesure que ses doigts se dirigent vers ma cartouchière.
Alors qu’elle masse mes couilles dans la paume de sa main, comme on joue avec des boules de Baoding, elle suce goulûment l’objet de tous ses désirs, le faisant disparaitre profondément dans sa gorge une première fois. Reprenant son souffle avant d’allumer la mèche, elle me susurre :
- Oh ! Que j’aime ta bite.
J’inspire profondément et expire lentement en fermant les yeux. Je tâche d’oublier ses mouvements de va-et-vient de la tête et de sa langue sur mon gland. Faire durer l’instant et le plaisir, lâcher prise. Inspirer, expirer. Je repense aux premiers instants de notre entrevue et à sa façon de sucer la paille et d’avaler son gin, lorsque je fais couler mon lait au fond de sa gorge.
J’exulte. Tous mes muscles se bandent et se crampent, je me retrouve figé, tel un vieil arbre raide et sec. Oubliés les muscles relâchés et souples. Je repars avec des courbatures et l’esprit libre.
Les bourses sont vides. C’est peu de le dire. Entretenir une reine, quand elle est belle de la nuit coûte cher.
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Alexandre Sonntag
Là-haut, sur quelques collines des ruines d'un château aujourd'hui recouvertes d'arbres font, par-delà la rivière, face à un lieu de pèlerinage, sur la route qui monte au Achensee et plus loin, en bavière au Tegernsee. Une petite église est dévouée à Sainte Notburga. Ce prénom ne dira rien à personne, il n'est quasiment pas ou plus porté. Notburga est la patronne de la jeunesse rurale, des paysans et des servantes par chez nous et en Allemagne. C'est son histoire que je souhaite vous conter.
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Alexandre Sonntag
Miroir chinois, ô beau miroir chinois, dis‑moi qui je suis ?

En réponse au défi lancé par @MarionTmp Voici mon portrait chinois.
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Défi
Alexandre Sonntag
Ceci est mon testament olographe.
Mon nom de naissance ne te dira rien. Je l’ai changé tant de fois.
Mais puisqu’il faut le nommer ici, appelle-moi Aileen, Ted, Émile, Elizabeth ou Francis, si cela te plaît. Je suis au crépuscule de ma vie. Bientôt il ne restera plus qu’os et poussière, ainsi que mon héritage, puisque, cher lecteur, tu tiens ce manuscrit entre tes mains.
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Défi
Alexandre Sonntag
Elle sait que bientôt elle ressentira à nouveau le manque.
Lucie a besoin de sa dopamine.
Lucie a besoin d'ocytocine.
Lucie a besoin de sérotonine.
Lucie a besoin d'endorphine.
A défaut, c'est la déprime, le gouffre.
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Alexandre Sonntag
Comme tous les soirs, elle a déposé mon plateau repas et un Coca-Cola sur la commode.
Maman travaille tard le soir.
Comme tous les soirs, après dix-huit heures, je suis seul avec Nounours et mes dessins-animés.
Maman travaille tard le soir.

Ce soir, j'ai peur.


J'ai écrit ce texte en 2021 je pense. Lorsqu'il est paru sur un site d’édition d'histoires courtes, il n'a laissé personne indifférent.
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Alexandre Sonntag
Hier encore nous baisions langoureusement, Tels des amants innocents, nus sous les draps blancs Qui s'imprégnaient des senteurs de ta peau. Hier encore nous nous aimions sous les flambeaux, Peau contre peau, coeur contre coeur, yeux dans les yeux. Emeraudes et saphirs brillaient de mil feux! Mon amour! Que je me languis de te revoir, Daigne me pardonner, sans toi je perds espoir.
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Alexandre Sonntag
Un parc immuable, un ami figé, et le temps qui nous sépare à jamais.
Bref, la chronique banale d'une retrouvaille.

Inspiré d'une chronique radiophonique, ce texte est daté de 2022.
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