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M.G.Changel

Nice.
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6
œuvres
1
défis réussis
44
"J'aime" reçus

Œuvres

M.G.Changel


Elle contemple la photo de ses parents les yeux vitreux. Une larme glisse sur sa joue. Les mains tremblantes, elle l’essuie, en essayant de tout son possible de contenir sa peur. Voulant se changer les idées, elle prend une ration de nourriture sur une des étagères qui font face à son lit. C’est une sorte de gelée immonde qui rassasie habituellement mais aujourd’hui sa gorge est nouée par l’inquiétude. Assise devant sa petite table, elle regarde, à travers quelques mèches de cheveux revêches, les vêtements qu’elle a préparés la veille. Un jean usé, un pull et un gilet à capuche noir. Tout ce qu’elle a de présentable. Rapidement, elle s’habille, prépare son sac à dos puis sors de son petit appartement en mettant son masque. Après avoir descendu deux étages et mis sa capuche, la jeune fille s’engouffre dans la ville. Ses jambes sont lourdes alors que le centre décisionnel est loin. Les routes n’étant réservées qu’aux véhicules militaires, tous les habitants doivent marcher. Les rues sont sales et infestés de rats. Bizarrement, c’est les seules bêtes qui survivent ici. L’air est épais comme si on était dans un brouillard permanent. Le ciel est gris, légèrement verdâtre, impossible de voir le bleu du ciel. C’est comme si tout était mort, en train de pourrir. Aucun plant n’a survécu. Les avions militaires circulent sans cesse, remplaçant les oiseaux. Les rideaux en fer gris des magasins sont toujours abaissés et les immeubles, presque tous délabrés, gris et terne, donne l’illusion d’une ville fantôme. La guerre a tout ravagé.
Enfin arrivée, elle s’étonne de la foule d’hommes et femmes attendant devant les portes principales. Le bâtiment est fade, limpide, on peut voir quelques silhouettes à travers les vitres. Un homme, vêtu d’un costume, s’avance sur le balcon à près de trois mètres au-dessus d’eux. Il sort un calepin et parle au micro à travers son masque :
- Tous ceux présents pour le test sont priés de se présenter tout d’abord au rez-de-chaussée sous certaines conditions. Un : les infirmes ou les malades sont formellement refusées. Deux : Seul les candidats majeurs, c’est-à-dire, ayant dix-sept ans ou plus seront reçus. Trois : les personnes qui ont déjà été refusées doivent partir. Quatre : les armes sont formellement interdites, si nous voyons l’un d’entre vous en porter une, nous avons l’ordre de tirer à vu. Cinq : si l’un d’entre vous est un espion… (Il sourit.) Nous nous ferons un plaisir de montrer l’exemple aux nouveaux.
Ses propos glacent le sang de tous. La moitié de la foule est partie. Il ne reste plus qu’une centaine de personnes dont la fille au gilet noir. Il conclue son discours.
- Tous ceux présentant ces caractéristiques sont refusés. Et si, malgré nos instructions, vous tentez de passer le test, vous serez sévèrement punis. Nous vous retirerons vos identités et vos titres et, en cas de rébellion, vous serez tués.
A ce moment, un groupe s’est détaché. Ils ne sont plus que quelques dizaines. L’homme en noir leur fait signe d’entrer. Le temps que les grandes portes en fers forgés s’ouvre, il est déjà de l’autre côté et elle... a du mal à respirer d’appréhension. Ils passent dans un sas où l’air est purifié.
- Vous pouvez retirer vos masques. Nous allons tout d’abord vous contrôlez puis vous irez passer l’épreuve écrite.
Ils s’exécutent et découvrent les visages de leurs possibles futurs camarades. Les différences d’âge sont minimes. L’entrée est un grand dôme où à gauche, est installé un genre de cabinet médical construit à la hâte et à droite, des ordinateurs et un genre de scanner. La jeune fille s’émerveille face au plafond du dôme, magnifique, oubliant un peu son effroi. Il n’a pas été entretenu, mais elle arrive quand même à distinguer certains détails de peinture, d’images floues qui forment une fresque remplie de petits anges et de couleurs. Le guide les compte. Il ne reste que cinquante trois personnes. Sous ses ordres, ils se rangent en deux colonnes et attendent patiemment leur tour pour aller du côté gauche ou droit. Au bout de quelques passages, elle se dirige vers la gauche. Deux rideaux blancs s’ouvrent à son arrivée, un homme en blouse blanche l’accueille et la dirige vers son collègue, portant un dossier entre ses mains.
- Bonjour, je suis le Dr. Simmons. Votre nom et prénom ?
- Ira… Ira Packard.
Anxieuse, elle bafouille. Il les inscrit sur une feuille vierge pendant que son assistant prépare des outils.
- Votre âge ?
- Dix-sept ans.
- Connaissez-vous votre taille et votre poids ?
- Non.
- Nous prendrons les mesures plus tard. Nom et prénom de vos parents ?
- Dylan et Jane Packard.
- Leurs statuts.
Son cœur se serre.
- Décédés. Ils ont été appelés très tôt à se battre parce que mon père était un ancien militaire. Ils sont morts lorsque j’avais onze ans.
Le médecin n’a pas l’air étonné. Il baisse la tête sur sa feuille, empoigne son stylo et barre d’un geste rapide une des lignes.
- Quelque chose à ajouter ?
- Non.
Le médecin s’assoit et pose son dossier sur la table contre le mur. Son assistant la dirige vers une balance. Il la fait monter dessus et note le nombre puis la conduit vers le mur où est installé une barre en bois avec lequel l’assistant prend sa taille. Après avoir pris ses mensurations, le docteur prend une seringue, lui demande de s’assoir et entoure le bras d’un bandeau serré.
- Je vais vous faire une prise de sang, ne bougez pas.
Il remplit la fiole de ce liquide, foncé et rouge, et la dépose dans une machine qu’il met en route. Le Dr. Simmons revient vers elle.
- Nous allons tester vos aptitudes physiques maintenant.
Il donne des petits coups sur son genou avec un petit marteau. Ca l’amuse un peu. Il la dirige ensuite derrière un deuxième rideau où se trouve un tapis de course et lui collent des électrodes reliées aux ordinateurs sur tout le corps. Elle monte dessus et commence à courir pendant qu’ils discutent.
- Ethnicité ?
- Caucasienne.
- Yeux ?
- Marron.
- Cheveux ?
- Long et marron.
- Visage ?
- Rond… non plutôt carré et grain de beauté sur la joue gauche.
Une alarme sonne et, essoufflée, Ira s’arrête enfin. Devant les écrans, le médecin et son assistant sont bouches-bée, limite choqués. Une autre sonnerie retentit. Ils se précipitent vers elle, je les suis, intriguée. Ce sont les résultats de sa prise de sang. Le Dr. Simmons les lit, fixe les yeux de Ira, intriguée, puis les relit et finit par relever la tête.
- Vos… vos résultats sont bons, même très bons ! C’est impossible…
Son suppléant la regarde avec la même surprise. Elle commence à m’inquiéter.
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ?
Le docteur m’ignore et vérifie la machine sous tous les angles. Apparemment, il n’y a aucun problème mécanique ou informatique. Il se retourne vers Ira
- Avez-vous été sous la tutelle d’un homme ou… d’une femme très riche ?
- Non, j’ai toujours vécu seule depuis la mort de mes parents.
Il est surpris. Ma réponse n’était pas celle qu’il attendait. Il passe les résultats à son collègue.
- Ecoutez, vous êtes en bonne santé, en très bonne santé, ce qui est très rare aujourd’hui. Comment avez-vous fait ?
Ses souvenirs défilent sous ses yeux. La faim et la soif pendant les pénuries, la chaleur des canicules, le manque d’oxygène, la mort de ses parents, la solitude… Les larmes lui montent aux yeux.
- J’ai survécu.
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M.G.Changel

Je suis née fille. Résultat de l’accouplement d’une femme et d’un homme. J’ai vécu mes premiers jours dans une chambre rose. Je portais des robes et me déguisais en princesse pour le carnaval. J’ai adoré les poupées et les dessins animés de fées. Je me rappelle encore mon premier baiser, j’étais gêné et j’avais honte. Et même si j’étais concentrée sur lui, mes pensées dérivaient. Je me posais différentes questions comme : et si c’était moi qui était la plus grande, qui le prenait par la taille, qui lui susurrerait des mots doux à l’oreille, et si c’était moi le garçon ? C’est en me remémorant cette petite partie de mon histoire amoureuse que… je panique ! Qu’est-ce que je fais ici ? Ça fait bien cinq minutes que j’essaye de me rendormir pour me sortir de ce cauchemar. Je reste allongée sur le lit, les bras et les jambes tendus en fixant le plafond. Je ferme les yeux, compte des centaines de moutons, contrôle ma respiration mais il n’y a rien a faire, mon cœur bat à un rythme effréné. Je suis paralysée de peur pendant qu’une question tourne en boucle dans ma tête : où suis-je ? Cette chambre n’est pas la mienne, ce lit non plus et ce corps…
- Tom ! Viens manger !
Quoi ? Tom ! Oh non ! C’est un rêve ! Un simple rêve ! Je n’ai qu’à rester là et attendre de me rendormir. La porte s’ouvre.
- Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu vas finir par être en retard !
Elle rentre et nos regards se croisent. C’est une inconnue pour moi. Pourtant, elle a l’air en colère après moi.
- Tu n’es pas encore habillé ! Bouge ! Sinon je pars sans toi ! Et range moi cette chambre, on dirait un dépotoir de fringues !
Elle s’apprête à sortir quand, tout à coup, elle se retourne.
- Répond quand je te parle !
De peur, je hoche la tête et prononce les premiers mots de la journée.
- D’accord.
Une voix masculine ! Mes doutes se sont confirmés. Je suis bien dans le corps d’un homme et tout a l’air trop vrai pour que ce soit un rêve. Au cas ou, je me pince la cuisse quand même. J’ai mal. C’est la réalité. Je palpe mon corps. Mes seins ont disparu. Mais je découvre avec grand plaisir des abdos très fermes.
- Tom !
Je sursaute. Encore cette femme. Je suppose que c’est la mère de ce « Tom ». Il faut que je m’habille. Je n’ai pas envie de subir une nouvelle fois ses réprimandes. Elle m’effraie vraiment. Un jean usé git par terre accompagné d’un t-shirt rouge sur la chaise. Je me lève et m’étonne de la distance entre ma tête et le sol. Ce Tom doit être vraiment grand. Je remarque aussi que je suis en caleçon. La vue n’est pas déplaisante. Est-ce que je change de sous-vêtement ? Non ! Non… En enfilant le pantalon, je remarque qu’il y a quelque chose dans la poche. C’est son téléphone ! Il y a une alerte disant qu’il a cours dans 35 minutes ! Comment je vais faire ? Je ne peux pas y aller ! Il faut que j’aille à mes cours ! Les problèmes fusent dans mon esprit.
- TOOOOOMM !
Je chope le sac sur le bureau et les chaussures situées aux deux extrémités de la pièce.
- J’arrive !
Je tourne la poignée. L’escalier est juste en face par chance. Je dévale les marches et suis le son des poêles et assiettes.
- Ce n’est pas trop tôt ! Allez ! Mange !
Devant moi, il y a un véritable festin.
- Tout ça ?
- Quoi ? Oui, comme d’habitude.
Elle fronce les sourcils et sans poser d’autre question, je m’installe et mange. C’est délicieux. Une fois fini, elle débarrasse et je pars me brosser les dents. J’ai discrètement ouvert toutes les portes jusqu’à trouver la salle de bain. Je me regarde dans le miroir… Ce n’est pas possible ! Je suis canon ! Une vraie gueule d’ange ! De beaux yeux noisettes alliés à une chevelure châtain clair, une mâchoire carrée et des lèvres pleines. Et ces bras ! Ils sont énormes ! Que du muscle ! Je m’extasie devant mon image en faisant des poses de bodybuilders. Bref ! Maintenant, question fatidique : quelle est ma brosse à dent ? Il y en a deux, une rouge et une verte.
- On y va !
Pas le temps de réfléchir ! Je prends la verte ! La bouche propre, je cours vers la porte d’entrée et monte dans la voiture.
- Tu ne fermes pas à clef ?
Mince ! Je n’ai pas vu de clef dans la chambre !
- Euh… Je crois que je les ai perdues.
Elle souffle puis sort pour donner deux tours à la serrure.
- Tu n’es pas croyable. Prends mes clefs dans ce cas. Je finis tard ce soir et toute cette semaine donc il faudra que tu m’ouvres.
- Oui.
Elle allume le moteur.
- Ça va, Tom ? Tu as l’air bizarre. Normalement, tu me fais tout un cinéma pour conduire.
Je commence à stresser. En y réfléchissant, si je fais une erreur et qu’elle a le moindre soupçon, je finirai par être questionnée et je n’aurai aucune réponse à lui donner. Je me vois mal lui dire qu’en fait je ne suis pas son fils alors que je suis dans son corps.
- Oui, c’est juste que j’ai un peu mal à la gorge.
Parfaite excuse pour ne pas avoir à parler. Je me félicite intérieurement. On roule. Je ne reconnais pas le quartier.
- Je vois. C’est pour ça que tu ne t’es pas levé du lit ce matin ?
- Oui.
- Tu veux que j’appelle un docteur ?
- Non, un peu de paracétamol et ça passera.
- D’accord.
Je souris et clos la discussion. On passe plusieurs rues et avenues pour atterrir sur une route devant la mer. C’est ma ville ! J’en suis sûre. Je me sens d’un coup soulagée. On va vers le centre et elle s’arrête devant une université. Je suppose que c’est là que Tom étudie. Le téléphone vibre. Un message ! « Tu es où ? Je t’attends devant le portail » envoyé par Cyril. Je scrute les alentours. Il est là ! Heureusement qu’il y avait sa photo sinon je serais passée devant lui.
- Hey ! Comment tu vas ?
Je dois avoir l’air naturel !
- Bien, je suis juste un peu malade.
Il rigole et on se rend en cours.
- Tu t’affaiblis Tom ? On se buvait des litres d’alcool avant ! Il faut croire que je tiens plus que toi !
Je souris. En y repensant, je n’ai aucun souvenir de la veille. C’est peut-être hier que tout s’est produit ! Il faut que j’en sache plus !
- D’ailleurs, je ne me souviens pratiquement de rien. Tu peux me rappeler ce qu’il s’est passé ?
Il se marre une nouvelle fois.
- Ton cas ne s’arrange pas, on dirait ! On est allé à la soirée de Luc et on s’est éclaté ! Il y avait de la bonne bière, de la musique et une immense piscine ! Et le plus important : des filles ! On en a rencontré deux, une brune complètement saoule avec d’énormes seins et une blonde…
La brune aux énormes seins, c’est moi ! Mais ça veut dire que… je note mon numéro et plaque le téléphone à mon oreille. Ça sonne…
- Allo ?
C’est ma voix !
- Tom ?
- Lara ?
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M.G.Changel

Je suis née fille. Résultat de l’accouplement d’une femme et d’un homme. J’ai vécu mes premiers jours dans une chambre rose. Je portais des robes et me déguisais en princesse pour le carnaval. J’ai adoré les poupées et les dessins animés de fées. Je me rappelle encore mon premier baiser, j’étais gêné et j’avais honte. Et même si j’étais concentrée sur lui, mes pensées dérivaient. Je me posais différentes questions comme : et si c’était moi qui était la plus grande, qui le prenait par la taille, qui lui susurrerait des mots doux à l’oreille, et si c’était moi le garçon ? C’est en me remémorant cette petite partie de mon histoire amoureuse que… je panique ! Qu’est-ce que je fais ici ? Ça fait bien cinq minutes que j’essaye de me rendormir pour me sortir de ce cauchemar. Je reste allongée sur le lit, les bras et les jambes tendus en fixant le plafond. Je ferme les yeux, compte des centaines de moutons, contrôle ma respiration mais il n’y a rien a faire, mon cœur bat à un rythme effréné. Je suis paralysée de peur pendant qu’une question tourne en boucle dans ma tête : où suis-je ? Cette chambre n’est pas la mienne, ce lit non plus et ce corps…
- Tom ! Viens manger !
Quoi ? Tom ! Oh non ! C’est un rêve ! Un simple rêve ! Je n’ai qu’à rester là et attendre de me rendormir. La porte s’ouvre.
- Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu vas finir par être en retard !
Elle rentre et nos regards se croisent. C’est une inconnue pour moi. Pourtant, elle a l’air en colère après moi.
- Tu n’es pas encore habillé ! Bouge ! Sinon je pars sans toi ! Et range moi cette chambre, on dirait un dépotoir de fringues !
Elle s’apprête à sortir quand, tout à coup, elle se retourne.
- Répond quand je te parle !
De peur, je hoche la tête et prononce les premiers mots de la journée.
- D’accord.
Une voix masculine ! Mes doutes se sont confirmés. Je suis bien dans le corps d’un homme et tout a l’air trop vrai pour que ce soit un rêve. Au cas ou, je me pince la cuisse quand même. J’ai mal. C’est la réalité. Je palpe mon corps. Mes seins ont disparu. Mais je découvre avec grand plaisir des abdos très fermes.
- Tom !
Je sursaute. Encore cette femme. Je suppose que c’est la mère de ce « Tom ». Il faut que je m’habille. Je n’ai pas envie de subir une nouvelle fois ses réprimandes. Elle m’effraie vraiment. Un jean usé git par terre accompagné d’un t-shirt rouge sur la chaise. Je me lève et m’étonne de la distance entre ma tête et le sol. Ce Tom doit être vraiment grand. Je remarque aussi que je suis en caleçon. La vue n’est pas déplaisante. Est-ce que je change de sous-vêtement ? Non ! Non… En enfilant le pantalon, je remarque qu’il y a quelque chose dans la poche. C’est son téléphone ! Il y a une alerte disant qu’il a cours dans 35 minutes ! Comment je vais faire ? Je ne peux pas y aller ! Il faut que j’aille à mes cours ! Les problèmes fusent dans mon esprit.
- TOOOOOMM !
Je chope le sac sur le bureau et les chaussures situées aux deux extrémités de la pièce.
- J’arrive !
Je tourne la poignée. L’escalier est juste en face par chance. Je dévale les marches et suis le son des poêles et assiettes.
- Ce n’est pas trop tôt ! Allez ! Mange !
Devant moi, il y a un véritable festin.
- Tout ça ?
- Quoi ? Oui, comme d’habitude.
Elle fronce les sourcils et sans poser d’autre question, je m’installe et mange. C’est délicieux. Une fois fini, elle débarrasse et je pars me brosser les dents. J’ai discrètement ouvert toutes les portes jusqu’à trouver la salle de bain. Je me regarde dans le miroir… Ce n’est pas possible ! Je suis canon ! Une vraie gueule d’ange ! De beaux yeux noisettes alliés à une chevelure châtain clair, une mâchoire carrée et des lèvres pleines. Et ces bras ! Ils sont énormes ! Que du muscle ! Je m’extasie devant mon image en faisant des poses de bodybuilders. Bref ! Maintenant, question fatidique : quelle est ma brosse à dent ? Il y en a deux, une rouge et une verte.
- On y va !
Pas le temps de réfléchir ! Je prends la verte ! La bouche propre, je cours vers la porte d’entrée et monte dans la voiture.
- Tu ne fermes pas à clef ?
Mince ! Je n’ai pas vu de clef dans la chambre !
- Euh… Je crois que je les ai perdues.
Elle souffle puis sort pour donner deux tours à la serrure.
- Tu n’es pas croyable. Prends mes clefs dans ce cas. Je finis tard ce soir et toute cette semaine donc il faudra que tu m’ouvres.
- Oui.
Elle allume le moteur.
- Ça va, Tom ? Tu as l’air bizarre. Normalement, tu me fais tout un cinéma pour conduire.
Je commence à stresser. En y réfléchissant, si je fais une erreur et qu’elle a le moindre soupçon, je finirai par être questionnée et je n’aurai aucune réponse à lui donner. Je me vois mal lui dire qu’en fait je ne suis pas son fils alors que je suis dans son corps.
- Oui, c’est juste que j’ai un peu mal à la gorge.
Parfaite excuse pour ne pas avoir à parler. Je me félicite intérieurement. On roule. Je ne reconnais pas le quartier.
- Je vois. C’est pour ça que tu ne t’es pas levé du lit ce matin ?
- Oui.
- Tu veux que j’appelle un docteur ?
- Non, un peu de paracétamol et ça passera.
- D’accord.
Je souris et clos la discussion. On passe plusieurs rues et avenues pour atterrir sur une route devant la mer. C’est ma ville ! J’en suis sûre. Je me sens d’un coup soulagée. On va vers le centre et elle s’arrête devant une université. Je suppose que c’est là que Tom étudie. Le téléphone vibre. Un message ! « Tu es où ? Je t’attends devant le portail » envoyé par Cyril. Je scrute les alentours. Il est là ! Heureusement qu’il y avait sa photo sinon je serais passée devant lui.
- Hey ! Comment tu vas ?
Je dois avoir l’air naturel !
- Bien, je suis juste un peu malade.
Il rigole et on se rend en cours.
- Tu t’affaiblis Tom ? On se buvait des litres d’alcool avant ! Il faut croire que je tiens plus que toi !
Je souris. En y repensant, je n’ai aucun souvenir de la veille. C’est peut-être hier que tout s’est produit ! Il faut que j’en sache plus !
- D’ailleurs, je ne me souviens pratiquement de rien. Tu peux me rappeler ce qu’il s’est passé ?
Il se marre une nouvelle fois.
- Ton cas ne s’arrange pas, on dirait ! On est allé à la soirée de Luc et on s’est éclaté ! Il y avait de la bonne bière, de la musique et une immense piscine ! Et le plus important : des filles ! On en a rencontré deux, une brune complètement saoule avec d’énormes seins et une blonde…
La brune aux énormes seins, c’est moi ! Mais ça veut dire que… je note mon numéro et plaque le téléphone à mon oreille. Ça sonne…
- Allo ?
C’est ma voix !
- Tom ?
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Questionnaire de l'Atelier des auteurs

Pourquoi écrivez-vous ?

J'aime, tout simplement. Mon imagination est ce qui m'a toujours sauvé de l'ennui que ce soit en cours, dans la rue oui chez moi. Alors j'ai commencé à écrire pour ne pas oublier les histoires que j'inventais et, c'est à cet instant que, couchés sur du papier entre quelques lettres et virgules, les personnages, les paysages et les animaux prenaient vie,.
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