Chilem T
Même si la vie semble très sombre, même les chats noirs ont toujours un poil blanc quelque part.
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Œuvres
Elle contempla ses mains squelettiques et parcheminées. Elle scruta ses ongles. Ces ongles d’un rose translucide qu’elle n’avait jamais fardés, elle les avait courts, limés avec une minutie obsessionnelle. Les éclats d’ongles gisaient, presque invisibles, sur le tissu aux fleurs bleues étendu au sol. Pour éviter que ces débris ne contaminent la maison, elle replia le linge avec une infinie précaution. Elle ouvrit la fenêtre pour libérer les miettes et secoua le drap d’un geste lent, mesuré. Elle se gardait bien de frôler le verre ; elle venait d’en effacer la moindre trace. Elle refit le pli du tissu et le rendit à sa place immuable. Dans cette pièce, elle traquait chaque jour la poussière sur des meubles séculaires qu’elle interdisait de déplacer. La fenêtre restait close pour que rien ne vienne troubler cet ordre figé. Elle redressa un guéridon qui avait dévié d’un millimètre et en fit disparaître une tache imperceptible. Le couple s’enorgueillissait de cette vie réglée comme un métronome : un réveil immuable, deux repas par jour. Le petit-déjeuner ouvrait la marche ; le dîner sonnait à dix-seize heures trente précises. Le café turc de dix heures, le thé de vingt heures escorté d
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Questionnaire de l'Atelier des auteurs
Pourquoi écrivez-vous ?
J’écris pour guérir.


