
Aude D
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de toujours
Récit d'une histoire d'amour, dans le style du Tourbillon de la vie de Jeanne Moreau
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C'est parfois dans certaines de mes phrases,
Dans mes attitudes ou sur les expressions de mon visage,
Que notre ressemblance ressuscite: ah ce terrible carnage !
Ils disent que les enfants sont le plus beau des cadeaux,
Que c'est toujours le lien du sang qui prévaut.
Cependant pour toi et moi nous savons que cela est faux.
Ce n'est pas de la déception ou un regret,
C'est une trahison et un rejet.
Vous m'avez sauvé des eaux et plus tard vous m'avez abandonné.
Mon père qui n'est pas encore aux cieux,
Je me délecte de vous voir devenir vieux;
Puisque cela me permettra peut-être d'être heureux.
"Fils tu ne deviendras rien sans moi, sans mon argent,
Tu grandiras avec ta mère comme un mendiant,
Et je m'en réjouirai encore dans ma tombe de verre et de diamants"
Père, sachez alors que je ne souhaite pas vous tuer;
Même si parfois j'en ai l'envie, toutefois je ne le pourrais.
Père sachez que je n'ai même pas de larmes pour vous pleurer;
Même si parfois mon âme éclate au-delà de toute réalité.
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Défi
Cette huile sur toile s'intitule Young et sa fille et date de 1804. Le peintre est Pierre Antoine Augustin Vafflard. J'ai choisi cette œuvre car j'ai pu la voir récemment exposée; et autant par ses dimensions ( 2m33 x 1m93 ) que par son sujet elle est très impressionnante. Cette peinture montre l'écrivain Edward Young, au milieu de la campagne, avec le corps de sa belle-fille. Celle-ci est morte en 1736 près de Lyon, et étant protestante, elle n'avait donc pas le droit à une sépulture. L'écrivain cherche donc à rejoindre une colonie Suisse pour pouvoir inhumer Elizabeth.
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Cette photo s'intitule Yuki et c'est une oeuvre de Xabi Etcheverry. J'apprécie de pouvoir admirer ce tirage argentique chaque jour, j'espère pouvoir vous faire partager sa beauté et son mystère à travers cette petite fiction.
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Il y a milles et une choses qui me font l'aimer, et qui me font la détester aussi !
Faire une liste? Inutile. Trop organisée comme méthode, mais allez, je me prête à l'exercice.
001. Je l'aime parce qu'au moment où je pensais sincèrement qu'il m'était impossible de croire encore à quelqu'un ou à quelque chose, elle est apparue dans ma vie telle une subite larme de pluie. Une goutte chaude et réconfortante comme dans les pays tropicaux.
100. Je l'aime parce que lorsqu'elle dort, son visage est une œuvre d'art, chaque fois je m'étonne de sa noble ressemblance avec la Muse Endormie de Brancusi. Son rictus quand Morphée la possède est inégalable.
589. Je l'aime parce que, comme tous les gens épris, je trouve qu'elle est la plus belle, la plus intelligente et la plus drôle. Pourtant, ce n'est pas seulement cela. Son cœur, j'en suis certaine, est d'or. Toujours elle me surprend avec sa compréhension, sa justesse, sa douceur et sa patience.
A ses côtés, je me sens presque normale.
812. Je l'aime parce qu'elle connaît mon essence véritable. Elle voit mon vrai visage, elle a vu une partie de mes plus grandes peines, elle sait que ma nature est d'être une amoureuse, une passionnée, une idéaliste et elle m'a convaincue que ce n'était pas une tare d'être ainsi.
Elle me laisse être, envers et contre toutes les conventions, "si c'est artiste que tu veux être alors sois!" . Et me voilà.
..1000. Toujours, je défaillis lorsque je croise ses yeux de panthère, ceux qui se languissent de moi. Jamais je ne me lasserais de baiser sa peau de miel, sa nuque de soie, ses mains d'enfant. J'aime même les quelques mèches blanches éparses qui contrastent avec ses cheveux noirs. J'en ris parce que l'appelle "la cougar".
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Je l'aime, et je ne peux pas l'aimer plus ou mieux. C'est impossible. J'ai sauté sans élastique pour elle; la chance veut que pour le moment, je n'ai pas encore touché terre.
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Défi
Cela fait maintenant un an qu'il m'a posé là, un an que je le vois passé de temps à autre devant moi, en coup de vent.
J'ai parfois le droit d'être frotté, caressé poliment par une chiffon qui m'ôte la moindre particulière de poussière. Bien sûr, je ne suis pas le plus mal loti. J'ai une place de choix, je trône sur cette belle bibliothèque en chêne massif. Je vois le soleil pratiquement tous les jours, ce n'est pas plus mal car je vieillis malgré tout.
Autrefois, j'étais un grand voyageur. J'ai parcouru le monde, croisé de nombreuses personnes et vu des paysages insolites.
Déjà avant lui, j'ai accompagné son grand-père. Lui, m'aimait davantage. Dès qu'il le pouvait, il me tenait au bout de sa main ou me laissait pendre à son cou comme un enfant prodigue. Il faut dire que j'étais le plus beau et le plus doué de ma génération.
J'étais le témoin privilégié des naissances, des vacances ou des repas en famille. J'ai saisi tous ces moments sans exceptions. Quand le grand-père est mort, je me suis retrouvé longtemps dans l’humidité d'un carton, mal calé entre un tome de SAS et un plateau d'échiquier. Triste grenier.
Le petit fils m'a sorti de là, m'a inspecté de long en large, il m'a même fait fonctionné pendant un temps. Pourtant, il perdu patience, certainement parce qu'il faut me rembobiner, me doter d'une pellicule et que tout ce rituel n'est plus dans l'air du temps.
Voilà, je ne sers plus à rien, je ne vaux pas mieux qu'une bougie parfumée. Si seulement il pouvait s'arrêter devant moi, s'il pouvait me prendre dans le creux de ses mains, peut-être se souviendrait de son grand-père et de nos voyages? Peut-être admirait-il à nouveau les photos de famille, source de son identité?
Les semaines passent et rien. Quel jour sommes-nous? Samedi? C'est décidé, quand la femme de ménage viendra la semaine prochaine, au moment où elle me passera le carré d’étoffe, je vais basculer.
La chute sera lente, elle sera dure, mais je le sais, j'en suis sûr; le petit reviendra, il me répara, il m'aimera à nouveau.
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