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Biaggie

Biaggie
Le refus d'entrer Je suis née un 15 décembre, avec deux semaines de retard. C’était mon premier acte de résistance, ma première tentative pour rester à l'abri, loin du fracas du monde. Je suis arrivée par césarienne, le pouce déjà vissé à la bouche, cherchant dans ma propre chair la sécurité que l’extérieur s'apprêtait à me refuser. Aujourd'hui encore, à cinquante-six ans, ce pouce est resté mon ancrage, mon refuge inviolable contre l'adversité. À la maternité du Val-d'Oise, ma naissance ne fut pas accueillie comme une bénédiction. Mon corps était resté trop longtemps engagé dans l’utérus de ma mère alors ma tête s’était allongée en forme de “ pain de sucre”. Ma grand-mère maternelle, Liliane — que j'appellerais plus tard Yann — a posé sur moi un regard chargé de toute la colère qu'elle vouait à ma mère d’avoir fait ce bébé trop jeune : « Mon Dieu qu'elle est vilaine », a-t-elle lâché. La répartie de la sage-femme a claqué comme une gifle nécessaire : « C'est tout le portrait de sa grand-mère, madame ! ». Le ton était donné. Jen’étais pas un nouveau-né, j’étais un enjeu, un dommage collatéral dans une guerre d’adultes. Mes parents, mineurs de dix-huit ans, s'étaient mariés par pure
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