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100dre

100dre
Ils partagent tous le même regard de misère. Dans leurs orbites se trouvent deux grosses balles jaunâtres avec une pupille nerveuse et imprécise dessinée sur chacune d’entre elles. Chaque globe occulaire se cache sous des lambeaux de peau collées sur le visage un peu aléatoirement. Et par-dessus ça (et, là, j’en ris encore) des rideaux de cils grotesques s’amusent à se replier sur eux-mêmes, abattus, pathéthiques et parfois même secrètement suppliants. D’habitude, ces trous se remplissent d’une espèce de liquide oculaire qui hydrate toute la machine. Je ne dis pas qu’ils n’en ont pas, mais je n’ai jamais vu leurs balles séchées s’hydrater ou mouiller pour quoi que ce soit. Par ailleurs, la nuit dernière, j’ai fait un drôle de rêve. Un homme qui m’était alors inconnu mâchouillait leurs rétines (et qu’est-ce que j’étais jaloux!). Il les recrachait et les chiquait et les broyait et en redemandait encore. Là, ça allait trop loin, bien entendu, donc je me suis réveillé. La nuit consista en une errerance dans mon appartement jusqu’au petit matin. Le silence était plat, horizontal. Je suis retourné au lit et j’ai encore rêvé de leurs rétines mêlées à des dents et à de la salive. L’homme e
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