Réserve... naturelle

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Petit mégot.

Petit mégot est bien content.

Petit mégot s’est bien vengé.

Petit mégot est dans le vent.

Petit mégot a tout brûlé.

Depuis longtemps, il attendait, bien sagement,

Que son fumeur invétéré, passe près d’un champ.

Depuis toujours, il espérait, bien ardemment,

Dans la garrigue une promenade, ce chenapan.

Depuis toujours, sans respect, son cancéreux ; le débarquant

Par la fenêtre. Il s’écrasait, sur le bitume dégradant.

Depuis longtemps, il se rêvait, dans un foyer réconfortant

A la chaleur de bûches brûlées, fou d’un bonheur incandescent.

Petit mégot est bien content.

Petit mégot s’est bien vengé.

Petit mégot est dans le vent.

Petit mégot a tout brûlé.

Et puis, un jour, de l’été, le bout encore fumant.

Il fut, par le pollueur jeté, dans une forêt d’arbres vivants.

Et, dans une joie toute retrouvée, aux feux follets dansant

S’illumina de sa fierté. L’espace d’un instant.

Petit mégot est bien content.

Jamais, il n’a connu le cendrier.

Petit mégot a pris le vent

Comme un allié face aux pompiers.

Petit mégot le sait pourtant ;

Battu, vaincu. Eteint jamais.

Petit mégot est bien content.

Petit mégot s’est bien vengé.

Petit mégot est dans le vent.

Petit mégot a tout brûlé.

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Le théorème du sans.

La Terre sans calotte,

Un hiver froid sans neige,

Un bel été sans pluie,

La rivière sans eau,

Une enfance sans air,

Une lutte sans fin,

Un gaz d’effets sans plomb,

La voiture sans arrêt,

Un drôle d’air sans vie,

Un chômeur sans travail,

Un SDF sans sous,

La caisse sans caissière,

Un tramway sans pilote,

Un accès sans issue,

Une arme sans soldat,

Un vil soldat sans guerre,

Un humain sans projet,

L’usine sans patron.

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Les paysages de l’amour.

Assise sur un rocher.

Elle laisse, à ses yeux, s’épancher,

Les sublimes paysages.

Elle contemple la montagne lumineuse.

Ses vallons dérouler,

Ses ruisseaux onduler,

Ses sommets s’effiler.

Elle admire heureuse une mer travailleuse.

Ses océans profonds,

Ses insondables fonds,

Son cœur jusqu’au tréfonds

Elle se parfume d’une âme merveilleuse.

Sa flore s’étaler,

Sa nature ambuler,

Ses oiseaux s’envoler.

L’homme ; son père, son mari, son ami,

Mis tendrement un frein

A son rêve soumis.

Et, il chuchota, doucement, ce refrain.

Tu verras, dans mon cœur, sans nul détour,

Les plus beaux paysages de l’amour.

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L’homautomobiliste.

Pour être dans le style. En anglais dans le texte.

Avoir, la belle affaire, être dans le contexte.

Tu veux, l’automobile au sein de ton garage,

Chez le concessionnaire, tu prends ton sarcophage.

Pour détenir la miss, tu mises le crédit,

Ton pari est perdu, c’est une gabegie.

Tu vois, c’est éternel, tu en prends ton parti.

C’est pour toi, pour ton cul ; c’est la loi des séries.

De la TIPP, aux taxes d’autoroute.

Tu sors la carte bleue, il n’y a pas de doute.

Ou bien, de la monnaie, histoire d’ouvrir la voie.

Es-tu tête de nœud, ou bien, tête de bois.

Et te voilà paré de ton cheval de Troie.

Tu te sens si habile, tu roules que pour toi.

Mais, c’est bien ta santé qui part avec les gaz.

C’est ton talon d’Achille, ta prison d’Alcatraz.

C’est pourtant sur ses pieds, au long des millénaires.

Qu’homo-sapiens sapiens, et l’homo-habilis ;

Nos aïeux ont franchi, la Pangée et la Terre.

Avant que la montagne s’homautomobilise.

Toi, pour quelques denrées, t’affairer à tes courses,

Garé toujours auprès, négligeant les ressources.

Et pour toujours on va vers nos destins fragiles.

Et pour toujours on paye la pollution des villes.

Ce monde si maboul, aux chants de la cité,

À jamais en sommeil, de cette cécité.

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Ode à la lune.

Il l'attendait ce moment là, il l'espérait.

Il la rêvait à haute voix, il l’excrétait.

Au-delà de son âme et de toutes ses fibres,

Il le savait, tout auprès d'elle, il serait libre.

Dans sa toute beauté, il l’aimait par essence.

Vous la voyez, souvent, dans sa toute puissance,

Je jalouse vos regards, sur elle, appuyés,

Les plaisirs entendus, que vous lui décochez.

Mais, jamais son éclat dans vos esprits ne brille,

Jamais son éclat, en vos âmes, ne s'habille.

Vous la connaissez mal, en vos cœurs ignorés.

Donc, voilà mon présent, je viens vous la conter.

Elle a la blancheur de ces astres éternels.

D’adorables rondeurs à damner un rebelle.

Un visage, splendeur, envié des plus belles.

Une face cachée, attisant tout mon feu.

Des mers asséchées qui l’orne de beaux yeux.

Et quand toute vêtue, d'un voile cotonneux,

Je ne suis pas repu, de la voir dans les cieux.

Maintenant observez, voyez la autrement.

Puisez vos sentiments et voyez si je mens.

Mon doux émoi, je grave en toi mon infortune.

A ces tables de loi, sans infamie aucune,

Je viens à toi, mon ange, oh oui, ma douce lune.

Il l'attendait ce moment là, il l'espérait.

Il le savait, tout auprès d'elle, il serait libre.

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Un âne naît en Annonay.

C’est l’histoire d’un âne né en Annonay.

Un bourricot charmant d’un printemps amené.

Tout le village, heureux de cet événement,

Reçut, par un festin, sa venue dignement.

Déjà petit cet âne né en Annonay,

Courait à travers champs, courait à travers prés.

Portant, avec gaieté, le fret des paysans,

Accompagné du chant, joyeux de ses hi-han.

Et ce courageux ânon né en Annonay

Fut, des années durant, le roi de la cité.

Même une stèle fut, dressée, de son vivant,

Le hissant aux cimes de nos saints sacrements.

L’intrépide mulet qui né en Annonay,

Ici, grandit, vieillit, parmi nous tant d’années,

Qu’il vit, une, puis deux lignées naître et partant.

Puis un jour le moteur fut son enterrement.

Ô funeste temps l’âne né en Annonay

Fut, égoïste hiver, pour toujours remisé,

Au milieu d’un pâquis, où seuls les estivants,

Lui jettent un regard et quelques aliments.

Un jour, prie pour lui, l’âne né en Annonay.

Un jour, il décéda, c’est triste, abandonné.

Sa statue, même, fut offerte, au mieux payant ;

Pour trôner, roi déchu, dans la prairie, au vent.

Les anciens, les aïeux, le soir à la veillée,

Anonnent en voix l’âne né en Annonay.

Reviens aux souvenirs, cet onagre charmant ;

Portant, avec gaieté, le fret des paysans.

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L’homme des temps modernes

Homme des temps modernes

Suspends ton vol.

Tu n’es pas une sterne

Pas plus qu’un rossignol.

Et, même si en toi un condor

Tu ne peux t’élever bien haut.

Tu passes, évidemment, pour un butor

Tu n’as rien du gerfaut.

Homme des temps modernes

Suspends ta course.

Sur la Terre terne

Tu n’es pas la grande Ourse.

Reprends la route exacte, la voie

Lactée des espaces « ozonosphériques ».

Les yeux dans les étoiles, tu te noies

D’un trou noir, aux zones atmosphériques

Mais, l’Homme des temps modernes

Se pend, s’affole.

Il s’imbibe, se berne

De promesses en faux col.

Et même, si de ses doigts, il s’en mord

Rien ne le prend en défaut.

Dans son arène, tel le matador

Il finira comme le taureau.

Mais, l’homme des temps modernes

Surprend sa frousse.

Il s’extirpe, s’externe

Oubliant ses sources.

Pas moyen de sa tour, d’y voir

Une échappatoire, une issue.

Tout sourire, il broie son noir

Et enfin, pleure; c’est fichu !

L’homme des temps modernes

N’est pas une sterne

L’homme des temps modernes

Sur la Terre terne

L’homme des temps modernes

S’imbibe, se berne

L’homme des temps modernes

S’extirpe, s’externe

L’homme des temps modernes

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Un souvenir.

J'ai le souvenir d'une verte prairie,

D'une couverture étendue, sur la nature attendue.

D'un déjeuner sur l’herbe, des enfants qui sourient.

J'ai le souvenir d'une flore épanouie,

D'une source d'eau douce, sous la course des mousses.

D'un petit bonheur, d'un jour embelli.

J'ai le souvenir d'un assaut de fourmis,

Sur la nourriture répandue, une fêlure distendue.

D'un moment de noblesse, un cœur, des envies.

Et puis il y a eu… il y a eu

J'ai le souvenir de pluies arc-en-ciel,

D'une campagne préservée, sur des prés de rosée.

Des vaches paissant, des ruches, du miel.

J'ai le souvenir de secrets éternels,

D'immenses forêts, d'une licorne, des fées.

D'histoires sacrées, d'une bête, d'une belle.

J'ai le souvenir du soir de l'appel,

D'une lune installée, parmi les étoiles hébergées.

De feuilles tombées, ramassées à la pelle.

Et puis il y a eu… il y a eu.

Il y a eu l’Urqiola, Le Boehlen, l’Amoco, l'Erika, le Prestige.

Il y a eu Bhopal, Pepcon, Tisza, AZF, Songhua, Buncefield

J'ai un souvenir aigre dans la bouche.

Un souvenir amer d’une sale douche

Froide de tant d’égarements.

Et puis il y a eu… il y a eu.

Il y a eu Tchernobyl.

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Mon beau sapin.

Mon beau sapin, roi des forêts.

Mais, que fais-tu dans les maisons,

De toutes parts, enguirlandé.

Séparé de ta sylve familière.

Tu trônes éclairé dans les salons,

Pour le plaisir de Noël et de son Père.

Mon beau conifère, cher pinastre.

Loin des tiens, tu passes les fêtes,

Telle l’étoile sur ta coiffe, loin des astres.

Ont-ils perdu l’esprit pour leurs mômes ?

Egarés de trop de rêves dans la tête,

Ont-ils fumé trop de cônes ?

Mais, quelle joie, tendre épicéa.

Sous tes branches poussent les cadeaux,

Dans les cris et puis ces ah !

Les yeux émerveillés des bambins.

A l’adulte heureux de son ego,

Tous ruissellent de l’éternel refrain.

« Mon beau sapin, roi des forêts… »

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Les pieds en automne, la tête au printemps.

J’ai arpenté tant de chemins, tant de sentiers.

Vu de belles pessières, de grandes chênaies.

J’ai atteint tant de vallons, tant de sommets,

Aux horizons dégagés, aux orages déchaînés.

Les pieds en automne, la tête au printemps.

J’y vais, j’y cours, arrimé à mes pensées,

J’y vais, j’y cours

Les pieds en automne, la tête au printemps.

Si l’âme erre en hiver,

J’ai toujours le cœur en été.

J’ai arpenté tant de drailles, tant de chemins.

Vu des sapinières, de vastes mélézins.

Et, tranquillement, j’ai défilé mon destin,

Sans savoir, quand, comment, ne viendra plus demain.

Les pieds en automne, la tête au printemps.

Si l’âme erre en hiver

Le cœur est toujours en été

Les pieds en automne, la tête au printemps.

J’y vais, j’y cours,

Les pieds en automne, la tête au printemps.

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La source des lucioles.

A l’arbre millénaire qui enracine mes chairs.

Le dos tourné des routes, ignorant ma déroute,

J’explore la nature, la nuit comme parure.

J’y vais l'âme sereine, la fée est une reine.

Aux sources des lucioles.

A la flore des feuillus, j’y promène mon cul,

Errant sous les étoiles, se dressent tous mes poils.

Ignoré du sommeil, tous les sens en éveil,

J’y vais l’âme ébaudie, le lièvre et la souris.

Aux sources des lucioles.

Aux bruits trop oubliés en mon tréfonds pollué,

Dans la forêt astrale, de mes peurs ancestrales.

Sans plus catogan, que sur la brosse à dent,

J’y vais l’âme en enfer, l’écureuil et le cerf.

Aux sources des lucioles.

A mon cœur solitaire, je vais coucher par terre,

Sur l’herbe grasse des prés, m’abreuver de cyprès.

Oubliant mes serrures, déguster la nature,

J’y vais l’âme sur le tard, l’hermine et le renard.

Aux sources des lucioles.

Aux sources des lucioles

Tous les soirs je m’envole

Tous les soirs je décolle

Tel un point lumineux

Ephémère sous les cieux

D’une vie décalée

Et j’entends pérorer

La source des lucioles.

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Nature morte.

Le pinceau effleure, déjà, la toile

L’esprit encore sous le voile

Les yeux de l’aube s’amusent des étoiles.

Le peintre entame l’esquisse.

Dans sa palette, ses couleurs, la muse

Au chevalet le trépied s’use

En nuit blanche, égaré dans l’excuse.

L’inspiration touche l’exquise.

Mais, ce soir la main reste suspendu.

L’inspiration n’est pas et se ferme la porte.

Dans une colère nue d’explication

Il peint un ciel gris de pollution

Trempe pinceau de mille dévastations

Et pleure : La Nature Morte.

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Silence !

Quatre roues, un moteur ; c’est un peu simpliste.

Sur sentiers et chemins, jouent les égoïstes,

Les politiques, leurs faiblesses en kyste.

Pollution, gaz et bruit, surgit le « quadiste ».

Et les poids lourds déversent leur dioxyde,

Et les enfants s’imbibent de pesticides.

Sur les sommets enneigés, glissent tous en chœur,

De télésièges en héliski ; elle pleure,

Elle geint. Non pour elle. Elle a du cœur.

Ils ne savent pas ce qu’ils font ! Pardonnez-leur.

Elle pleure, la montagne ; elle crie du mépris.

Elle pleure du mépris et de leur ignorance,

De part leur impuissance, affichée qui détruit,

Affichée et détruite en toute intolérance,

En toute intolérance abritée du mépris.

La montagne demande : Et maintenant ;

Silence !

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Pollué ?

Un vol de grippe aviaire

Survolait, en flânant, un champ

D'encéphalie spongiforme bovine.

Et l'homme lâcha un Tchernobyl

Sur la mer, sombre, de l'Erika

Savourant par essence l'automobile.

Oh ! Grand seigneur de la planète,

Ne vois-tu rien venir. Aveuglé

De ton espoir de vie éternelle.

Tu fonces, tête baissée, au mur

Pollué, de tes écrits virtuels.

A chacun de tes gestes, pleure,

Tremble, la nature terrestre.

Et sens ton avenir; il pue l'air.

Monoxyde et carbone,

Dioxyde. Dieu que l'on souffre

Un peu plus chaque année humaine.

L'aigrette, la vache et la brebis

Courent dans tes nuits, cadeau de l'esprit.

Et viennent saluer, petit virus

Ton appétit de fin, de terminus.

L'aigrette, la vache et la brebis

Racontent l'histoire, l’épilogue :

"C'est un petit virus pour l'animal;

La grande épidémie humaine."

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Egaré dans un pré.

Par un étrange matin d'hiver

Je consommais plus de dix verres

M'informant de certains faits divers.

Visionnant, ces méfaits très sévères

M'imbibant, en foulée, de ces verres

Puis, soudain, je m'écris : "que c'est vert !»

Me trouvant allongé dans le pré, vers

Et limaces me racontent Prévert

Mais, que fais-je dans ce bréviaire ?

Errant sur la sente de l'art mûre

Revêtu des haillons de l'armure

Comme les plumes des aviaires.

L'eau, en potence, court saborder

Au marin qui lâcha sa bordée

Aveuglé de rien voir dans sa psyché.

Qu'importe si je n'ai plus la primeur

Tout s'en va, tous prix meurent

Le rétro des années s'est brisé.

Je m'éloigne d'une vie épuisée

Je suis vide à pleurer et puiser

Dans des sources du passé exténuer.

Esseulé, encerclé de mes verres

J'ai perdu mes pantoufles de vair

Sans dessus et dessous, à l'envers.

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"Des règlements climatiques !»

"…les trois problèmes de sécurité nationale les plus fondamentaux posés par un changement climatique brutal sont :…"*

Par manque de raison,

Saoul de consommation.

Bêtises et déraisons,

Repu de pollutions.

"… - des pénuries de nourriture, une baisse de la qualité et de la quantité d'eau douce, un accès limité au minéraux stratégiques…"*

Beaux parleurs es-science,

Hérités par essence.

Soufrée dans le silence,

Blasés de leurs absences,

Flouée sans complaisance.

"… avec le temps toutefois, les conflits à propos de l'utilisation des terres et de l'eau sont susceptibles de devenir plus aigus…"*

Guerre larvée sur la Terre,

Pour de l'eau et de l'air,

Grondement de tonnerre,

Fermeture de l’ère

Et faites vos affaires.

"… A mesure que le désespoir des Etats grandira, le passage à l'action se fera plus pressant."*

C'était au temps où le temps métamorphosé.

C'était au temps où les gens se sont biaisés,

Biaisé le temps qu'il nous reste à respirer.

Ce n’est plus le temps il nous faut tous s'enterrer.

"…Néanmoins, il semble indéniable que de graves problèmes environnementaux sont susceptibles de mener à une escalade de conflits dans le monde…"*

*" Extrait d'un rapport du Pentagone sur le changement climatique."

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Vivre un peu. Partir à temps.

Quand surviendra l'enfer sur cette terre amère,

Que sonnera la guerre en bottes de poussière,

Serons-nous bien heureux d'avoir vécu un peu ?

Quand dans tous les déserts pleureront les prés verts,

Qu’en larmes amères s'assècheront d'hiver,

Serons-nous bien contents d'être partis à temps ?

Quand viendra la jachère aux royaumes prospères,

Que la voie s'accélère en pertes de repères,

Serons-nous bien heureux d'avoir vécu un peu ?

Quand la terre polaire envahira la sphère,

Que l'astre boréal rougira d'atmosphère,

Serons-nous bien contents d'être partis à temps ?

Quand les chants funèbres se baigneront d'éther,

Qu’un blizzard assassin soufflera le calvaire,

Serons-nous bien heureux d'avoir vécu un peu ?

Quand les grippes venues saouleront le bréviaire,

Qu’un curieux horizon se fera nucléaire,

Serons-nous bien contents d'être partis à temps ?

Et quand bien même heureux d'avoir vécu un peu,

Nous sortirons piteux de l'arène des jeux,

Serons-nous si pervers de périr solitaires,

Quand il reste un instant de jouir le moment,

Que le monde se pend aux racines des ans,

Serons-nous recouverts d'un camouflé de vers.

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Courir la montagne.

Dans cette ambiance dépensière galopante,

Où la misère en tous points est présente.

J'erre sur les sentes poétiques,

Je cours la montagne.

Sur la Terre avachie d'effets de serre,

Où se meurent tigres, pandas et panthères.

J'erre sur les sentes poétiques,

Je cours la montagne.

J'entends l'éléphant, son dernier barrissement,

Ou l'ours polaire surpris d'un réchauffement.

J'erre sur les sentes poétiques,

Je cours la montagne.

Petite planète d'otages en sursis,

Où tous les Hommes se perdent dans la nuit.

J'erre sur les sentes poétiques,

Je cours la montagne.

Avant l'ultime, terrible hécatombe,

Où je devrais vous rejoindre dans la tombe

J'irais sur les sentes poétiques,

Courir la montagne.

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