Mauvaise romance

2 minutes de lecture

Elle allongea ses jambes interminablement longues, caressant doucement du bout de ses doigts parfaitement manucurés leur peau si délicieusement lisse. Secouant sauvagement sa chevelure d’un roux flamboyant, elle émit un gémissement plaintif : cette maudite mèche rebelle ! Elle devait toujours la remettre en place.

Allez savoir pourquoi, les hommes étaient tout chose de ce simple geste : une main fine triturant une mèche de cheveux pour la replacer parfaitement derrière l’oreille… Il était si fatiguant de recevoir sans cesse l’attention de tous les play-boy du coin, elle ne comptait plus ses prétendants : entre le riche héritier qui lui jurait le dernier modèle de Tesla et un gratte-ciel entier rien que pour elle sur l’Upper East Side, ce pianiste mondialement célèbre dont les mains déliées promettaient monts et merveilles sous les draps, et cet ombrageux inconnu dont la musculature puissante roulait sous le tissu tendu de sa veste en cuir végétal et dont elle ne connaissait que le charme magnétique et ténébreux…

Elle abaissa posément une main sur son bureau, puis l’autre, et hurla d’une frustration si primale que son chat fusa hors de la pièce, courant pour sa vie (et ses tympans).

— Pourquoi ai-je choisi de devenir lectrice professionnelle ! maugréa-t-elle. C’est quoi ce début de roman ultra-cliché…

Elle exhala profondément.

— Allez, courage, ma fille. C’est ton boulot de lire ça, puis de transmettre à ta cliente les points forts et les points d’amélioration. Surtout les points d’amélioration…

Le chat passa une moustache prudente de derrière le battant de la porte, puis émit un miaulement interrogateur. Son humaine sourit, l’invita d’un petit signe de main, et le chat vint frotter sa tête contre sa jambe avant de lui sauter sur les genoux en ronronnant. elle le pressa doucement contre elle, savourant sa douce chaleur amicale.

— Bon allez, courage : plus que 327 pages de cette... Euh. Bref !

Elle se remit au travail. Grogna. Inspira profondément plus d’une fois. Pressura sa balle anti-stress jusqu’à la massacrer.

Il la plaqua contre le mur, grognant son désir. Elle se mordit ses lèvres pulpeuses, gagnée par son ardeur, désirant cette hampe ferme qu’elle sentait contre sa fleur intime et si énorme qu’elle ne pourrait certainement en faire le tour des deux mains…

Bon sang, elle allait certainement finir chauve à force de s’arracher les cheveux… Encore 233 pages… Au secours…

Un éclair miaulant frappa le sol et zigzagua à l’autre bout de l’appartement, son audition échappant de peu au cri de tonnerre de son humaine au comble de la frustration.

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