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contenu sensible

À peine Guillaume parti, William m’agressa.

— C'est n'importe quoi. J'ai signé parce que l'autre imbécile m'a obligé ! Pas question ! Regarde ce que je fais de ce torchon…

Il s'approcha de la table. Il était à ma portée. La claque partit avec une force incroyable, mais ce fut le geste qui le désarçonna.

— Nic !

Une seconde lui tomba dessus. Il me regarda interloqué. Moi-même, je m'étonnais, car je me sentais fort et légitime. Will dut le ressentir, car il ouvrit la bouche, réfléchit. Quand j'entendis « Oui, maitre », je fus comblé.

Je me devais à mon rôle, commencé par un geste fort. L'idée arriva aussitôt. Elle me faisait aussi mal qu'à lui, elle était donc bonne, excellente !

— Esclave, va chercher la tondeuse électrique !

— Oui, maitre.

— Déshabille-toi !

— Voilà, maitre.

— Retire tous tes poils !

Il eut un instant de flottement. Je savais la fierté de ses poils pubiens, plus blonds que roux. J'adorais leur brillance. Les retirer était une castration symbolique. Mon regard ne lui permettait pas de fuir. Le ronronnement de la tondeuse commença. Cela le transformait, le fragilisait. Associé à son désarroi, il était touchant de faiblesse.

— Voilà, maitre.

— Tout, je t'ai dit ! Les jambes, les bras, les aisselles, la raie.

Le bruit repris. Il m’apparaissait encore plus nu. Plus séduisant.

— Va chercher le rasoir pour bien finir. Je ne veux voir aucun poil pendant ce mois.

— Oui, maitre.

La séance dura une bonne heure. Il se regardait comme s'il était impudique. J'étais content de l'avoir brisé et content de ce nouveau William, frais comme un enfant.

— Allez, finis le travail !

Il ne comprenait pas. Je voulais que la pensée chemine, qu'il voie l'inéluctable, qu'il accepte et qu'il se rende. Le travail se faisait dans sa tête, l'horreur lui arracha un gémissement.

— Pas de jérémiades ! Obéis, esclave !

Il fit tomber sa crinière et sa fierté. Son visage n'était plus le même. Sans sa flamboyance, il était beaucoup moins beau. D'autant que ses yeux avaient perdu leur éclat.

— Allez, viens ! Maintenant, pour cette nuit, tu redeviens mon amant, mon William.

Notre rapport fut infiniment différent des précédents. J'aurais pu l'obliger à se laisser pénétrer. Cette humiliation suprême me parut inutile. Plutôt, je savais que, quelque part, cela le détruirait. Nous jouions. Même quand il me flagellait, c'était un jeu. Je ne voulais aucunement le détruire. J'espérais seulement le guérir.

***

Je n'avais qu'une semaine. Je savais que jamais plus nous n'aurions de contrat de ce type. Il avait accepté et se soumettait. Cela restait un mystère pour moi. Tout était clair dans ma tête.

Le soir suivant, je fis venir Paul à la maison. Je n'avais plus de secret pour lui. Il était en train de rejoindre complètement notre monde. Il me vouait admiration et reconnaissance pour tous ces apprentissages et partages.

William rentra juste après notre arrivée. J'étais curieux de connaitre la réaction de ses collègues à sa nouvelle tête, mais cela était sans importance. Il eut un recul en découvrant cet inconnu chez nous. Une paire de claques lui fit retrouver son rôle.

— Bonsoir, maitre. Bonsoir, monsieur.

Nous allâmes dans la chambre. Un regard et il fut nu. Je voyais que Paul admirait ce corps lisse et blanc. J'attachais Paul à une chaise. Je savais qu'il n'aurait pas bougé, c'était juste une humiliation inutile. Il nous regarda nous ébattre. Ce soir-là, Paul faisait le soumis. Cela me plaisait de me montrer en double dominant.

Le lendemain matin, Paul partit de bonne heure. Je détachais Will et le laissais aller se doucher. En revenant, je lui dis :

— William, je voudrais te préparer à autre chose. Tu vas porter ça toute la journée.

Je lui montrai une ceinture munie d'un plug. Je l'avais pris de taille moyenne, mais il avait reculé d'effroi. Je savais ce que cela représentait pour lui.

— Va aux toilettes et reviens.

Il revint, l'air brisé. Je lui plaçais l'engin. La pénétration n'était pas profonde, mais permettait une stimulation permanente de l’anus. Il était déconseillé de le porter longtemps. Je voulais que le soir, il ait la rondelle en feu, irritée. J'avais pris le modèle muni d'un cadenas.

Quand je le défis, il se précipita aux toilettes, sans me demander la permission. Je passais sur cette impolitesse. Je voulais que ça se passe bien. Je supposais qu'il avait été violé enfant, certainement dans une position accroupie. Je le fis donc mettre sur le dos, au bord du lit, lui ordonnant de relever et d'écarter les jambes. Je m’approchais et parcourus sa zone sensible délicatement du bout de ma langue. Il avait mal, comme je l’espérais. Mes doux léchages l’apaisaient. Je l’enduisis de gel. Je le sentis se cabrer de peur. Une parole de soulagement n'aurait eu aucun effet. Je frottais doucement sa rondelle à vif, appuyant progressivement. Je savais parfaitement la confusion des douleurs. Quand mon doigt pénétra, ce fut avec acceptation. Je massais doucement ses parois, avançant vers sa protubérance. Un soupir me confirma la cible. Il ignorait tout de ce plaisir et l'emporter fut facile. Comme il n'avait pas éjaculé, je suis allé le raidir et le prélever. Je le voyais perdu. J'avais apporté différents godes, au cas où. La solution naturelle me parut la meilleure. Je le pénétrai enfin, pour la première fois. C'était magique et fort pour moi. Je m’arrêtai et me penchais vers lui, voulant partager un baiser de réconciliation. Il détourna la tête, me fuyant. De rage, j'accélérai et amplifiai mes mouvements, avant de décharger. Tant pis et tant mieux si je lui avais fait mal. Il se releva, le sperme dégoulinant. Il était trop con. Je l’obligeai à rester et à sentir le liquide lui couler le long des jambes. Qu'il se démerde ! Je m’endormis.

Pour le lendemain, j'avais donné rendez-vous à Paul au Damn's Club. Je savais qu'il apprécierait le lieu. Je conduisis William. En devinant où nous allions, il renâcla.

— Avance, débile ! Personne ne va te reconnaitre avec ton crâne rasé. Tu es juste moche.

Dans les vestiaires, entièrement nu, je lui fis enfiler des gants et des genouillères. Je le fis sortir à quatre pattes, le menant par une laisse. Moi-même, j'avais revêtu un masque de chien, normalement dévolu à l'animal à quatre pattes. Le contraste étonna plus d'un. La tête basse, personne ne pouvait deviner que mon compagnon était un des piliers du lieu parmi les dominants. Je rejoignis Paul. J'avais besoin de me libérer de mon rôle de maitre. J'avais besoin de me souiller. Je visais un chevalet que j'avais repéré lors de ma première visite. Je demandais à Paul de m'attacher dessus, en serrant fort. Ainsi à disposition, je savais que je serais abondamment couvert.

Paul eut une idée géniale. Il alla chercher un autre chevalet et attacha William dessus. Nous étions face à face. C'était un vendredi soir. L'affluence était nombreuse, tous cherchant à se libérer des frustrations de la semaine. Leur offrir deux postérieurs en libre-service était une aubaine. Jamais je n'avais subi autant d'assauts. William encaissait. J'ai vu dans ses yeux un bref moment. J'étais mort.

Au petit matin, Paul réapparut au bras d'un black puissant. Il nous détacha. Nous sommes rentrés sans échanger un mot. Je ne voulais pas blesser William, juste qu'il outrepasse son traumatisme.

Le lendemain, nous n'étions que tous les deux. Je lui avais massé la rondelle avec une crème anesthésiante. J'avais un dernier point à traiter. Je le fis venir dans le salon. Le fouet et la corde étaient prêts. Sa résignation me fit mal, mais je devais aller au bout.

Je ne lui donnais qu'un seul coup, avec le maximum de force. L’entaille était profonde et avait incisé le mamelon gauche. Je le soignai.

Nous nous sommes assis. Je pris mon contrat d'esclave et le signai avant de le pousser devant lui.

— William, j'ai été ta chose, ton objet toutes ces années. C'était avec plaisir, car je t'aime infiniment et tu m'as fait du bien. Je veux continuer avec toi, mais tu es allé trop loin. Je veux aller explorer avec toi mes limites à la douleur. Mais je ne veux plus que tu me marques le corps. Je veux ton amour et ton respect. Emporte-moi, voyageons ensemble.

— Je suis désolé de t'avoir fait violer à nouveau. Je voulais juste que tu surmontes cela, que tu l'exprimes maintenant, pour être entièrement avec nous. Des orgasmes prostatiques, je veux t'en redonner.

— Tu as mon contrat devant moi. Si tu le prends, après ce que je viens de te faire, je suis sûr que tu vas me tuer à petit feu. Dans une semaine, je serai mort, dans d'atroces souffrances. Je l'ai signé, je l'accepte de toi. Tu peux aussi le déchirer. Nous reprendrons alors notre vie d'amour et tu m’emmèneras sur ces nouveaux chemins, avec tes amis.

— William, j'ai achevé mon contrat. Je ne te ferai plus jamais aucun mal.

Je me levai. Il resta assis un long moment. Toute la journée, le contrat resta sur la table. Son choix m'était indifférent, les deux solutions me convenaient. S'il ne voulait plus de moi, autant mourir de sa main.

Le soir, le contrat avait disparu. Je ne sus jamais s'il l'avait détruit ou conservé pour me le ressortir un jour. Je refis ses pansements. Cette nuit-là, rien ne se passa, ni attouchement, ni caresse, ni baiser.

Retrouver nos vies d'avant se fit lentement. William conservera une balafre sur le torse et le dos. Il en sera fier. Il maintiendra son pubis rasé. J’aimais tant farfouiller mon nez dans cette blondeur odorante.

J’attendis vainement un commentaire, une parole sur ce que nous avions vécu avant et pendant cette semaine. Ce mutisme cachait trop de choses. La partie n’était pas finie.

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