CHAPITRE 5
BABACAR SADIKH SALL.
Monsieur Idrissa est monté avec moi dans ma voiture et nous les suivons de près.
Nous nous rendons au Lala beach club à Yoff.
On y arrive après une trentaine de minutes de route.
Nous prenons tous place dans le restaurant.
On commande des verres de cocktails, pendant que le serveur s'en occupe Sophia et Aïssatou vont prendre une tente sur la plage et y installer nos affaires.
Une fois qu'on nous rapporte les verres monsieur Idrissa et moi allons rejoignons les filles.
Elles ont déjà installées les transats, les nappes et se sont changées pour se mettre en maillot de bains.
Je suis comme figé à la vu du corps splendide de Aïssatou.
Elle se tenait devant moi, dans ce magnifique bikini qui semblait avoir été conçu pour épouser la perfection. La lumière du soleil caressait sa peau chocolatée, faisant ressortir un éclat presque surnaturel. Chaque rayon glissait sur ses courbes comme une main invisible, réveillant en moi un trouble que je ne pouvais dissimuler.
Ses épaules fines, sa taille élancée qui se creusait avec une grâce déconcertante, puis ses hanches pleines, affirmées, dessinant une silhouette envoûtante... tout en elle avait la puissance d'une arme. Elle avançait avec cette démarche fluide et naturelle, et chacun de ses pas faisait battre mon cœur un peu plus vite, comme s'il cherchait à s'échapper de ma poitrine.
Mon regard s'accrochait à la ligne de ses cuisses fermes, à la douceur tentatrice de son ventre plat, à la courbe généreuse de sa poitrine que le tissu à peine présent mettait en valeur avec une audace déchirante. C'était un spectacle dont je ne pouvais détourner les yeux, comme si mon corps entier refusait de m'obéir.
Un frisson me parcourut, violent, brutal, montant de mes reins jusqu'à ma nuque. Je sentis mes mains se crisper malgré moi, comme si elles brûlaient de toucher ce que mes yeux dévoraient déjà. Ma respiration s'alourdissait, se faisait courte, et je dus détourner les yeux une seconde pour reprendre contenance... mais c'était inutile. Son image restait imprimée, gravée dans mes pupilles et jusque dans ma chair.
Elle n'avait rien dit, pas un geste calculé, et pourtant elle m'avait réduit au silence, au vertige, à une tension insupportable. C'était une beauté fatale, une vision charnelle qui résonnait comme une tentation interdite, et je savais que le simple fait de la contempler était déjà une brûlure dont je ne me remettrais pas.
Je m'approche d'elle pour lui tendre son verre de cocktail !
_ Mademoiselle Diop: Merci Babacar... Dit-elle
Elle avança sa main avec une lenteur désarmante, et quand ses doigts effleurent les miens, ce fut comme une décharge électrique qui traversa tout mon corps.
Un simple contact. Une seconde à peine. Et pourtant, j'eus l'impression que le temps venait de s'arrêter autour de nous. Sa peau était tiède, incroyablement douce, et ce frôlement réveilla en moi des milliers de frissons qui se répandirent jusque dans mes veines.
Je crus entendre mon cœur cogner dans mes tempes. Mes doigts, eux, refusèrent de lâcher trop vite, comme s'ils cherchaient à retenir un peu plus longtemps ce privilège, cette caresse accidentelle ou peut-être pas si accidentelle que ça.
Elle me rend la monnaie c'est clair !
Nos regards se croisèrent au même instant. Ses yeux brillaient d'un éclat mystérieux, presque amusé, comme si elle savait parfaitement l'effet qu'elle venait de provoquer en moi. Et moi, j'étais là, prisonnier de ce contact éphémère qui avait pourtant le goût d'une promesse, d'un feu prêt à s'embraser au moindre souffle.
Ce n'était qu'un verre tendu, qu'un geste banal mais pour moi, ce fut une brûlure délicieuse, un avant-goût de ce qui pouvait se cacher derrière ce corps de déesse et ce sourire troublant.
Je n'en pouvais plus, tout mon corps était en ébullition.
Il faut que je me ressaisisse, je suis là pour le travail après tout.
Après avoir donné son verre à Sophia aussi, je m'en vais rejoindre monsieur Idrissa sur le transat.
Certes il est venu pour faire plaisir à sa fille mais cette affaire reste très importante.
_Monsieur Diop: Alors Babacar qu'avez-vous fait avec les intrus ?
_ Moi: Ils ne voulaient pas coopérer alors ils ont tous été abattus par nos hommes, seul l'un d'entre eux à fini par se rendre et nous l'avons interrogé.
_ Monsieur Diop: Je suis persuadé que t'a pu en tirer quelques choses, qui est derrière tout ça ?
_Moi: Le cartel de Black Torque monsieur ! Ils cherchent à se diversifier en affaire et veulent s'approprier notre terrain. Mais les clients ne veulent traiter qu'avec nous donc ils ont voulus volés notre marchandise.
_ Monsieur Diop: Donc Black trigger a rompu notre traité de non agression. Non seulement il se permet de vouloir nous voler mais il veut aussi s'introduire dans mon territoire.
_ Moi: J'ai pensé comme vous, c'est exactement ça c'est une déclaration de guerre et j'ai déjà fait en sorte qu'ils sachent que les hostilités sont ouvertes.
_ Monsieur Diop : Bien ! Très bien Babacar, bon travail ! Maintenant on va trouver ce qu'ils prévoient de faire. Je veux des professionnels sur le coup, je veux savoir les moindres faits et gestes de cette famille.
_ Moi: Vous pouvez compter sur moi monsieur.
_Mademoiselle Diop: Papa ! Nous allons nous baigner avec Sophia tu viens ? Dit-elle en déboulant par surprise.
_Monsieur Diop: Sûrement plus tard princesse, je vais siroter mon jus. Babacar va plutôt vous accompagner.
Elle me lance un regard furtif puis sourit avant de s'en aller sans rien dire.
_ Monsieur Diop : Va et garde un œil sur elle, les gardes du corps ne peuvent pas aller dans l'eau à cause de leurs gadgets.
_Moi: Compris monsieur j'y vais !
Je me déshabille pour finir en culotte de maillot et je m'en vais les rejoindre.
Je rentre dans l'eau et je les vois déjà entrain de bien s'amuser.
Aïssatou nage gracieusement bien, telle une sirène elle maîtrise l'eau et se faufile entre les vagues.
_ Sophia: Wesh Aïssatou tu nages trop bien, toi on dirait que tu sais tout faire ! Dit-elle en explosant de rire.
_ Mademoiselle Diop: Tout sauf cuisiner. Réponds t-elle en explosant de rire à son tour.
_ Sophia: Sérieusement où as tu appris à nager ainsi ?
_ Mademoiselle Diop: Je faisais du sport nautique aux Etats Unis, de la natation artistique.
Incroyable cette fille !
_ Sophia: Oh my God ! Tu sais voltiger alors ? Genre comme les cheerleaders ?
_ Mademoiselle Diop: Oui ma chérie j'ai fait du cheerleading aussi d'ailleurs, tu veux que je te fasse une démonstration ?
_Sophia: La classe ! Sérieusement j'aimerais trop voir ça.
_Mademoiselle Diop: Avec plaisir, allons de l'autre côté de la rive il n'y a personne j'aurais plus d'espaces pour mes mouvements.
_Sophia: D'accord !
Elles sortent de l'eau et se rendent là bas ! Je les suis donc à la trace.
Une fois dans l'eau...
_Sophia: Attends, je vais chercher mon téléphone pour filmer.
_Mademoiselle Diop: Han, d'accord, je t'attends.
Elle s'éloigne, et soudain le monde rétrécit autour de nous. L'air semble plus lourd, le silence plus dense. Je me retrouve seul, livré à la fascination de sa présence, devant cette superbe créature. Ses yeux accrochent les miens une dernière fois avant qu'elle ne plonge, immergeant tout son corps dans l'eau claire.
Je la perds de vue. Une seconde, deux, trois... mon souffle se suspend, mon cœur accélère. L'inquiétude naît, se mêlant déjà au trouble qu'elle m'inspire. Puis, sans prévenir, elle surgit devant moi, ses cheveux ruisselants, ses lèvres entrouvertes, si proche que l'eau qui perle sur sa peau éclabousse la mienne.
_ Mademoiselle Diop: Et toi, Babacar, tu sais nager ? murmure-t-elle d'une voix grave et suave, presque envoûtante.
_ Moi: Oui... bien sûr, mademoiselle.
Elle se tait, et je vois dans son regard une lueur étrange, comme une provocation muette. Puis, lentement, elle avance, et ses bras s'enroulent autour de mon cou. Mon cœur s'emballe, chaque battement résonne dans mes tempes. Sa poitrine se presse contre mon torse, chaude malgré l'eau qui nous entoure.
_ Moi: Que... que faites-vous ? demandai-je, la voix tremblante, incapable de masquer le trouble qui m'envahit.
_ Mademoiselle Diop: Je veux que tu me portes.
Ses mots coulent dans mon esprit comme une invitation dangereuse. Avant même que j'aie le temps de réfléchir, ses jambes s'enroulent autour de ma taille, son corps entier s'offre à moi, épousant parfaitement le mien. Par instinct, par nécessité, mes bras se referment autour de sa taille, la serrant contre moi pour ne pas perdre l'équilibre.
Le contact est foudroyant. Sa peau glisse contre la mienne, chaque frisson de son corps réveille une onde brûlante en moi. Elle s'agrippe un peu plus fort, et je sens son souffle chaud effleurer mon cou. Je ferme les yeux une seconde, tenté de me perdre entièrement dans cette étreinte.
Elle se redresse légèrement, et ses doigts viennent chercher ma joue. Ce simple effleurement me traverse d'une décharge, comme si toute ma sensibilité s'était concentrée à cet endroit précis. Elle me regarde droit dans les yeux, et je me noie dans ses pupilles sombres, profondes, envoûtantes.
Son visage se rapproche, millimètre par millimètre, et l'air se charge d'une intensité presque insoutenable. Son soupir glisse contre mes lèvres, et je retiens mon souffle, prisonnier d'une tension qui m'écorche. Je n'entends plus rien, sauf la résonance de son cœur contre ma poitrine et le mien, prêt à exploser.
Je sens sa chaleur contre moi, la pression de mon membre grandissant contre son intimité, un contact qui m'embrase et menace de me faire perdre le contrôle. Mon esprit vacille entre raison et abandon. J'ai l'envie irrépressible de glisser mes mains sur ses courbes, de la caresser, de capturer sa bouche, de franchir enfin cette limite que son regard m'impose et m'autorise à la fois.
Elle laisse échapper un souffle, un soupir fragile mais chargé de promesses. Ses lèvres s'entrouvrent, à quelques centimètres seulement des miennes. Je tremble. J'étais prêt à m'y perdre, à oublier tout ce qui m'entoure, à ne vivre que pour cet instant suspendu...
_Sophia: Hé ho ! J'arrive ! Entendis-je...
Sa voix résonne comme un coup de tonnerre. L'instant se brise net, et dans une précipitation désespérée, nous nous détachons l'un de l'autre. Elle s'éloigne d'un geste rapide, et moi je lutte pour reprendre mon souffle. Pourtant, même séparés, mes bras gardent l'empreinte de son corps, ma peau garde la brûlure de son contact, et mon cœur refuse obstinément de retrouver son calme.
_Sophia: On peut commencer maintenant, t'es prête ? Dit-elle toute souriante.
_ Mademoiselle Diop: Oui c'est partit !
Sophia met de la musique, elle s'éloigna de moi en silence, retrouvant son aplomb comme si l'instant brûlant que nous venions de partager n'avait jamais existé. Et soudain, sans prévenir, elle se mit à danser dans l'eau.
Je restai immobile, hypnotisé. Ses gestes semblaient défier la logique : chaque mouvement était fluide, précis, d'une grâce troublante. Elle ondulait dans l'eau comme une créature née de l'élément, comme si les vagues elles-mêmes obéissaient à sa volonté. Son corps se courbait, se déployait, exécutait des figures incroyables avec une souplesse presque irréelle.
Elle tournoya lentement, ses bras fendant l'eau avec élégance, puis s'arqua en arrière, laissant apparaître la courbe parfaite de sa nuque et de son buste. Ses jambes s'élevaient hors de l'eau dans une figure qui semblait suspendre le temps, avant de replonger avec une douceur infinie. Chaque mouvement dessinait dans l'air et l'eau des arabesques sensuelles, comme une chorégraphie inventée pour séduire les dieux.
Je la regardais, subjugué, incapable de détourner les yeux. Elle n'était plus simplement une femme, mais une œuvre vivante, une incarnation de la beauté et du désir. La lumière jouait sur sa peau ruisselante, chaque goutte épousant ses formes avec insolence. Son sourire à peine esquissé ajoutait à la provocation silencieuse de cette danse.
Je sentais mon cœur battre à tout rompre, comme si son art m'avait capturé dans un filet invisible. Elle me fascinait, m'ensorcelait, et plus elle se mouvait, plus je me perdais dans l'idée qu'aucun mot, aucun regard ne suffirait jamais à décrire ce que je voyais.
Elle était grâce. Elle était puissance. Elle était sensualité incarnée. Et moi... moi j'étais prisonnier de cette vision, à jamais marqué par la beauté de ce moment.
_Sophia: Magnifique ! Incroyable ! Époustouflant. Tu es tout simplement une merveille.
Je crois que je n'aurai pas dit mieux. Elle est phénoménal.
_ Mademoiselle Diop: Onw merci ! Contente de savoir que ça t'a plu.
_Sophia: Tu rigoles ? J'ai vraiment adorée.
_ Mademoiselle Diop: C'est gentille ma goe, bon et si on allait mangé maintenant. J'ai une faim de loup !
_ Sophia: Let's go !
Elles sortent de l'eau et évidemment je les suit...
AÏSSATOU DIOP.
Nous avons mangé les délicieux plats que nous ont concoctés l'équipe du service de cuisine.
C'était vraiment exquis !
Après ça avec Sophia nous avons fait pleins de tik tok, nous avons pris des photos, des snaps et même avec mon père.
On est tous retournés se baigner sauf Babacar qui est finalement parti.
Nous avons passé une excellente journée et rentrons à la maison vers dix huit heures.
J'étais tellement heureuse d'avoir pu passer ce moment avec mon père, heureusement qu'il est finalement venu parce que sinon j'aurais boudé toute la journée et la sortie serait foutue.
Quand on arrive à la maison, on se rend directement dans la chambre. A tour de rôle, nous prenons une douche ensuite on s'habille pour que je la ramène chez elle.
Tenue simple : Pantalon jogging oversize et top pour moi, t-shirt et jean boyfriend pour ma copine.
On se chausse et on descend au salon. Évidemment on grignote des biscuits Nutella avec du chocolat glacé.
_Sophia: Aïssatou je peux te poser une question ? Commence t-elle toute sérieuse.
_Moi: Hum ! Oui bien sûr. Répondis-je intriguée.
_Sophia: Il se passe quoi entre l'employé de ton père et toi ? Est-ce lui l'homme dont tu m'as parlée hier ?
_Moi: Là ça fait deux questions ma goe ! Répondis-je totalement nonchalante.
_Sophia: D'accord ! Alors est-ce que je peux te poser deux questions ? Rectifie t-elle
_Moi: Non mademoiselle tu ne peux pas. Fis-je toute sereine.
_ Sophia: Je vais quand même les poser hein, il se passe quoi entre vous ? Est-ce à cause de lui que tu doutes pour Ibrahim ?
Pff ! Je crois que je n'ai pas le choix.
_ Moi: Oui c'est à cause de lui, c'est de lui dont je te parlais et il n'y a rien entre nous.
_ Sophia: Ce n'est pas rien ce que j'ai vue aujourd'hui ! Renchérit t-elle.
Oh non !
_ Moi: Ah et qu'est ce que t'a vue ?
_Sophia: Vous étiez dans les bras l'un de l'autre, toi en califourchon sur lui, sur le point de vous embrasser.
Comment ça se fait ? On s'est séparés avant qu'elle ne débarque !
_ Sophia: Et là tu te demandes comment ça se fait ? Je suis arrivée bien assez tôt tu sais, je vous ai vue et j'ai reculée de cinq pas avant de hurler pour vous laisser le temps de vous détacher.
_Moi: Wow qu'est ce que t'es mignonne c'était trop gentille ça.
_ Sophia: Je ne rigole pas Aïssatou Diop ! Est-ce que vous sortez ensemble ? Bong sang ton père va vous tuer, tu es sa princesse et lui c'est son employé.
J'en suis parfaitement consciente oui et il est évident que mon père serait capable de le descendre.
_Moi: Ah calme toi Sophia, on est pas ensemble.
_Sophia: Tu m'expliques alors ? Qu'est ce que vous vivez au juste ?
_Moi: Il n'y a pas de nom Sophia, il n'y a pas de terme adéquat. Je n'en sais absolument rien tu sais. Tout ce qui est sûre c'est que j'ai tout le temps envie de le voir, de le toucher, de le sentir tout près de moi. Moi même je ne sais pas ce qui m'arrive.
_Sophia: Es tu amoureuse ? Demande t-elle en écarquillant les yeux.
_Moi: Qu'est ce que j'en sais ? Je ne sais pas ce que s'est que de tomber amoureuse, écoute il n'y a tout simplement pas d'explication logique et c'est pour ça que je ne voulais pas approfondir la discussion hier soir.
_Sophia: Oh ! T'a l'air si confuse, et si vous en parliez ?
Quoi ?
Il y'a deux mondes qui nous séparent... Qu'est ce qu'on va bien pouvoir se dire ?
_ Moi: Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
_ Sophia: Non la mauvaise idée c'est de continuer sur cette lancée sans en discuter.
Je ne sais pas trop !
_Moi: Bon il est temps d'y aller, j'ai des devoirs à finir pour demain matin. Dis-je en me levant sans lui accorder un regard.
Je ne vois pas d'autres issues à cette conversation.
Nous nous rendons au parking et après lui avoir dit au revoir, on l'a conduit chez elle.
Je retourne dans ma chambre, je fais mes devoirs pour mon cours de management.
Après le dîner je m'en dors rapidement, j'étais vraiment hyper fatiguée.
...
Le lendemain !
Après le petit déjeuner, je m'en vais me préparer, j'ai cours à partir de neuf heures.
Je mets une robe Channel bustier qui m'arrive presque aux genoux.
En dessus je mets le gilet qui va avec.
Je porte des talons blanc et après mon maquillage habituel et je mets une perruque mireille longeur douze et je suis prête.
Je descends et on me conduit à l'université, comme d'habitude avant de descendre de la voiture je m'asperge de mon parfum préféré.
...
Après le cours de management on s'est retrouvées avec Sophia sur notre banc, nous avons commandés des tacos à yum yum qui nous ont été livrée à l'université.
Après ça nous avons assistées à notre second cour et finissons à quinze heures.
Mon prochain cours est celui de littérature qui commence à seize heures.
_Moi: J'ai décidée de suivre ton conseil finalement. Commençais-je.
_Sophia: Lequel déjà ? Je t'en donne tellement et mademoiselle ne m'écoute jamais.
_Moi: Haha ! Je parle du fait de discuter avec Babacar.
J'y ai beaucoup réfléchi hier soir, elle a raison ça ne peut pas continuer comme ça. Toute cette tension entre nous sans rien comprendre.
Je n'aime pas quand les choses échappent à mon contrôle.
_Sophia: Incroyable ça c'est une première Aïssatou Diop qui m'écoute pour une fois.
_Moi: Hum oui très drôle ! Bon je vais faire ça aujourd'hui après le cours de littérature j'irai dans son bureau.
_Sophia: Dans quelle bureau ?
Oh oui, elle n'est pas au courant de l'autre problème !
_Moi: C'est lui mon professeur dans mon cours particulier de littérature.
Elle écarquille les yeux visiblement choquée.
_Sophia: Mais t'es complètement malade, Aïssatou tu flirtes avec ton professeur. Chuchote t-elle en regardant de gauche à droite.
_Moi: Oui je sais que c'est une situation pas commode.
_Sophia: Pas commode ? Pas commode ? T'es folle ? Oublie ce que je t'ai dit, cette situation est catastrophique il n'y a pas de solution pour vous. Vous risquez d'avoir des problèmes incommensurables avec ton père et avec l'université. Tout se sait dans ce campus Aïssatou !
_Moi: Ne m'embrouille pas plus que je ne le suis déjà.
_Sophia: Je dis que je retire mon conseil, fait comme avant s'il te plaît ne m'écoute pas !
_Moi: Non je vais le faire ! D'ailleurs j'y vais c'est l'heure.
Sans attendre une réponse, je me dirige vers l'étage où se trouve l'amphithéâtre.
Je rentre et me rends à ma place.
Une fois installée, je vois Mouhamed Dieng venir vers moi...
_ Mouhamed : Bonsoir chère Aïssatou, ravi de te revoir.
_Moi: Alors maintenant ce n'est plus simplement "Diop" ?
_Mouhamed: Non ! On a fait la paix non ? J'aime appeler mes amis par leurs prénoms.
_Moi: Hum ! Bonsoir Mouhamed ravie de te revoir également.
Il sourit alors de toutes ses dents en me regardant intensément.
_Mouhamed: Je te trouve magnifique !
Wow !
Ça devient vraiment bizarre...
_Moi: Merci beaucoup c'est adorable !
_ Mouhamed: Il paraît que nous faisons partie du même groupe pour l'exposé de groupe vendredi ?
J'avais presque oublié ! Bong sang !
_Moi: Oui effectivement ! Je vous distribuerai les thèmes à aborder à l'arrivé du professeur.
A peine ais-je fini ma phrase qu'on l'entendit franchir la porte d'entrée !
_Professeur Sall: Bonsoir chers étudiants !
_Mouhamed: On se retrouve après pour en parler ?
_ Professeur Sall: Monsieur Dieng vous pouvez prendre place s'il vous plaît ?
C'est alors que nous remarquons que tout le monde était déjà assiégé sauf lui qui se tenait en face de mon bureau.
_ Mouhamed: Oh excusez moi monsieur ! J'y vais Aïssatou. Dit-il en me faisant une caresse sur la tête avant de partir.
Mais qu'est-ce qui lui a pris wesh ?
J'entends alors tout le monde murmurer des choses à tort et à travers.
Le professeur me fixe intensément les yeux bouillonnant de colère.
Oh lah lah !
Je détourne la tête parce que trop troublé par ce regard qu'il me lance.
Un raclement de gorge fait revenir la salle dans le calme.
_ Professeur Sall: Bon, j'ai choisi un thème littéraire pour chaque groupe formé ! Mademoiselle Diop va vous les distribuer.
Quand je repose mon regard sur lui, il me fait un signe de la main pour que je vienne prendre la pile de feuilles sur la table.
Je m'exécute !
_Moi: J'ai désignée un responsable pour chaque groupe, et celui-ci fera la lecture du travail pour la semaine prochaine. Dis-je avant de commencer à distribuer ces feuilles constituant les noms et le thème pour chaque groupe.
_ Professeur Sall: Merci pour votre pragmatisme. Dit-il quand je termine.
Je retourne à ma place et le cours commence.
Nous avons parlé du livre "Le rouge et le noir" de Stendhal.
Monsieur relevait des passages et nous les commentons. Chacun donnait son avis comme un genre de débat ouvert, un cour vraiment animé.
A la fin de l'heure, tout le monde se dispersait un à un vidant ainsi l'amphithéâtre.
Je fis mine d'écrire quelque chose histoire de pouvoir être la dernière à partir car le professeur était encore assis.
Quand le champ fut libre, je range mes affaires et je me dirige vers lui.
_ Professeur Sall: Mademoiselle Diop avez vous besoin de quelque chose ? Demande t-il sèchement sans lever l'œil de ses documents.
Pff ! Il fait la tête on dirait...
_Moi: J'ai besoin de discuter avec vous sur un sujet privé. Pouvons-nous nous rendre dans votre bureau s'il vous plaît ?
_ Professeur Sall: Je ne vois pas quelle chose d'ordre privé aurions-nous à traiter tous les deux ! Réponds t-il sur le même ton toujours sans me regarder.
_ Moi: Babacar nous...
_ Professeur Sall: JE NE VOUS PERMET PAS DE ME TUTOYER SUR MON LIEU DE TRAVAIL. Me coupe t-il en se levant brusquement.
_Moi: DE QUEL DROIT ÉLÈVES TU LA VOIX SUR MOI ? Répondis-je emporté par le ton de la discussion.
_ Professeur Sall: MADEMOISELLE DIOP ATTENTION ! JE SUIS VOTRE PROFESSEUR ET VOUS DEVEZ ME TRAITER COMME TEL.
_ Moi: Ah oui c'est ce que tu veux ?
_ Bébé ! Mais qu'est-ce qui se passe ici, on t'entend crier depuis le couloir.
On se retourne vers la provenance de cette voix.
Une magnifique femme vient de passer la porte d'entrée !
Je suis bloquée sur le terme "bébé" qu'elle a utilisée.
_ Professeur Sall: Marianne ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Demande t-il surpris.
_Je suis venue te chercher pour qu'on sorte passer la soirée ensemble mon amour. Réponds t-elle en lui faisant la bise.
Mon amour ?
Mon cœur se serre, mes jambes faiblissent, et pendant quelques secondes j'ai l'impression que le sol sous mes pieds vient de s'ouvrir pour m'engloutir. "Bébé" "Mon amour". Ces mots résonnent dans ma tête comme des gifles. Je reste plantée là, incapable de détourner les yeux, le souffle court.
Une brûlure me monte à la gorge, mélange amer de colère et de désespoir. Alors quoi ? Tout ce qu'il y avait entre nous, ce n'était que du vent ? Ses regards insistants, ses mots prononcés à demi, cette tension qu'il créait volontairement entre nous... tout ça n'était qu'un jeu ? Comment a-t-il pu me laisser croire que j'étais spéciale, alors qu'il appartenait déjà à une autre ?
Je me sens ridicule, trahie, humiliée. Mon cœur bat à tout rompre, mais ce n'est pas de désir cette fois, c'est de rage contenue. J'ai envie de crier, de lui cracher à la figure que je ne suis pas une distraction qu'on jette après usage. J'ai envie de pleurer, de tout lâcher, de courir loin pour ne plus jamais croiser son regard.
Une partie de moi refuse d'y croire. Peut-être que cette femme ment, peut-être qu'elle n'est qu'une amie trop familière... Mais son sourire complice, sa main qui caresse son épaule, la douceur avec laquelle elle le nomme " Mon amour ", dissipent en un instant mes illusions.
Et moi qui étais venue ici pour parler, pour tout mettre à plat, pour officialiser ce que je croyais être une relation naissante... Quelle naïveté ! Lui, il avait déjà une vie bien rangée, une femme dans ses bras, et moi je n'étais qu'un passe-temps, une distraction volée entre deux cours.
La honte me ronge, la colère m'aveugle, et une tristesse profonde me déchire. J'ai la sensation d'avoir tout perdu, alors qu'en réalité... je n'ai jamais rien eu.
Un silence pesant s'installe, lourd, étouffant. Je sens ma poitrine se soulever à un rythme incontrôlable. Et puis, sans prévenir, un rire m'échappe. Un rire sec, cassé, presque étranglé. J'éclate d'un éclat nerveux, qui résonne dans toute la salle vide.
Ce n'est pas de la joie. C'est un rire amer, acide, un rire qui griffe la gorge. Chaque éclat est un coup de poignard contre tout ce que je croyais vrai. Mes yeux s'embuent de larmes mais je continue de rire, comme si ce bruit affreux était ma seule défense contre l'effondrement.
Je le vois, lui. Professeur Sall. Planté là, figé, le regard troublé. Il ne sait pas quoi faire, quoi dire. Son masque d'autorité s'effrite, et je lis dans ses yeux quelque chose qui ressemble à de la peur... ou de la honte.
Marianne, elle, me fixe, déconcertée. Ses sourcils se froncent, ses lèvres s'entrouvrent pour poser une question, mais mon rire la coupe. Elle cherche une explication, elle voudrait comprendre pourquoi une de ses étudiantes se tient là, secouée par une hilarité qui n'a rien d'innocent.
Je serre mes poings. Le rire meurt enfin, remplacé par un silence glacé. Ma voix tremble mais mes mots claquent, tranchants...
_ Est ce que ça va mademoiselle ? Demande t-elle intriguée.
_Moi: Alors c'est ça, professeur ? Voilà la vérité ?
Il baisse les yeux une seconde, comme s'il redoutait que je crie plus fort encore. Et moi, je me tiens droite, brisée mais fière, le regard brûlant de rancune.
_ Moi: Je vais très bien merci mademoiselle, votre robe est superbe. Passez une excellente soirée professeur !
Je quitte la pièce sans me retourner...

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