Soumission totale
Tandis que Giles poursuivait son exposé, répondant avec patience aux questions de Donan posait parfois, Faith se pencha vers Arwen, un peu inquiète. Elle avait cru percevoir, fugacement, un peu d’agacement après sa dernière plaisanterie.
- Dis Princesse… demanda-t-elle à voix presque timide. T’es pas fâchée, hein ?
- Comment veux-tu que je sois fâchée contre toi ? Ca m’est absolument impossible répondit Arwen.... C’est vrai j’ai été un peu gênée d’entendre parler devant tout le monde de nos moments… le plus intimes. Mais, reste comme tu es, c’est comme ça que je t’aime…
Faith sourit, émue.
- J’suis tellement heureuse que j’ai envie que tout le monde le sache. Et puis… j’aime bien choquer un peu les autres. Et surtout te faire rosir les pommettes.
- Quelle sale gamine, murmura Arwen en l’embrassant passionnément.
Spike observait la scène, écœuré, mais il se garda prudemment de toute remarque.
À ce moment-là, Cordelia claqua des doigts pour attirer son attention.
- Je suis à sec !
Spike fulmina intérieurement. Il dû faire un effort surhumain – d’autant plus difficile lorsque l’on n’est pas humain – pour ne pas laisser apparaitre son faciès d’attaque. Il savait que cela aurait été une très, très mauvaise idée. Il resservit Cordelia avec une grimace qui se voulait, peut-être, un sourire. Dans son esprit, il imaginait avec gourmandise tous les sévices qu’il aimerait lui faire subir avant de l’offrir aux appétits sexuels, et parfois cannibales, de certains démons qu’il connaissait bien.
- N’y pense même pas, lança Arwen d’un ton badin, sans même le regarder, n’écartant sa bouche de celle de Faith que le temps de ces quelques mots.
Spike se figea.
- Zut, se dit-il. Elle lit vraiment dans mes pensées.
A regret, après un dernier baiser torride, Arwen se tourna vers Spike.
- Viens t’asseoir, maintenant. Assure-toi d’abord que tout le monde est servi. Nous avons des choses sérieuses à discuter.
- Sérieuses comment ? demanda Spike, masquant son exaspération.
Arwen lui sourit. Toujours aussi charmante. Toujours aussi inquiétante.
- Par exemple… de tes chances de survivre à cette exquise réception. Où, grâce à mes conseils, tu t’es montré, reconnaissons-le, un hôte tout à fait acceptable.
Spike, dompté, ravala une réplique et s’exécuta. Il resservit Giles qui lui tendait son verre l’air parfaitement satisfait, puis alla s’asseoir restant cependant à une distance prudente d’Arwen. Elle le dévisagea longuement avant de parler.
- Je crains bien que tu n’aies de très gros ennuis.
- Sans vouloir te vexer, répondit-il tu tac au tac, tu représentes à peu près quatre-vingt-dix-neuf pour cent de mes ennuis actuels.
Arwen sourit.
- À mon grand regret, façon de parler, je crains que tu n’en aies d’autres.
Spike haussa les épaules.
- Tu parles de ces démons répugnants qui ont tenté de m’attaquer juste avant que toi et ta bande ne débouliez ?
- C’est bien ça. Sais-tu de quoi il s’agit ?
- Non, aucune idée, des genres de démons, je suppose reprit Spike. Mais je leur ai réglé leur compte. Pas de quoi m’inquiéter.
Arwen hocha lentement la tête.
- Ce ne sont pas des démons.
- Tant mieux, répondit Spike. C’est plutôt rassurant.
Arwen eut un petit rire.
- Tu considères vraiment comme une bonne nouvelle d’avoir été attaqué par des éclaireurs de l’armée de Sauron ?
Spike marqua un temps.
- … Sauron ?
Giles intervint calmement :
- Ce sont des Uruk-Hai, ses troupes de choc. Autrefois créé par Saroumane, le sorcier de l’Isengard.
Spike ne put blêmir — il était déjà blême par nature — mais son visage se crispa nettement. Il accusait le coup.
- Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour que Sauron m’en veuille ? demanda-t-il, presque plaintif.
Arwen pencha légèrement la tête.
- Justement. C’est ce que je veux savoir…
Spike hésita, puis soupira.
- Je ne sais si ça a un lien mais deux de ces créatures sont venues me voir au cimetière. Je les ai prises pour des démons. Elles voulaient que je transforme une dizaine des leurs en vampires. La récompense était… conséquente. Payable d’avance. En or.
Buffy sentit son estomac se nouer. Des Uruk-Hai vampires, c’était au-delà du cauchemar le plus cauchemardesque !
- Dis-moi que tu n’as pas fait ça.
- Non, répondit Spike. J’ai pris l’or… et je me suis planqué ici.
Arwen hocha la tête.
- Je te croyais capable de tout pour de l’or, Guillaume. Tu t’es engagé dans les SS pendant la guerre et tu as réussi à rouler Himmler lui-même… ça a d'ailleurs failli te couter très cher... tu es passé près de finir en sujet d'expérimentation... mais je dois reconnaître que là, tu m’impressionnes. Escroquer Sauron, il fallait oser.
Spike grimaça.
- Si j’avais su que c’était lui, je ne m’y serais jamais risqué tu penses bien. À côté de Sauron, Himmler était un sympathique animateur de village de vacances.
Arwen reprit, plus grave :
- Maintenant, les choses sont simples. Soit tu te ranges sous mes ordres. Soit tu attends que Sauron s’occupe de toi.
Elle décrivit avec force détails ce que les sbires de Sauron avaient pour habitude de faire subir aux ennemis de leur maître.
Giles intervint d’un ton posé :
- À mon avis, si j’en crois certains écrits anciens, Arwen a largement adouci la réalité.
Spike avala sa salive. Il se sentait très mal… mais se dit qu’il lui restait peut-être une carte à jouer.
- Et qu’est-ce que j’y gagne ? demanda-t-il prudemment.
- Tu sauves ta non-vie, répondit Arwen, c’est déjà beaucoup. Et je précise : je ne te propose pas une alliance. J’exige une soumission absolue de ta part.
Spike comprenait qu’il n’avait pas le choix. Mais il tenta quand même :
- J’espérais… que tu pourrais me rendre la bague d’Amara en récompense.
Arwen ouvrit de grands yeux.
- Non mais tu rêves ! Je préférerais te donner les codes de l’arsenal nucléaire des États-Unis que de confier un artefact d’invulnérabilité au pire tueur psychopathe que je n’aie jamais rencontré.
Spike croyant un instant à une proposition releva la tête, soudain intéressé.
- Sérieux ?
Donan se raidit, prêt à hurler. Il ne savait pas comment il pourrait empêcher une telle folie mais il fallait qu’il l’empêche !
- Non mais tu es encore plus dingue que je ne le pensais. Tu imagines une seule seconde que j’étais sérieuse, reprit Arwen. En revanche… si tu me satisfais pleinement, un peu d’or pourrait sortir de mon coffre.
Spike esquissa un sourire égrillard.
- Je me ferai un plaisir de te satisfaire.
Arwen vit Faith échanger un regard entendu avec Cordelia. Les deux jeunes femmes pouffèrent. Elle comprit l’allusion…
La gifle elfique fut si violente que Spike eut l’impression que sa mâchoire allait se décrocher.
- La prochaine fois que tu auras des fantasmes répugnants à mon sujet, lança Arwen froidement, je te rendrai définitivement incapable de les réaliser en te coupant une certaine chose…
- Je peux aider, proposa Faith. Mais franchement, je le trouve plutôt marrant.
Arwen la serra contre elle.
- Beaucoup de qualificatifs peuvent s’appliquer à Spike. “Marrant” n’aurait jamais été dans ma liste. Tu es insupportable…
Elle l’embrassa tendrement.
- … mais je t’adore.

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