Chapitre 4 - Des amis ordinaires

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Dans ses rêves, Imahi revivait les scènes qui l’avaient conduite jusqu’au point de rupture.

Ces visions se fragmentaient parfois, débutant par la fin ou se tissant autour d’un doute persistant.

Son corps réagissait malgré elle : ses muscles se crispaient sous la violence de l’énergie onirique.

Heureusement, les deux chats veillaient désormais à ses côtés, adoucissant l’insupportable de ses nuits. Les rendant plus apaisantes.

Imahi ouvrit les yeux lentement voyant la silhouette des chats près d’elle a son réveil. Il faisait encore tard dehors. Le soleil n'était pas encore levé.

  • Ça fait du bien. Et je vous comprends.

Sa voix se fit plus douce, observant les chats.

  • J’étais un petit chaton, avant tout ça.

Elle baissa les yeux, s’étirant doucement les membres du corps.

  • J’avais presque oublié ce que les humains appellent l’accompagnement.

La petite femelle fixa Imahi du regard et on voyait qu’elle souhaitait lui dire quelque chose, ce qui la perturba, sur le coup.

  • Merci de m’avoir débarrassé de ces nœuds. Imahi, nous t’entends. Nous te comprenons, communica la petite femelle via la pensée.
  • Comment est-ce possible que vous m’entendiez ?

Un sourire incrédule.

  • Vous êtes des chats ordinaires, pourtant… non ?, demanda Imahi.
  • Oui. En apparence, nous sommes ordinaires, comme tu peux le voir, ajusta la petite femelle.

Son regard resta tranquille.

  • La magie que tu portes en toi te permet de communiquer uniquement avec les chats.
  • Oui, comme dit ma sœur, nous sommes peut-être ordinaires mais nous savions que tu étais pas comme les autres humains, compléta le mâle.

La petite femelle s’approcha d’Imahi pour un gros câlin. Puis le mâle suivit aussi.

  • Nous te remercions de ne pas avoir été indifférent à nous. D’habitude les humains font une caresse puis passent leur chemin, expliqua le mâle.
  • On te remercie sincèrement de nous avoir accueillis ici, souligna la petite femelle.
  • J’ai peut être pas beaucoup d’espace et pas grand chose à donner. On se baladera un peu dans les rues demain si vous le souhaitez, répondit chaleureusement Imahi.

Imahi se rendormit aussitôt dans le lit avec ses deux compagnons couchés aux alentours.

Une faible lueur du soleil la sortit de son sommeil, le jour commença dehors et Imahi se réveilla doucement. Elle se leva et prit une tasse entamée sur la table de nuit posée la veille pour le thé. Elle se leva du lit, vida le contenu et remplaça avec du lait et du cacao frais. Un petit milkshake du matin. Imahi remplissa les bols d’eau et les gamelles des deux chats.

  • Je ne me suis pas vraiment faite à l’idée de manger cette nourriture… ça n’a pas très bon goût.

Elle grimaça légèrement.

  • Je vais voir pour vous préparer des plats qu’on pourra partager ensemble.

Un sourire se dessina sur son visage en distribuant les bols.

  • Je suppose que vous avez un prénom, aussi ?, demanda Imahi.
  • Oui, je m’appelle Sumira, répondit la petite femelle.
  • Et moi, Taoki. Mais tu peux aussi ajouter “Prince” devant si tu le souhaite !, ricana subtilement Taoki.
  • Quel vantard !

Un sourire en coin s’afficha sur les lèvres d’Imahi.

  • Taoki suffira, je crois, fit Imahi accompagné d’un clin d'œil.

Elle tourna légèrement la cuillère d’un air médusé dans sa tasse fraîchement sortie du micro-onde.

Elle avala une gorgée puis posa fermement la tasse sur la table.

  • Finalement, les choses humaines ne sont pas si mauvaises !

Un sourire en coin s’étira sur son visage.

  • Même si, apparemment, certaines ne seraient pas bonnes pour vous.
  • C’est vrai. Mais certaines choses qu’on nous donne ne sont pas forcément bonnes pour nous aussi, les chats, dit Taoki d’une voix douce mais ferme.
  • Oui, c’est vrai !, s’exprima joyeusement Sumira.
  • Sumira, voudrais-tu que je te porte ? Je vois qu’il te manque une patte arrière ?, demanda Imahi, un peu inquiète.
  • Oui, c’est depuis ma naissance. Je m’y suis faite. Certes j’ai des obstacles par moment mais je te ferais savoir si j’ai besoin d’aide !, dit Sumira.
  • On va se préparer et on sort après ?, proposa Imahi.
  • Oui mais j’ai une question, lança Taoki.
  • Dis moi, je t’écoute, répondit Imahi en cherchant ses vêtements pour sortir.
  • Comment as-tu eu cet appartement ? se questionna Taoki.
  • Ça fait un moment que je vis ici, je loue l’appartement.

Elle enfila sa veste.

  • Avec la perte de mon travail, j’ai failli tout perdre.

Elle haussa les épaules brièvement.

  • J’aurais pu m’adapter, mais manger serait devenu plus compliqué, s’exclama Imahi d’un ton plus sec.
  • D’accord et toutes ces choses dans ton appartement, tu les as fait toi-même ?, demanda Taoki.
  • Oui. J’ai dû m’adapter quand j’ai vécu ma métaphorisation partielle.

Elle ajusta ce qu’elle portait.

  • J’ai appris à adopter des habitudes humaines pour me faire une place dans ce monde humain, afin d’obtenir cet appartement.

Un léger sourire lui revint.

  • Je bricole parfois avec des objets de récupération. J’ai observé beaucoup d’humains, essayé de comprendre comment utiliser leurs outils… comment survivre.

Elle haussa les épaules de manière subtile.

  • J’écris d’ailleurs assez mal. Les humains appellent ça des “pattes de mouche”.

Un sourire en coin s’afficha sur son visage.

  • Moi, je dirais plutôt des pattes de chat, répondit d’un air taquin.
  • Ça force le respect au sujet de ton adaptation !, salua Taoki.
  • Merci, petit prince !, répondit de pleine voix Imahi.

Elle fit d’un clin d'œil et un petit sourire se dessina.

  • Imahi, je voulais savoir d'où viennent tes vêtements ? Tu n’as pas trop chaud avec ces choses-là ?, se posa Sumira comme question.
  • Maintenant que tu le dis, c’est vrai que je ne m’en rendais plus vraiment compte.

Elle jeta un coup d’œil à ses vêtements.

  • Mais comme je te l’ai dit, je me suis adaptée à ma nouvelle morphologie.

Un léger sourire joyeux parcourut ses lèvres.

  • J’ai parfois un peu plus froid que vous.

Elle secoua ses vêtements délicatement.

  • Alors avec les vêtements que j’ai récupérés, je me suis fabriqué des tenues un peu plus originales.
  • Ils sont beaux en tout cas ! J’aime beaucoup la texture de celui du haut. J’avoue que c’est bien chaud qu’on est posé dessus, souligna Sumira.
  • Oui, c’est moi qui l’ai fait, pendant un stage obligatoire, poursuivit Imahi.

Un sourire franc apparaissa.

  • Un hoodie oversize, signé Imahi Sumaq !, s’exclama Imahi avec fierté.

Elle observa les couleurs avec satisfaction.

  • J’aime ce qu’elles reflètent. Et puis, avoue… ça rend le tout plus vivant, non ?, demanda Imahi.
  • J’aime bien !, s’illumina Sumira
  • Je file encore vite des chaussures, j’ai eu beaucoup de mal à m'adapter mais ça protège le pied, faut se le dire. Mais par moment j’aime aussi marcher pieds nus dans l'herbe quand je le peux !, complèta Imahi.
  • J’ai toujours eu un peu du mal à cerner les humains avec leurs drôles d’habitudes à ce niveau là, rétorqua Taoki.
  • Effectivement, mais bon je ne les portent que quand je dois vraiment sortir longtemps sinon je reste pieds nus, souligne Imahi d’une voix avec un peu plus de retenue.

Imahi prend ses chaussures et puis la troupe se dirige vers la porte de sortie. Imahi prend un encas avec elle.

Clic-clic. Un, puis deux tours, voilà que la porte de l’appartement se ferme.

Ils empruntent le chemin vers les bois, loin de la ville. Loin des humains.

Cela faisait déjà un moment qu’ils étaient partis. Une pause de marche s’imposa et Imahi s’asseya sur le banc pour se dégourdir les pieds.

  • As-tu déjà eu l’idée de te re-transformer en chat depuis ?, demanda Taoki d’une voix intriguée.
  • Disons que par moment je le fais mais ici j’avais envie de rester un peu dans mon mode hybride. Il y a parfois des gens de mauvaise intention qui cherchent à chasser les chats. C’est volontaire. Et je suis de ce fait obligée de rester sous cette forme là pour me défendre, sinon ils ne me laissent pas tranquilles, expliqua Imahi d’une voix un peu agacée.

Imahi repensa à ces moments durs qu’elle avait vécu durant ses adaptations de métamorphose. De ces regards noirs de haine et de stupidité.

  • Effectivement, je saisis, répondit Taoki.
  • Tu es vraiment bête, parfois avec tes questions, Taoki, rétorqua Sumira d’une voix énervée.
  • Pourquoi ?, se demanda Taoki surpris.
  • Tu lui as rappelé de mauvais souvenirs… Regarde là !, s’exprima Sumira en regardant Imahi.
  • Je suis navré, ce n'était pas mon intention mais plutôt ma curiosité qui m'a piqué, s’excusa Taoki.
  • Est ce que ça va Imahi ?, demanda timidement Sumira d’un air inquiet.

Sumira s’approcha d’Imahi montant sur ses genoux. Imahi reposa sa main tremblante près d’elle faisant comprendre rapidement à Sumira que cela lui bouleversa le cœur.

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