Chapitre 24 - Des ressemblances

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Imahi se leva en premier, encore secouée de la veille et de la route.

  • Salut…
  • Bonjour, jeune dame, répondit Sairu.
  • Imahi, vous êtes revenues ! s’exclama Sumira !
  • On attendu pendant un long moment à l’entrée mais Sairu nous a conseillé d’aller dormir et qu’il allait prendre la relève, expliqua Taoki.
  • Je vois. Oui, c’était très long je me suis endormie sur le trajet du retour.”
  • J’ai vu que tu étais encore bien secoué… ça a l’air d’aller un peu mieux. Que s’est-il passé à Stuttgart ? demanda Sairu.
  • Dorian nous a piégé dans une vieille usine d’armement de NOCTIS. Sam est malheureusement mort sur place. Gwen était hors d’elle.
  • Je vois que tu as sû mieux te concentrer durant ce combat. J’ai senti ton énergie jusqu’ici ! s’exprima Sairu.
  • Serene m’a touché une fois au niveau de la zone scapulaire. Je pensais y rester sur le moment mais j’ai senti quelque chose d’autre aussi comme une caresse quand la plaie s’est résorbée.
  • Je vois. Tu as sûrement dû sentir l’énergie de ton clan en toi. Certains d’entre eux étaient aussi de bons guérisseurs. Ça expliquerait que ta plaie se soit refermée, observa Sairu.
  • Gwen m’a dit que Dorian s’était encore échappé…
  • Tu as mis Serene hors d'état de nuire. Ce n’est pas rien ! souligna Sairu.
  • Tu crois que j’aurais pû guérir Sam sur place ? Il avait l’air bien amoché en tout cas…
  • Hélas, il est dit que les Veshaïs ne peuvent pas guérir les blessures humaines comme le feraient des guérisseurs humains, continua-t-il.
  • Hm, oui…
  • Vous avez été courageuses, les filles.
  • Merci…

Gwen arrive dans la pièce, vaseuse et d’une moue triste.

  • J’ai pu récupérer un truc dans la poche de Sam. Une note avec des coordonnées géographiques.

Elle étala la note tacheté de quelques gouttelettes de sang :

Latitude : 50.3319 N

Longitude : 6.3336 E

  • Ce sont des coordonnées géographiques d’un lieu. Je vais les entrer dans maps. Manderfeld !
  • Manderfeld ? Ça sonne un peu allemand, non ? se demanda Imahi.
  • Non, c’est bien en Belgique. Pourquoi Sam aurait mentionné Manderfeld. Ça doit avoir un lien avec son passé. Je suggère qu’on aille voir dès que l’on pourra.
  • Oui, je te suis. Tu veux y aller aujourd’hui ?
  • Je me laisse quelques jours de répit. Sa disparition me laisse un trou béant dans le cœur. D’abord ma maison et maintenant lui…
  • Pas de souci, je comprends…
  • Faudrait que j’aille chez le coiffeur mes cheveux deviennent trop longs. Tu as prévu quoi aujourd’hui, petit chat ?
  • Je dois aller voir Éliane. Après je ne sais pas trop…
  • C’est vrai, j’avais oublié. Tu veux que je t’accompagne ?
  • Comme tu veux.
  • Je vais venir avec, dans ce cas, ça me changera les idées…
  • Je peux vous accompagner ? demanda Sumira.
  • Je pense que je vais continuer ma sieste, moi… répondit Taoki.

Sairu cligna des yeux malicieusement.

  • Oui, on ira après notre encas, répondit Imahi.

Gwen rira légèrement et tapota l'épaule d’Imahi de manière douce.

Elle se leva de sa chaise et débarassa la table. Imahi venait à peine de finir et montra un signe un peu agité.

Imahi et Gwen se préparèrent pour la journée. Sumira les regarda avec des yeux d’émerveillement.

  • Les filles, vous êtes prêtes ? demanda Imahi.
  • On arrive ! s’exclama Sumira.

Gwen prit Sumira dans ses bras pour lui faire un gros câlin et elle ronronna de bonheur.

Elles descendirent les escaliers ensemble, Imahi devant et Gwen qui suit avec Sumira sur ses épaules.

Éliane était chez elle. Imahi toqua à la porte et la vieille dame lui ouvrit.

  • Venez donc, jeunes gens. Entrez.

Éliane proposa aux filles de s’asseoir et Sumira sauta sur les genoux de Gwen.

Imahi posa le bracelet qu’Éliane lui avait offert ainsi que le sien sur la table et expliqua à celle-ci ce qu’elle avait vu sur les bracelets.

  • J’ai vu un emblème partiellement gravé sur l’un des éléments du bracelet, pourriez-vous m’expliquer comment il est arrivé là ? J’ai remarqué le même sur mien.
  • Je suis heureuse que tu me poses cette question, jeune fille. Il y a fort longtemps, j’avais une autre vie. Elle était remplie de bonnes choses et de choix qui ne laissaient pas de place au pardon. J’ai quitté ce monde en croyant que l’oubli serait une protection. Je n’ai jamais cessé d’en porter le poids…
  • Attends… vous voulez dire…

Des larmes commencèrent à couler des yeux d’Imahi.

  • Petit chat… qu’est ce qu'il y a ? demanda Gwen inquiète.
  • ...Que vous êtes la grand-mère d’Imahi ?! Une Veshaï - une vraie Ysaën Saëm !? on pensait que ce rang n’existait plus ! s’étonna Sumira.
  • Doux Gaby, je ne comprends plus rien ! s’écria Gwen.

Imahi s’essuya les larmes retirant brièvement ses lunettes et se retourna vers Gwen.

  • Dans le monde des messagers spirituels, il existe plusieurs termes pour la hiérarchie. Le terme global est “Veshaï”. Parmi eux et d’après ce que Sairu m’a enseigné, tu y retrouves des clans : ceux des “Sumaq”, “Nemuru”, “Korya”, “Vaerûn” et le dernier “Aelyr”. Il en existe d’autres mais ceux-là sont les plus connus. Ensuite tu as les classes de rang : Combattant, visionnaire, Guérisseur et chaman.
  • …Par âge : Néraï : Naissance à chaton - Elvar : Adolescence - Toraï : adulte - Ysaën : seniore ! continua Sumira.
  • Oui. Les classes sont représentées de cette façon pour les Combattant :: Apprenti : Torûn - Intermédiaire : Khaën - Ultime : Shaora…, souligna Éliane.

Elle prit une gorgée de thé et continua ses explications.

  • Tu as les guérisseurs :: Apprenti : Aemra - Intermédiaire : Veyūn - Ultime : Saëm…
  • …La classe des visionnaires :: Apprenti : Nyraï - Intermédiaire : Khaïr - Ultime : Élyr…, compléta Imahi.
  • La dernière classe regroupe celle des chamans :: Apprenti : Irua - Intermédiaire : Tharu - Ultime : Eruan…, finit Éliane.
  • Si tu veux un exemple…-, dit Imahi en cherchant.
  • Pour exemple, moi, je suis une Elvar Nyraï ! Et Taoki aussi ! expliqua Sumira.
  • Et Sairu est Chaman ! Donc…, déclara Imahi.
  • ... Donc Ysaën Eruan ? compléta Gwen.
  • Voilà ! sourit Imahi.
  • ça en fait des informations ! s’exclama Gwen.
  • Oui et c’est pas fini mais on t’as donné les choses les plus importantes… , reprit Imahi d’une voix douce.
  • Je dois dire qu’Imahi n’a pas oublié d’où elle venait après tout ce temps… ça me fait du baume au coeur… , s’exprima Éliane.
  • Disons que Sairu n’a pas arrêté de la bassiner avec ces choses-là ! plaisanta Sumira.

Tout le monde se mit à rire et Imahi à se cacher sous son couvre-chef… .

  • Mais dites-moi comment cela se fait-il que vous soyez humaine ? se demanda Sumira.
  • J’ai fui…, mon enfant j’ai fui… . Les choses dans le monde des veshaïs n’était plus ce qu’il était… paisible et calme. Les veshaïs aimaient sortir lors des fêtes spirituelles, ils donnèrent compassion et réconfort aux humains. L’Onri circulait de sa plus belle effervescence, ces jours- là. C’était l’équilibre absolu. Il faut savoir que les veshaïs se nourrissaient de l’onri pour se recharger, se recueillir… mais si tu ne faisais pas attention, le lien pouvait se rompre et les veshaïs rompus qu’on appelait aussi “Aphaën” s'exilent ou étaient bannis selon leur dangerosité…
  • Moraï est un Aphaën, non ? questionna Imahi.
  • Je ne peux pas te le dire, mon enfant. Je suis partie bien avant tout ça…
  • Faudrait que Sairu et Taoki viennent ici… ! Ils font en faire une de ces têtes ! soupira Sumira.
  • Je peux aller les chercher si vous voulez… répondit Gwen timidement.
  • T’inquiète je vais le faire, reste ici, déclara Imahi.

Imahi se leva et sortit de l’appartement d’Éliane en montant les escaliers jusqu'à son appartement.

  • Taoki ! Sairu ! Venez nous rejoindre, les gars… !
  • On arrive, jeune femme ! s’écria Sairu.
  • On est juste en bas avec Éliane ! répliqua Imahi.
  • Éliane… Éliane… ça me dit quelque chose…, murmura Sairu.

Taoki arriva et s’étira lentement.

  • Elle ne serait pas une Veshaï à tout hasard ? lui demanda-t-il.
  • Oui ! C’est ma grand-mère !

Sairu écarquilla les yeux de manière très étonné, comme s’il avait vu un fantôme.

Il s’avança plus rapidement que les deux autres compères et rejoignit les autres filles assis chez Éliane à table.

  • Sairu ?! s’étonna Éliane.
  • Eshra ! cria Sairu.
  • Attends tu connaissais déjà l'existence de ma grand-mère ?! Sairu !
  • J’ai aidé ta grand-mère à s’exiler dans le monde des humains quand le père de Moraï, Maor, a voulu fermer les portails vers le monde humain. Il avait commencé à supprimer les chamans de tous les clans Veshaï… Je fais partie des derniers à connaître les formules pour ouvrir les portails vers ce monde.

  • Son fils a poursuivi l'œuvre de son père de ce que je vois…bien dommage pour un garçon aussi brillant…
  • Oui, il voulait bannir tous les clans sans exception. Je ne peux plus retourner dans le monde des Veshaïs peur d’être retrouvé par Moraï… argumenta Sairu.
  • Tu m’avais aussi dit qu’il avait signé un pacte avec le diable…, soupira Imahi.
  • Oui, mais c’est plus compliqué que ça. Moraï est à la tête du conseil des veshaïs. D’après ce qu’on m’a dit, il souhaite supprimer définitivement tous les veshaï, y compris toi, Imahi…, souligna-t-il d’une voix claire.
  • Heureusement qu’elle a nous…, murmura Sumira.
  • Nous sommes peut-être que des apprentis visionnaires mais nos sens ne nous ont jamais trompés jusqu’à maintenant. On sera a tes coté Imahi ! s’exclama Taoki.
  • Il faut que tu saches une chose sur ta mère Imahi… elle devait se joindre à moi, le jour de sa disparition, en traversant le portail de Sairu… elle t'aimait vraiment…, dit Éliane.
  • C’est juste dingue, moi qui pensait qu’il existait que des chats ordinaires ! s’étonna Gwen.
  • On fera alors le nécessaire pour faire tomber Moraï ! proclama Imahi.

Elle leva sa coupe de thé et cligna de l'œil vers Gwen, souriant avec assurance.

Nos amis finirent leur soirée chez Éliane. Sairu resta auprès d’elle pour échanger sur le passé et les souvenirs. Taoki et Sumira restent avec les deux sages, les écoutant raconter leurs histoires.

  • Je vais monter, je pense. merci à vous tous pour cette magnifique soirée d’échange. Cela m’a fait du bien ! dit Imahi.
  • Repose toi bien, Imahi, répondit Éliane.
  • Je vais te suivre, je crois. Merci Madame Roselune pour votre accueil ! formula Gwen.

Imahi prit ses lunettes et ses affaires et quitta l’appartement avec les deux bracelets à son poignet. Gwen la suivit dans les escaliers.

  • C’est juste dingue comment les choses peuvent parfois s’enchaîner.
  • Oui, c’est déroutant…

Gwen lui fait un gros câlin et Imahi ronronna doucement sans le vouloir.

  • Tu veux qu’on aille dormir ou tu veux encore faire quelque chose ?
  • Je veux bien faire une séance de jeux sur ta console avec toi !

Imahi fit une grimace légère et prit les manettes en mains.

  • Je crois que les piles sont vides, je vais voir si j’ai quelque chose pour les remplacer, s’excusa Imahi.
  • Ça marche !

Elle ouvre un tiroir rempli de bricoles en tout genre et finit par trouver un paquet de piles neuves encore emballé.

  • Vas-y je te le lance. Réflexe ?
  • Mais euh !

Imahi rit nerveusement et le donna en main propre à Gwen.

  • Je plaisantais un peu. Jamais je ne l'aurai lancé !
  • C’est ça, oui…

Gwen fit de l'œil à Imahi et finit en fou rire.

Les deux femmes lancèrent une partie de jeu sur la console, finissant la soirée en douceur.

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