Ce que tu as fait de moi

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Liami regarda le couteau qu'il tenait à la main. Il en devinait les contours dans la pénombre de la pièce. Le sang perlait de la lame et goutait au sol, salissant la moquette de l'appartement.

"C'est de ta faute. Tout est de ta faute. Murmura t'il. Tu entends ? Tout est de ta faute !"

Il releva lentement la tête et regarda le cadavre gisant à côté d'un canapé de velours. Il s'agissait d'un homme, trentenaire, avec des cheveux bruns et une expression de profonde terreur sur le visage.

Une heure auparavant

Liami était rentré dans l'appartement de son père, le plus discrètement possible. Il avait déposé son sac dans l'entrée et il était entré dans la salle de bain. Ôtant son maillot, il observa les bleus qui parcouraient son corps.

Il devait avoir 15 ans, il avait les yeux bleus et un visage très maigre. La seule chose chez lui qui le différenciait de son père était ses cheveux noirs, qu'il avait hérité de sa mère.

Elle était morte dans un accident de voiture, il y a environ 2 ans, et le père de Liami en avait été tellement affecté qu'il ne supportait plus la moindre référence à sa femme.

C'est pour cela qu'il haïssait son fils, dont les cheveux lui rappelait sa défunte épouse.

Il sortit sa trousse de secours et prit une pommade pour ses coups.

Il commença à étaler la crème sur ses bras. Le baume était froid et il ranimait légèrement la douleur de ses blessures.

Quand il eut fini, il alla à la cuisine et commença à préparer le repas, comme d'habitude. Au bout d'un moment son père entra.

"Bonjour, père."

Liami avait prononcé ces mots d'une voix morne, sans regarder son tortionnaire. Son père ne répondit pas. Liami continuait à cuisiner. Un silence s'installa. On entendait que l'eau que le jeune garçon faisait couler dans une casserole.

Les volets étaient fermés et la seule source de lumière appartenait à l'ampoule clignotante de la pièce. C'est à ce moment-là que son père prit la parole :

"Je ne t'avais pas dit de changer l'ampoule, bon à rien ?"

Son ton était menaçant. Liami réfléchit à toute vitesse. Peu importe ce qu'il allait dire, son père le tabasserait. Son cerveau fût gagné par la peur. Son père se leva de son fauteuil et s'avança de son fils, à la manière d'un prédateur.

Liami voulut fuir, mais son père lui bloqua le passage. L'homme lui donna un énorme coup de poing dans le ventre. Liami s'envola à l'autre bout de la pièce. Il se mit à genoux en crachant du sang. Son père le gifla et il tomba, face contre terre. Sa tête lui faisait mal, tout son corps était tendu et sa vue se troublait. Son père commença à le bombarder de coups de pieds et de poing, tout en l'insultant. Liami sentait ses blessures se rouvrir et ses bleus lui faisait terriblement mal.

"Que faire ?" se demanda-t-il, mais son cerveau le faisait trop souffrir pour réfléchir convenablement.

Son père recula pour reprendre son souffle et Liami se releva péniblement. Il s'appuya sur le vaisselier et sentit quelque chose de métallique sous sa main. Il regarda ce que c'était et vit le hachoir à viande.

Il repensa à tout ce que son père lui avait fait subir et une rage désespérer s'empara de lui. Il prit le couteau et entendit comme une petite voix dans sa tête :

"Il le mérite. Il faut que tu le fasses." lui intimait la voix.

Comme hypnotisé, il leva le couteau et regarda son père :

"Tu as raison. Murmura le garçon. Il le mérite. Il doit souffrir comme j'ai souffert."

Son père le regardait avec terreur, comprenant ce que son fils comptait faire. Il tenta de s'échapper mais Liami lui sauta dessus et lui enfonça le couteau dans le cœur. Le sang gicla sur le visage du jeune homme.

Quand il recula du corps sans vie de son père, il ne comprit pas tout de suite ce qui venait de se passer.

C'est seulement quand il comprit qu'il sourit et murmura :

"Regarde ce que tu as fait de moi. Un meurtrier. Mais bon c'est de ta faute. Tout est de ta faute. Tu entends ? Tout est de ta faute !"

Un peu plus tard la police, prévenue par des voisins qui s'inquiétait du bruit, arriva et découvrit le corps du père. L'enquête permit de certifier que Liami était le tueur. Mais il semblait avoir disparu de la ville.

Son corps fût retrouvé une semaine plus tard, flottant dans le canal de la ville. La conclusion des policiers étaient qu'il s'était suicidé car il avait été pris de remords.

Mais, dans la poche de sa veste, on avait retrouvé une lettre, dans une pochette plastique. Il s'agissait de ses derniers mots :

"Tu as vu ce qu'il a fait de moi, maman. Mais j'arrive, ne t'inquiète pas"

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