Chapitre 12 : Silence

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Sept heures. Les cloches retentirent d’un bout à l’autre du Quadrant. Trois appels, espacés de trois minutes, leur cadence s’intensifiant à chaque reprise. Nul ne pouvait manquer le réveil, pas même les insomniaques qui venaient tout juste de se réconcilier avec le sommeil. Rayna se tourna dans le lit. La lueur de l’aube filtrait à travers ses cils blancs. Elle les entrouvrit à peine, ses paupières encore lourdes de fatigue, et son corps trouva naturellement celui d’Azriel. La tiédeur de son souffle et la chaleur de ses bras la maintenaient dans un état de somnolence agréable, son esprit suspendu entre le rêve et l’éveil.

Le Bastion s’éveillait lui aussi. Une drôle de journée attendait les agents de Corvus. Les rumeurs circulaient déjà parmi les aspirants qui avaient reçu l’ordre de rester dans leurs quartiers. Des éclats de voix brisèrent le silence de la cour. Le ton montait entre les boucliers de l’Airain et les dagues de Corvus qui exigeaient des explications quant à ce traitement honteux. Rayna soupira. On ne pouvait pas mettre une volée de corbeaux en cage sans s’attendre à des croassements de protestation.

— Tu es réveillée ? demanda Azriel, un sourire tendre aux lèvres.

— J’aurais aimé pouvoir dormir plus longtemps, mais ils font un boucan à réveiller les golems, grommela-t-elle en enfouissant sa tête dans l’oreiller.

— Je peux régler ça, répondit l’archimage, amusé par l’air grognon de son amie.

Il se redressa pour tracer une série de glyphes du bout des doigts. Prenant forme dans les airs, les lettres lumineuses s’imprimèrent sur les murs. Il murmura une brève incantation et le bruit cessa d’un coup, la bulle de silence les coupant du monde.

— J’utilise souvent cette technique quand j’ai besoin de travailler tranquillement sans avoir à supporter les braillements des novices, expliqua Azriel qui ne pouvait s’empêcher de commenter chacune de ses prouesses magiques.

— Tu as donc transformé ma chambre en salle de silence.

— De rien.

Rayna étouffa un rire.

— Tu sais qu’on ne peut pas rester ici éternellement ? Il va falloir affronter la réalité, aussi bruyante soit-elle.

— Juste une heure. Après tout ce que tu as traversé ces derniers jours, personne ne t’en voudra de t’accorder un peu de repos supplémentaire.

— Je n’ai plus vraiment sommeil.

— Ce n’est pas pour ça que tu dois remettre ton uniforme tout de suite. Reste un peu au lit avec moi.

L’éclaireuse chercha le regard de l’elfe. Elle n’y lut rien d’autre qu’une sollicitude sincère. Pourtant, elle percevait une hésitation que ses iris vert-de-gris taisaient. Elle s’était préparée à l’assaut de questions dès le matin, pas à ce silence étouffant. Le tourbillon de pensées qui tournait dans l’esprit de son compagnon crevait les yeux, et elle savait ce qui lui en coûtait de les passer sous silence. Alors, elle posa une main tendre sur sa joue.

— À quoi tu penses ? murmura-t-elle avec douceur.

— Rien.

Rayna sourit face à son mensonge maladroit.

— Le jour où tu ne penseras plus à rien, ce sera la fin du monde. Si c’est l’artefact qui te préoccupe, ce n’est pas que je ne voulais pas t’en parler. J’ai essayé, mais je ne pouvais pas le faire. Pas jusqu’à maintenant du moins. Et je t’avoue que je ne sais presque rien. L’Odalie m’a remis ce médaillon à travers le domaine des songes. Puis j’ai rencontré l’Oracle de Kaer té Numa. Elle m’a simplement dit qu’il s’agissait du Sceau du Secret, mais elle a placé une rune de mutisme dessus. Je ne pouvais rien dire tant que le sort était actif. Je ne sais pas pourquoi il a été levé, mais je suis soulagée de ne plus être contrainte au silence.

— Toi aussi tu as reçu une prophétie ?

— Oui, je ne me souviens plus des mots exacts, mais l’Oracle a évoqué un démon aux yeux rouges et...


Baelor s’imposa à son esprit. Ses ailes membraneuses striées de veines incandescentes, ses cornes luisantes, son sourire carnassier, ses yeux rougeoyants de haine. Était-ce lui, le démon de la prophétie ? L’éclaireuse n’y croyait pas. L’élan de compassion qu’elle avait ressenti la veille était toujours là, ancré dans son cœur. C’était un ami, pas un ennemi. Il était lié au Grand Protecteur, il avait protégé l’Archontesse ; ses actions n’étaient pas celles d’un démon vengeur en croisade contre l’Odalie.

— Et ?

— Hein ?

— Tu parlais d’un démon aux yeux rouges, et quoi d’autre ?

— Ah, oui. Elle a aussi parlé du destin des bellatoris. Les quatre gardiens choisis par l’Odalie pour protéger le Cristal d’Ambre.

Azriel fronça les sourcils. Même artefact, même mode de transmission, mais les messagers et les prophéties différaient. En outre, l’elfe n’avait jamais rencontré l’Oracle, le mot bellatoris était nouveau pour lui, et il n’avait détecté aucune rune de mutisme attachée au médaillon.

— Tu crois que je devrais en parler à Althéa ? demanda Rayna avec angoisse. L’Oracle a dit que l’autorité des bellatoris surpassait celle de l’Archontesse, et la connaissant, je ne sais pas comment elle réagira à cela. Je ne veux pas qu’elle le perçoive comme une nouvelle manœuvre pour usurper sa position.

— Tu as raison d’être méfiante. Ce n’est pas le moment de parler de ça, pas après ce qui vient de se passer. L’Oracle est la Voix de l’Odalie. Si elle intercède en notre faveur, l’Archontesse n’aura aucune raison de douter de la vérité. En revanche, si elle apprend qu’une menace de cette ampleur menace l’Élysambre, elle va devenir encore plus parano.

— C’est ce qui m’inquiète. Et je me demande aussi qui sont les deux autres bellatoris. Et pourquoi nous ?

Azriel resta songeur un instant.

— Je n’en sais rien, admit-il avec un soupir défaitiste, mais les Odalisques approchent. Nous aurons peut-être une réponse d’ici là. En attendant, sans manifestation de l’Oracle ou de l’Odalie, le mieux qu’on puisse faire c’est de garder le secret.

— Ce sera plus facile à deux, acquiesça-t-elle avec gratitude. Je ne sais pas si je devrais m’en réjouir, mais je suis heureuse de partager ce secret avec toi. J’ai moins peur d’affronter le destin si tu es à mes côtés.


Un silence confortable s’installa entre eux. L’elfe contemplait la yukigami comme s’il la découvrait pour la première fois. Sept années de missions, de routine, de taquineries, d’amitié et de complicité. La confiance était établie depuis longtemps déjà, un terreau fertile dans lequel les sentiments avaient lentement pris racine, étendant leurs branches jusqu’à ce que les premiers bourgeons éclosent. Pourtant, l’amour était une fleur qu’Azriel n’osait cueillir de peur de la voir flétrir.

— Rayna, tu sais hier, quand j’ai fouillé dans tes affaires – ce que je n’aurais pas dû faire, mais que je suis heureux d’avoir fait quand même –, j’ai vu ton bracelet d’harmonie. Je demande juste par curiosité, mais est-ce que tu serais prête à reformer une alliance avec quelqu’un d’autre ?

— Quelqu’un d’autre ? répéta l’éclaireuse avec un air soupçonneux. Tu veux dire toi ? Parce que je ne vois pas de qui d’autre tu peux bien parler.

Azriel grimaça. Quand il s’agissait d’exprimer ses sentiments, la subtilité n’était pas son fort. Il se rattrapa maladroitement de peur qu’elle se méprenne sur ses intentions

— Moi, éventuellement, ou quelqu’un d’autre. Peu importe. Je voulais juste savoir ce que tu pensais de la Mélodie des Quatre Harmonies. Si c’était un rituel qui avait encore un sens à tes yeux.

Rayna ferma les yeux, la main posée sur son propre cœur. Le silence qui régnait autour d’eux révéla la clarté de ses sentiments. Ils battaient à l’unisson dans son esprit, son âme et ses flux. Un sourire se dessina sur son visage, tendre et affectueux.

— Oui, dit-elle calmement en rouvrant les yeux. Je veux bien lier mon âme à la tienne.

— Je vois... fit Azriel en hochant la tête avant de réaliser ce qu’elle venait de dire. Attends... Tu peux répéter ?

— C’était le sens de ta question, non ? C’est ta façon de me demander de composer la Mélodie des Quatre Harmonies avec toi.

L’elfe resta interdit un moment. Elle lisait en lui comme dans un livre ouvert, ce qu’il trouvait à la fois horrifiant et sublime.

— Ce n’était pas vraiment mon intention, mentit-il malgré l’évidence de son trouble. Je voulais connaître ton avis sur la question, c’est tout.

— Donc tu ne veux pas qu’on se lie ?

— Si !

— C’est bien ce qu’il me semblait, fit-elle avec un sourire ironique.

Rayna s’amusait de la gêne de son compagnon. Il avait beau mettre l’esprit avant le cœur, il n’était pas immunisé contre le tumulte de la passion.

— Enfin, seulement si c’est ce que tu veux aussi, ajouta-t-il d’une voix plus mesurée.

— Je veux la même chose que toi.

Ces mots lui firent l’effet d’une flèche en pleine poitrine. Azriel abandonna toute raison. Il exultait, emporté par une joie trop grande pour être contenue. Ses rires se mêlèrent à ceux de Rayna alors qu’il l’embrassait avec la ferveur d’un jeune premier. Son front, ses joues, ses lèvres, son cou, ses épaules, chaque baiser était une offrande exaltée par l’euphorie et l’adoration.

— Azriel, tu m’étouffes ! protesta l’éclaireuse en riant, le souffle court. Je n’arrive plus à respirer.

— Et moi, je respire mieux quand je t’étouffe, répliqua l’elfe en posant son front contre le sien.

Rayna cessa de lutter contre la vague qui les emportait tous les deux. Elle savait que le calme reviendrait, mais elle voulait se laisser transporter par l’amour qui la liait à son ami de cœur. Sa chaleur, son odeur, la douceur de sa peau nue sous ses doigts, tout en lui éveillait la tendresse et le besoin de sentir la résonance des âmes à travers la vibration des corps. Quand Azriel se redressa, rayonnant de bonheur, elle laissa ses yeux glisser sur son corps nu. Son absence de pudeur la fit sourire. Il était beaucoup trop décontracté pour son propre bien. Ses souvenirs la ramenèrent à l’une de leurs missions dans les Terres de Feu. Le fiasco incluait une tente mal fermée, un elfe dévêtu et un groupe de bandits Humens qui se demandaient comment on pouvait combattre avec autant de grâce tout en étant nu comme un vers.

— Tu sais que dormir dans le plus simple appareil est une pratique risquée par les temps qui courent, se moqua-t-elle gentiment.

— C’est une question de confort, répliqua-t-il avec indifférence. Je porte des robes de mage toute la journée, quand je dors les draps suffisent. Si les assassins sont trop prudes pour affronter un elfe dans toute son éblouissante nudité, ils n’ont qu’à ne pas m’attaquer dans mon sommeil. Puis j’ai déjà prouvé que je n’avais pas besoin d’être habillé pour jeter des sorts. Toi, tu dors bien en uniforme avec un poignard sous ton oreiller, et je ne m’en plains pas.

— Tu es trop insouciant, soupira-t-elle avec consternation.

— Et toi, tu es trop pragmatique.

— C’est mieux que d’être surpris en pleine nuit par des bandits armés jusqu’aux dents.

— C’est arrivé une fois ! protesta Azriel en levant les yeux au ciel.

— Et ça a fait l’objet d’une note de bas de page dans mon rapport.

— Tu n’as pas osé !

— Tu peux consulter les archives si tu ne me crois pas, répliqua Rayna avec un sourire malicieux.


L’elfe s’avoua vaincu. Feignant l’indignation, il se rhabilla avec la dignité d’un homme blessé dans son esthétisme, persuadé que son corps méritait tous les honneurs. Au même moment, la porte s’ouvrit à la volée. Une jeune aspirante apparut dans l’embrasure de la porte. Son regard passa de Rayna – encore au lit et vêtue de la tête aux pieds – à Azriel qui enfilait ses sous-vêtements avec une lenteur presque cérémonielle. La messagère rougit puis se ressaisit.

— Capitaine Kaeldryn, je suis désolée de vous interrompre. J’ai frappé plusieurs fois mais vous ne répondiez pas. J’ai cru que...

L’éclaireuse jeta un regard appuyé en direction de l’archimage qui dissipa la bulle de silence avec un air de regret.

— Ce n’est pas grave. Vous connaissez les Amarantes. Sire Aether’ion a cru bon d’insonoriser la pièce pour garantir un repos de qualité, nous ne pouvions pas vous entendre. Que se passe-t-il ?

— Le capitaine Dragoman vous réclame, Madame.

— Dites-lui que je serai là dans dix minutes.

— Très bien, Madame.

L’aspirante se retira, les joues encore rouges d’embarras, refermant soigneusement la porte derrière elle. Rayna se massa les tempes, consciente que la rumeur ne tarderait pas à faire le tour du Quadrant.

— Ça va encore jaser dans les couloirs du Bastion, soupira-t-elle, l’air dépité.

— Je croyais que c’était la spécialité des corvidæs de rester discrets ?

— Pas quand il s’agit d’alimenter les ragots du Quadrant. J’imagine déjà les croquis de ton elfique nudité circuler parmi les éclaireurs.

— Tu m’en mettras un de côté, alors ! Je l’afficherai dans mon laboratoire comme modèle de perfection anatomique.

— T’es vraiment incorrigible !

— C’est pour ça que tu m’adores.

— Je vais m’abstenir de tout commentaire. Tu retournes au Creuset ?

— Oui, j’aimerais comparer mon médaillon au tien. Je vais aussi en profiter pour voir comment les choses se passent à l’extérieur. Je te retrouve ici dans quelques heures.

Sa compagne acquiesça. Azriel déposa un dernier baiser sur ses lèvres avant de quitter la chambre, laissant la capitaine se préparer pour sa réunion avec Daevran. Malgré l’agitation qui régnait au sein de la Voûte et le mystère qui entourait ces étranges prophéties, l’elfe ne s’était jamais senti aussi serein.


De retour dans ses appartements, Azriel compara soigneusement son artefact à celui de Rayna. Les deux médaillons semblaient parfaitement identiques. L’elfe lança un sort de révélation qui fit apparaître deux sigils. Celui de Rayna symbolisait la justice, mais pouvait aussi se lire comme l’arcane représentant l’Ange, une des trois divinités protectrices de l’Élysambre. Celui de l’archimage symbolisait le destin qui se manifestait à travers l’alignement parfait des astres. On retrouvait les mêmes symboles sur la coupole en vitrail qui scellait le Puits Lumidoré. Il ne faisait aucun doute que ces artefacts étaient liés à l’Odalie, mais rien dans ses connaissances historiques n’évoquait ce genre de manifestation. Les paroles de son maître qu’il avait reçues en songe se rappelèrent à sa mémoire. Les fils du destin tissent la toile de notre monde que nul ne peut briser. C’est en acceptant sa place dans le grand dessein qu’on en devient maître.

Tout cela était bien trop cryptique. Azriel détestait les énigmes et les mystères. Pourtant, sans l’Odalie ou sa Voix pour le guider, il n’y verrait pas plus clair.


***

— J’ai besoin de votre guidance, murmura faiblement l’Archontesse, la mine défaite et le cœur lourd.

La jeune femme s’était tournée vers la Voix de l’Odalie pour lever le doute qui voilait son jugement. Dans le confessionnal feutré de l’Antichambre du Cristal, elle n’était plus la dirigeante autoritaire de la Voûte, mais une petite fille perdue qui avait besoin qu’on lui montre le chemin à prendre.

— Madame l’Archontesse, vous avez été choisie par l’Odalie pour assurer la protection de l’Élysambre. Sa confiance en vous n’a pas vacillé, mais un grave danger menace la stabilité du royaume. Un danger auquel vous ne pourrez pas faire face seule. Il est temps pour les quatre piliers de s’unir pour soutenir la Voûte et la sauver de l’effondrement.

— Les quatre piliers ?

La Voix de l’Odalie se fit plus basse et plus profonde, sa mélodie réduite à un chuchotement à peine audible.

— Quand le Chaos menace la paix, et que le Néant gratte aux portes de sa prison éternelle, l’esprit de l’ange, du démon et du dragon referont surface. Guidés par la main du destin, ils triompheront des ténèbres et répandront la lumière sainte de l’Odalie sur Théandria.

— L’ange et le démon... souffla Althéa. Baelor... Alors Asthérian serait... ?

La Voix de l’Odalie acquiesça silencieusement, son visage caché sous un voile doré.

— Le général Valor’ion est un des élus choisis par l’Odalie. La capitaine Kaeldryn également, de même que l’archimage Aether’ion.

— Aether’ion ? Azriel Aether’ion ? Le disciple de la générale Nyr’iell ? Pourquoi ne m’avez-vous rien dit plus tôt ?

— Je ne pouvais pas. Le Sceau du Silence m’empêchait de parler, mais il a été levé lorsque l’ange et le démon se sont rencontrés.

— Ce qui s’est passé aujourd’hui, la rébellion du général Wöfflin, est-ce lié à la menace qui pèse sur l’Élysambre ?

L’oracle hocha la tête.

— C’était la première incursion du chaos. Une autre vague plus puissante et dévastatrice se prépare.

Althéa resta muette, la gorge nouée par l’angoisse.

— Comment l’arrêter ? demanda-t-elle d’une voix rauque.

— Vous ne pourrez pas l’arrêter. C’est un mal inévitable mais nécessaire. Gardez foi en l’Odalie et vous n’aurez rien à craindre. N’oubliez pas que l’Odalie vit en chacun de nous à travers les flux d’auralium. Le moment venu, vous saurez faire les bons choix.


L’Archontesse était retournée au chevet du général Valor’ion, encore inconscient dans son lit d’hôpital. Elle tenait sa main dans la sienne, le front légèrement plissé par l’incertitude qui paralysait son esprit. Dame Nyr’iell posa une main compatissante sur son épaule.

— Tu n’as pas besoin d’être l’Archontesse ici, dit la générale de l’Amarante d’une voix douce, presque maternelle. Tu peux déposer les armes et retirer ton armure. Tu as le droit de t’effondrer et de pleurer sans que cela remette en question ton autorité ou ta vaillance.

Ces quelques mots suffirent à fissurer le masque de guerrière de la thériane.

— Laisse-moi dix minutes, croassa-t-elle, la voix étranglée par les sanglots qu’elle retenait depuis des heures.

Dame Nyr’iell acquiesça puis tira les rideaux autour du lit. Althéa s’écroula sur le bord du lit, la tête enfouie dans ses bras, mais les larmes refusèrent de couler. À force de les refouler, elle en avait oublié comment on pleurait.

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