Chapitre 16 : Attends-moi
Le clapotis de la pluie sur les toits éveille Martin.
Il ouvre les yeux, immobile, tend l’oreille.
L’Ondine symphonie est agréable, mais une appréhension le paralyse.
Son bras hésite à se tendre. Sa main cherche. Son cœur se serre.
Le lit est vide.
Il se recroqueville sur lui-même.
La lourde couette pèse sur son corps dénudé, rassurante et étouffante à la fois.
L’ondée s’intensifie.
Les gouttes frappent le verre de sa fenêtre, inondant ses pensées qui se bousculent.
Scénarios sans fondements. Plan sur la comète.
Il se redresse, s’assoie au bord de son lit et soupire.
Ses yeux le piquent, son cœur cogne.
L’odeur de Lenny flotte dans la pièce.
Ses yeux se ferme à mesure qu’il inspire avec force.
Sa présence se rappelle à ses sens.
Expire…
Il prend ses lunettes sur la table de chevet, les posent sur son nez.
Sur le bureau, un mot griffonné à la va vite l’interpelle.
Attends-moi…
Un cœur.
Martin sourit.
—
La matinée s’écoule au rythme de la pluie qui n’a de cesse.
Martin est perplexe, Lenny n’est toujours pas revenu.
Malgré l’angoisse dans son ventre, il se rassure.
Il l’a promis…
Il secoue la tête, puis attrape son appareil photos.
Dans la petite salle de douche, la lumière rouge s’allume.
Il retire la pellicule et commence le processus.
Les petites images sont indistinctes, mais les souvenirs le réchauffent.
La technique est rodée, l’impatience se ressent dans les mouvements.
Il suspend les photos au-dessus du lavabo.
Ses yeux captent son reflet.
Ses mains glissent dans ses cheveux.
Il souffle.
Où es-tu ?

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