Chapitre 40 

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Althéa poussa la porte et s'engouffra dans son bureau. Un ricanement aigu lui répondit et elle se figea.

  • Quel enthousiasme !

Les jambes négligemment étendues sur le meuble, l’être aux cheveux blonds raides affichait un rictus désagréable.

  • Je ne te pensais pas si impatiente de me revoir.
  • Qu’est-ce que tu veux ? articula la générale, les dents serrées, sans daigner répondre à ses commentaires ironiques.

L’homme se leva. Petit et maigre, son apparence chétive n’intimidait guère. Mais la Duchesse se méfait de lui plus que de la peste.

  • Tu ne te déplaces jamais quand tu peux m'envoyer un de tes larbins à la politesse obséquieuse. Alors pourquoi ?

Il grimaça et rejeta sa chevelure huileuse en arrière avec des mouvements exagérés qui firent grincer la guerrière.

  • Tu n'es pas drôle, gamine. Il faut savoir s'amuser. Vois-tu, moi par exemple, j'ai reçu ce nouvel esclave Liorus, eh bien-
  • Je me fiche bien de savoir dans quelles magouilles illégales tu trempes.
  • Je voulais juste te proposer de passer un de ces jours, pour te détendre, en bonne compagnie.
  • Je m'en passerai.
  • Allez, une partie de jambes en l'air ne te fera pas de mal. Tu es tellement pincée, lâche un peu du lest.

Le grognement sourd que ces derniers mots arrachèrent à Althéa le fit sourire.

  • Tu n'étais pas si prude, avant.
  • Osric, menaça la jeune femme.

Le Maître de la Guilde se tut et perdit son masque de dérision gouailleur le temps d'une micro-seconde qui n'échappa pas à la Duchesse.

  • Tu ne viens jamais me voir sans raison, Osric. Dis-moi ce que tu attends de moi et déguerpis.

Le bonhomme, les mains croisés dans le dos, se mit à arpenter la pièce en marmonnant des propos incompréhensibles. Althéa respira profondément pour juguler son désir croissant de l'encastrer dans un mur.

  • Donc ?
  • La Reine.
  • Quoi la Reine ?

Il se frotta le menton en observant le visage fermé d'Althéa.

  • Elle mijote quelque chose.

Contre toute attente, la jeune femme explosa d'un rire sonore.

  • Si c'est ça que tu viens me dire, Osric, sache que je n'en ai rien à foutre. Elle fait ce qu'elle veut, la Souveraine, ce n'est pas mon affaire.
  • Sauf que si. C'est notre affaire, même.

Détendue, la guerrière se laissa glisser dans son fauteuil délaissé par le magouilleur.

  • Éclaire ma lanterne, veux-tu, sourit-elle, curieuse de savoir où il allait en venir.

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