Chapitre 2: Hugo

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Je sors de la salle d'audience, la mâchoire serrée et le dos raide. Le procès s'est terminé en à peine une heure et mon client, un certain Adrien Wik, accusé de vol a été condamné à un an de prison . Pour un simple vol. 

Je crois sincèrement que la sentence était injuste. Dans la basse ville, des voyous, des criminels, des dealer y pullulent et pourtant, la Milice ne fait rien. C'est pourtant la police chargée de l'arrestation des malfaiteurs mais ils se résignent à des petits voleurs insignifiants qui ne désirent rien d'autre que de nourrir leur famille. Et moi, moi qui n'ai d'avocat que le nom, je ne peux rien faire pour les aider. 

J'ouvre la porte de mon bureau puis m'affale sur mon siège, dépité. 

"SECURITE POUR TOUS. VERITE."

Tout ça, ce ne sont que des belles paroles. Si c'était le cas, ma sœur aurait déjà été retrouvée. Si c'était le cas, les gens seraient déjà au courant de ce qui se passe réellement lors des procès. Je sais parfaitement que mon rôle n'est que superficiel. Lorsqu'on est appelé à être jugé, c'est que notre sort est déjà décidé.

Du revers de la manche, j'essuie mon front perlé de sueur. Il faut que je me repose mais je n'ai pas le temps. Je ressors d'un tiroir les dossiers concernant la disparition de ma sœur. Maria, trente trois ans, disparue le 19 décembre, soit il y a quinze jours exactement. L'hypothèse retenue par la police était qu'elle se soit faite enlevée par une sorcière qui l'aurait ensuite fait disparaître. 

Absolument ridicule et je n'y crois pas une seule seconde. 

Jamais les mages n'ont eu de pouvoir aussi puissants. J'ai eu assez de clients sorciers pour savoir que c'était des humains comme les autres, bien qu'ils soient dotés de dons magiques et mystérieux. Evidemment, tout ceux que j'ai connu sont morts exécuté. C'est la règle, ils doivent tous disparaître.

Après un énième soupir, je tente vainement de mettre un peu d'ordre sur mon bureau puis me concentre à nouveau sur le dossier de ma sœur.

Après une dizaine de minute de réflexions stériles, je secoue la tête. Je suis loin d'être un détective et je ne risque pas d'avancer avec le peu d'information dont je dispose. 

- Dernière apparition, ville basse d'Erotonde, près du port...lu je à haute voix.

Bien, je crois que je vais être contraint de m'y rendre si je veux espérer en savoir plus. 

L'air las, j'enfile un manteau gris et troque mes bottes cirés contre de simples souliers de cuir. Je veux éviter de me faire remarquer une fois là-bas. 

- Hugo, où est ce que tu vas dans cet accoutrement ? me demande un collègue alors que je sors. 

- J'ai un client dans la basse ville, éludai je avant de m'en aller à grand pas. 

Le Tribunal est un grand bâtiment de marbre blanc qui surplombe la ville. Le seul autre endroit à cette hauteur est la Tour de Conquête, un édifice mystérieux dont le sommet disparait dans les nuages. Nul ne sait ce qu'il y a à l'intérieur. On dit que c'est là que demeure le Maître du Monde mais, encore une fois, rien de vérifié. 

Je descend à petit pas pressé l'immense escalier qui pars du Tribunal pour arriver dans le centre ville. Une fois là bas, je vérifie rapidement que je ne suis pas suivis. 

Au fur et à mesure que je m'enfonce dans la basse ville, j'ai l'impression que le monde s'obscurcit. Les rues sont étroites et sales sans oublier l'ombre menaçante que projette le reste de la cité sur les façades crasses. 

Je referme un peu plus mon manteau et baisse la tête. Pendant que j'avance, je ne croise personne ou alors, je ne m'en suis pas rendu compte. 

Ici, l'air est suffocant, que ce soit à cause de la fumée s'échappant de certaines maison ou la chaleur. Normalement, les gens qui vivent ici l'ont plus ou moins mérité... Enfin, ça, c'est ce qu'on  nous dit ! 

Heureusement, l'air devient plus respirable lorsque j'arrive au port. Des dizaines de bateaux sont amassé et des hommes en décharge des grosses caisses de bois. Je dois me retenir de ne pas aller leur demander ce qu'il se passe au delà de nos frontière. A Vérastli, l'information est extrêmement contrôlée et les seuls autorisés à quitter le pays sont les commerçants.

Je passe devant un mur placardés d'avis de recherche et contourne sciemment une fille aux allures louches discutant avec un garçon d'une quinzaine d'année. 

Surtout ne pas perdre de vue mon objectif. 

Le port est bien plus grand que je ne le pensais. Si Maria a bel et bien disparue ici, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. 

Tout à coup, un type avec un oiseau tatoué sur le crâne s'approche:

- Eh toi ! Tu serais pas un des riches de là haut ? 

Je me mure dans le silence et il ajoute:

- Ben quoi ? Ça se voit ! Tes vêtements sont propres et luxueux. Aller, dis moi ce que tu fous ici  !

Bon, à priori, mon camouflage n'a pas fonctionné. Je ferme brièvement les yeux. Il ne peut rien faire sans risquer sa vie, après tout, je suis un magistrat du Tribunal. 

Je finis par répondre, la voix légèrement tremblante:

- En fait... Je cherche quelqu'un. 

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