N°8 allée des Arums

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On dit souvent que nous sommes perdus dans nos pensées, non ? À rêver de celle que l’on aime le plus. Peut-être que tu devrais offrir une fleur à celle qui t’est destinée, qu’en penses-tu ? Ce songe m’effleura l’esprit pendant que je passais devant le n°8 de la rue des Arums dans la voiture de mes parents. Une rue digne avec ces belles maisons bourgeoises de Marguerite, village de trois-cents habitants et cette rue était celle où je venais en vacances, au n°16 chez ma grand-mère, Bérénice. Quinze jours à passer à m'ennuyer, à planer et à papillonner entre deux bouquins sans fin. Or, le jour de mon arrivée, j’avais vu passer une jeune fille en vélo. Quand j’entendis soudain un bruit de métal. Je me précipitai vers le portail. Cette fille était par terre à essayer de se relever. Elle était gênée. Elle voulut repartir aussitôt, mais la chaîne de son vélo avait déraillé. Je me suis rapproché d’elle pour l’aider. En ouvrant le portail, je lui demandai :

— Ça va ? Tu t’es pas fait mal ?

Elle posa son vélo à même le sol.

— Dieu merci, je n’ai rien. Plus de peur que de mal.

— Je vais t’aider à mon avis.

En observant son vélo, je lui dis :

— C’est un bon vélo que tu as, c’est étrange...

Une fois la chaîne replacée, elle m’avait fait un beau sourire. Et ses yeux étaient d’un bleu si profond qu’ils m’avaient fait détourner mon regard du sien.

— Enchanté, moi c’est Violaine.

— Ludovic, ravi, Violaine.

— Je suis au n°8, si tu veux j’ai du citron glacé à la maison, prends ça comme ma manière de te remercier.

— Merci c’est gentil, si je peux aider, je sais pas si j’ai le droit, ma grand-mère est sévère, je peux rien faire à part lire.

— S’il te plaît, j’insiste. Dis-lui que tu vas chez Anita Garden, elles se connaissent très bien.

Au timbre de sa voix, je compris qu’elle y tenait.

— Je vais demander. Au fait, t’as la télé ? Car chez moi, c’est interdit alors pour les ordinateurs et les téléphones ne m’en parle pas. J’aimerais bien regarder un film ? Je vais demander, mais c’est pas dit qu’elle accepte.

Après cela, elle avait des ronds comme des billes, l’air de dire… t’as pas de chance.

— Je dois avoir ça en stock et en plus j’ai du popcorn. Je t’attends.

Mamie avait accepté, étrangement alors qu’elle m’interdisait tout. Nous sommes alors partis dans cette maison où les fleurs et les plantes étaient plus luxuriantes les unes que les autres.

Lorsque Violaine ouvrit le portique de chez madame Garden, je crois que je n’avais jamais vu autant de plantes de ma vie. Son jardin était tellement beau et sa mère tellement gentille que je suis resté un moment et surtout pas devant la télé. Ce jour-là, je me suis sentis un autre, au nom de Pensée qui s'était perdue à aimer une autre au nom de Violette.

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