Une fin de phrase

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Pour cela mon amie je te refais la scène, car loin toi tu étais.

— Bonjour, comment va ta grand-mère Bérénice, demanda-t-elle.

— Oh, vous savez… Plus elle vieillit, plus elle devient sévère.

Anita se mit à sourire.

— Décidément, on ne change pas une personne, si cela ne vient pas d’elle-même. Peut-être que tu devrais moins penser à partir de chez elle, Ludovic.

Ce dernier regarda la jeune qui partir dans la cuisine.

— Viens avec moi, jeune homme.

Ainsi j’avais tout observé et quand madame Garden, notre propriétaire, lui avait fait visiter son jardin, ce dernier écoutait sa parole, comme si elle était précieuse. Puis, elle lui expliqua que la différence entre les roses, les jaunes, rose et rouge. Jusqu’au moment ou sur une table de jardin un sac de terreau était prêt à l’emploi pour bouturer les nouvelles plantes d’Anita Garden.

Pendant ce temps, j’entendis le sol vibrer en cadence, c’était la jeune Violaine qui arrivait avec un plateau et de la limonade fraîche. Elle arborait cette moue qu’elle fait souvent quand elle est heureuse. J’ai alors commencé à perdre mon feuillage tellement elle était solaire comme un tournesol.

— Et… ne me dit pas Bégonia que tu étais jalouse de leur relation ! s’exclama Géranium.

Son propos avait fait jaunir quelques-unes de mes pétales.

— Je commence à comprendre mon amie, mais je te laisse poursuivre.

Gênée, j’eus du mal à trouver mes mots. Mais au bout d’un moment la pensée de Pensée résonnait de nouveau et les pétales jaunes tombèrent au sol trois d’entre eux étaient prensemble s és  du rouge au jaune et du jaune au crème. Puis, j'ai poursuivi, car j’étais vraiment agacé. Géranium n'avait rien dit face à mon explication mais je ressentais qu’il avait l’air profondément troublé à cause de la chute de mes feuilles.

— Merci… qu’il eut répondit à la fille d’Anita pendant qu’elle lui tendit un verre de citronnade.

Et tu ne me croirais pas si je dis qu’au fond de moi j’étais en train de bouillir comme peut buller les bulles de ce contenant jaunâtre madame Garden les laissant tout deux ensemble et repartant, elle leur proposa :

— Violaine, tu pourrais apprendre à bouturer à ton voisin, non, je vais préparer le goûter ?

La tête qu’avait ce jeune m’avait fait rougir de colère, mais pourquoi ! Pourquoi suis-je jalouse de ces deux êtres… aide-moi, je t’en supplie Géranium.

Mais Géranium, ne savait que dire et il me laissa de marbre, seul et jalouse. Visiblement je devais me débrouiller autrement. Il fallait croire que j’avais moi aussi envie d’aimer, mais loin de moi, l’idée de réciter ou de chanter cette comptine, je devais trouver ma voie, mon credo pour le plus être rouge, mais blanche comme une colombe. Ainsi, je me retrouvai à nouveau avec Violette et sa chanson qui m'insupportait et me faisait plus mal encore que les épines que m’avait lancées Rose la blanche. J’avais tourné plus de sept fois mes pistils entre mes pétales et avait fini par l’aborder, cette fois-ci, différemment :

— Oh, un, deux, trois, re-voici Bé-gonia ! Tu veux jouer avec Pensée et moi, on serait si content que tu aimes la vie comme nous l’aimons, me proposa Violette.

À cela, j’avais eu le hoquet !

— Hic… hic…

— Bego est-ce que tu m’aimes… un peu

— Hic-hic, avais-je coupé et répondit rouge de colère, alors là, pas du tout !

Pensée pencha ses pétales en regarda l’herbe qui semblait plus verte de côté de Violette et se dirigea vers elle :

— Allons aimer la vie avec Rose la blanche, ça te dit Violette ?

Violette chanta :

— Un, deux trois, allons-y bel ami… trois, quatre, cinq, lui donner des cerises.

— À plus tard, Bégonia et profite bien, on sera chez Rose la blanche, car je l’aime, un peu, beaucoup…

Je sais, je sais : à la folie, hic… hic…, avais-je fini sur un brin d’ironie.

Moi, je n’ai personne et encore moins vous deux et pire encore pour Rose la blanche. Finalement, je ne préfère pas changer de couleur et le rouge me va si bien, mais étrangement, quand les hommes m’offraient à leur femme et non plus d’envie d’aimer, mais me pose sur là sur leurs balcons. Comme si j’étais rien de plus qu’un objet divers, mais pas d’amour et cela m’agaça de plus en plus, et je me mis aussitôt en chanter moi aussi :

— Il m’aime un peu, beaucoup, à la folie, passionnément ou point du tout.

Enfin et c’est ce que j’avais cru penser quand j’entendis cela de la douce Violaine qui avait fredonné cela en même temps qu’elle bouturait avec le voisin. Qui termina avec :

— Si je devais choisir dans ma manière d’aimer ce serait à la folie, jusqu’à même me perdre à aimer.

Violette, mains dans le terreau, avait touché celles de Ludovic, timide. J’avais compris ce pour quoi j’en étais devenue jalouse… Je voulais moi aussi être aimé par les hommes. Enfin, je retrouvai mes amies les plantes et vous ne devinerez jamais ce qui était arrivé, Rose était revenue la Rose passion et moi j’étais redevenue la plante que je voulais rester, une belle plante aux pétales retombants. Et, Rose m’avait dit :

— La jalousie dans le monde des fleurs ne doit pas exister, car quel que soit ta nature, tu seras aimé. Alors maintenant que la paix et revenue, je vais te révéler un secret Bégonia :

"Les plantes les plus aimées sont les plus simples à regarder, car leur beauté restera bien plus longtemps, car elles poussent toujours et ne se font jamais cueillir. Et quand elles se font offrir et elles sont grandement appréciées surtout si elles sont offertes avec le cœur."

Ainsi se termine cette histoire de la pensée de Bégonia qui s’était tellement perdue à aimer qu’elle en finit par devenir rouge de jalousie. Et moi, j’aime trop être et non paraître, merci à vous de vous être arrêté dans le jardin d’Anita Garden. Et peut-être que vous trouverez vous l’amour au printemps tout comme Violaine et Ludovic…

***

Quant à nos deux ados qui s'étaient séparés durant de longues années, se retrouvèrent bien plus tard, sur une allée de cyprès dans le sud de la France, l'amour les avait réunis de la même manière que peut se terminer un conte de fées.

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