Hacher finement le seul oignon qui reste, et pleurer.
Tempête explosive et raide. Pluie acide battante.
Des fois je me sens très artiste, rempli d'une sève profonde et roide, indescriptible, étrangère presque.
Plein de mots, d'émotions à étendre comme du linge mouillé.
Et alors je recherche une connivence parfaite avec l'autre, à être touchy, touché et torché de toute cette tornade interne qui n'a aucune autre envie : sortir, se répandre sur de multiples espaces, déferler, jaillir encore, tel un véritable manifeste ambulant.
Tempête.
Il y a un creux de ciel tout là-haut, on dirait mon avenir, et il se referme tout de suite, lui non.
Je fais le mariole à ma mesure, le pitre sous le pupitre, j'incarne l'émoi sous la hache, la joie devant un oignon frais et dépecé, sous la guillotine coupante et raide, sèche et froide mouillée et mes cheveux sont coupés, c'est le moment d'actionner le levier, la brèche se referme et je sens avec beaucoup de bégaiement le premier cri de la vie ; il y a des corps à occuper, des formes à paraître.
Alors inconscient, la nuit me va, me zigouille et m'emplit de son acidité perforante et délicate.
J'accepte au sein de mon intestin, de mon côlon même, l'irritation doucereuse du bonheur qui se veut père.
J'ai besoin d'une oreille tendue, ou de milles détendues, assoiffées, tranquilles et impassibles.
La position de l'insensé, de l'incertain, collabore à mes veines, colle avec le passé.
Langweilig, Weltschmertz

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