206. Uta

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Il ruminait ses pensées les plus noires assit devant la fenêtre, enchaînant clope sur clope proscrit dans son silence, jouant toujours nerveusement avec son portable en le faisant tourner dans le creux de sa main. Il n’arrivait pas à se détendre, il n’arrivait pas à apaiser cette colère en lui, il sentait encore la mâchoire de cet homme cogner contre ses poings et la voix suppliante de Léo qui lui demandait de le frapper.

Il finit par craquer, retirant la coque pour sortir ce petit sachet qui ne contenait plus que deux petits cachets blanc. Il en sorti un et l’avala sans hésitation, cachant le dernier dans cette coque noire opaque. Il s’accroupit près de la fenêtre attendant que les effets montent en lui, juste avant que des coups discret se fasse entendre à la porte. Il ne broncha pas ne préférant pas voir Léo, et la joue rouge qu’il lui avait laissé. Sa voix perça doucement jusqu’à lui, l’écoutant sans vraiment écouter, le cœur meurtri. Il était à la fois en colère et triste de ne pouvoir par sa simple présence et son contact doux faire sortir Léo de l’emprise de ce psychopathe. Il était déchiré de ne pas pouvoir l’aider réellement, de ne pas pouvoir le sortir des ténèbres juste avec le son de sa voix.

Il se crispa dans une émotion douloureuse qui lui déformait le visage, il se frotta les yeux et finit par se prendre la tête entre les mains. Ses muscles commençaient enfin à se décontracter, et sous ses lentilles ses pupilles se dilatèrent à leur maximum, enfin les effets se faisait sentir. Le jeune homme se redressa après de longues minutes, il commençait à avoir un peu faim, Léo lui était retourné dans sa chambre. Il sorti alors ouvrant sans discrétion sa porte de chambre, la laissant ouverte derrière lui se dirigeant vers la cuisine pour ouvrir le frigo et attraper le premier fruit qu’il trouva pour croquer dedans. Son téléphone sonna juste à ce moment-là, un appel entrant, il décrocha la bouche pleine.

[?] « Bonjour, établissement carcéral du Pays de la Loire, vous avez un appel, il vous sera facturé, acceptez-vous ?

- Ouais j’accepte !

[?] « Bonsoir Uta ! »

- Bonsoir Maman !

[Maman] « Comment vas-tu ? Tu ne passes plus trop me voir, je m’inquiète ! »

- Avec la fac et le taff c’est compliqué !

[Maman] « Tu sais que ça me fait un peu de lumière quand tu passes me voir ! »

- Pourtant c’est à cause de moi que tu es là-bas !

[Maman] « Pourquoi tu dis ça ? Tu n’y ais pour rien mon chéri ! »

- Bah si ! Si je n’avais pas avalé tous tes cachets et que Maxwell n’avait pas débarqué pour les faire recracher, tu n’aurais pas pété un câble en lui plantant un couteau dans l’œil !

[Maman] « J’étais saoul… Et s’il n’était pas arrivé à temps tu serais mort… »

- Ça n’aurait peut-être pas été plus mal que je me loupe pas !

[Maman] « Arrête de dire ça ! S’il te plaît viens me voir il faut qu’on discute, au téléphone on n’a pas assez de temps… Et tu m’inquiètes ! »

- Je passerais vendredi aprem’ j’ai pas cours !

[Maman] « Prend soin de toi mon chéri, à vendredi, je t’aime. »

- Ouai, à vendredi.

Il raccrocha sans ménagement, les choses s’enchaînaient très mal, un appel de sa mère ne le réjouissait jamais et vu la situation du moment ça n’apaisait absolument pas sa colère. Il n’avait plus faim pour le coup, il jeta son fruit à peine entamé et se dirigea vers la porte d’entrée. Préférant partir au boulot plus tôt pour ne pas affronter Léo, ni son oncle au bar, surtout qu’il était déchiré et que malgré ses lentilles ça se voyait.

Arrivé au bar, Glad’ était déjà là à parler avec Prompto, quand les deux hommes l’aperçurent, ils lui firent un signe, mais il ne répondit pas et fila directement s’enfermer dans sa pièce. Glad’ pâlit un petit peu, il avait envoyé plus tôt une réponse à Léo, lui disant de laisser le temps à Uta de se calmer, mais vu l’état du démon ça risquait d’être un peu long.

[Glad’] « Il c’est fâché avec Léo ! »

[Prompto] « Merde ! Il s’est passé quoi ? Ça fait un bail que je l’ai pas vu en rage comme ça ! »

[Glad’] « Je peux pas t’en dire plus, Prompto ! »

[Prompto] « Okay, j’essayerais d’aller lui parler un peu plus tard ! »

Les deux hommes soupirèrent et burent chacun une gorgée de leur bière avant de se diriger vers leur poste respectif, Glad’ au salon de tatouage et Prompto derrière le bar.

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