Chapitre I
Paris. Samedi, 10h.
Le corps douloureux, extirpée brutalement d’un sommeil qui était lui même une torture faites de multiple insomnies et de cauchemars, elle senti soudain le brouillard se dissiper devant ses yeux encore a moitié fermés.
- Je suis réveillée, je suis en vie, je suis là, encore, je vais profiter de ces quelques minutes de répit, ensuite, je devrais me lever et me préparer pour la grande mascarade.
Elle n’eu pour réponse qu’un bref grognement de son copain encore endormi, elle le regarda dormir comme elle aimait le faire souvent, sourit de voir son nez frétiller et ses joues roses, cette vision fit parcourir un vent de chaleur dans son corps, suffisamment fort pour lui donner la force de se lever.
Le café chaud pour réconfort, une cigarette pour remède et un check rapide sur le téléphone. Plus que 30 minutes, pas de notifications « toujours pas d’amis », peu importe un colis aurait déjà du arriver et le temps presse, pas question d’aller le chercher à la poste, elle sera encore en retard aujourd’hui, tant pis, sur l’icône de la boite mail s’affiche la pastille rouge « 5000 »,
- Quel bordel ces mails.
En parcourant les email à la recherche du suivit de colis, Jenna vit soudain, comme entouré d’un
halo de lumière un email qu’elle n’attendait plus, c’était bien elle, Bayan, elle lui avait répondu, enfin. Ce maudit colis n’était plus qu’un vieux souvenir, seul cet email comptait a cet instant précis.
« Hi Jenna! Forgive me for my late answer the connection here is very bad! I hope you’re doing well my dear friend, I have a good new to share with you I could not wait, I am going to get married next month!! I would have love that you could be by my side my lovely Jenna, maybe one day we could be together, that is my biggest wish, to finally meet you... maybe one day. Love u, Bayan ».
La cendre de la cigarette aussi longue que les espoirs de Bayan tomba sur le tapis arrachant Jenna à ses rêve qu’elle n’avait que très rarement l’occasion d’expérimenter. L’horloge affichait désormais 10h25, plus que 5 min pour s’habiller et sortir.
- Merde merde merde! C’est mort je l’aurais jamais.
Elle envoya un bref texto pour prévenir de son retard, au moins, elle n’aura pas à assister au brief matinal de l’équipe. Jenna est vendeuse dans une boutique de luxe ou tout est millimétré et « si important », souvent elle se demandait ce qu’elle foutait là bas, beaucoup trop souvent, elle se demandait également ce qu’elle foutait sur Terre. Elle avait beau chercher elle n’avait jamais trouvé la réponse à cette question là.
Elle alla chercher l’aspirateur, nettoya la cendre et alla vite se préparer, elle ne pu profiter qu’un bref instant de cette merveilleuse nouvelle, Bayan lui avait répondu, elle allait se marier, elle eu à peine le temps de se réjouir que la vie revint la happer à nouveau. Une fois sous la douche, elle s’imaginait surprendre Bayan le jour du mariage, sortant de nul part comme dans une série, Bayan pleurerait de joie en la voyant, elles seraient l’une dans les bras de l’autre comme deux loutres, libre et n’ayant rien d’autre à faire que profiter d’une vie faite de rien d’autre que de bonheur et d’amour, cette vision de Bayan et elle en loutre flottant sur le dos main dans la main fut interrompu par une constatation réaliste, jamais personne ne pleurerait de la voir arriver ou que ce soit, en tout cas pas de joie... elle entendit sonner à la porte et faillit se briser la nuque en glissant dans la baignoire. Si elle n’avait pas gesticuler ridiculement pour se sauver la vie, elle aurait enfin été libérée, mais ça n’était pas pour aujourd’hui et c’était une chose qu’elle savait mieux que quiconque.
- Bordel de...MON COLIS!
elle attrapa son peignoir et alla ouvrir encore paniquée. Derrière la porte, le livreur
- Ça fait trois heures que je sonne!
- Tout ça? C’est long en effet. Répondit Jenna avec sarcasme avant de signer et claquer la
porte.
La vision du lac aux loutres avait probablement coupé le son dans son esprit, ou bien avait-il sonné pendant qu’elle dansait ridiculement nue avec la mort, ça n’avait pas d’importance, son colis était arrivé.
Elle alla le ranger silencieusement dans son placard, s’habilla, ne prit pas la peine de se maquiller puis sorti.
A quoi bon courir quand on est en retard on est en retard, cette philosophie était la sienne, sur la chemin de la gare, elle s’alluma une nouvelle cigarette et relu le mail de Bayan, qu’est ce qu’elle pourrait bien répondre a une telle nouvelle, elles étaient à la foi si proches et si éloignées.
Bayan était sa correspondante depuis le lycée, elles avaient fait connaissance sur un forum de plantes après que Jenna ai demandé conseil pour l’entretien d’un olivier à moitié mort qu’elle avait récupéré dans la boutique où elle travaillait après qu’ils voulaient le jeter. Il prenait la moitié de son studio, mais elle avait trouvé si cruel de voir cet arbre abandonné de tous simplement parce qu’il allait mal, il était hors de question de le laisser. Bayan lui avait donné toutes les informations nécessaire pour lui redonner vie et il était devenu un arbre magnifique qui trônait aujourd’hui encore dans sa terrasse. Depuis, elles n’avaient cesser de correspondre. Bayan était une jeune Palestinienne qui avait grandit en territoire Israélien, Jenna n’avait jamais trop compris ce qui se passait vraiment là bas et n’avait jamais osé en parler avec Bayan. Depuis, Bayan était retournée vivre en Palestine avec sa famille, c’est tout ce qu’elle savait a ce sujet. Bayan aussi ignorait beaucoup de chose de Jenna, et elle ne parleraient jamais de ces choses, non, ensemble, elles parlaient de leurs vies, leurs quotidiens, leurs projets, leurs espoirs, leur possible rencontre, un jour, de garçons, de mode, de cinema, de musique, mais elles n’essayaient jamais d’en savoir d’avantage sur ce que l’autre n’abordait pas. Elles se connaissaient tellement et étaient si inconnues en même temps, c’était pourtant une amitié très forte, après tout, connaissons nous vraiment les gens qui nous entoure physiquement. La distance ne changeait rien à leur amitié, elle causait simplement quelque problèmes de logistique mais leur lien était très fort. Elles avaient 30 ans aujourd’hui et pas une semaine ne s’était écoulée depuis sans qu’elles n’échangent ensemble.
Jenna venait d’arriver à la gare quand elle constata que les trains étaient à nouveau supprimés
- Super, souffla-t-elle, je suis tellement en retard mon Dieu je vais finir sans emploi.
Cette idée la fit curieusement se sentir bien, mais elle savait tout les problème que cela engendrerait, son sourire béa s’effaça d’un coup... elle alluma une nouvelle cigarette puis saisit son téléphone.
- Allo, Cécile, oui je suis désolée je vais être plus en retard que prévu... c’est le train... oui encore je sais, je suis vraiment désolée mais je... je fais au plus vite...
Le téléphone coupa avant qu’elle ne puisse s’excuser à nouveau comme une pauvre larve, ça sera toujours ça de gagner pour son amour propre.
Elle n’en était pas à son premier retard, il devenait de plus en plus difficile pour Jenna de se lever le matin, elle n’avait pas vraiment de but personnel et son seul bonheur était son fiancé Hayden. Elle avait toujours vécu la joie à travers lui ou a travers les autres, elle en était quasi incapable d’elle même. Elle n’avait ni hobby ni passion ni intérêt particulier pour quoi que ce soit et vivait dans la morosité la plus totale. « si j’avais été seule je me serais flingué » pensait-elle souvent » C’était un mal être profond qui n‘avait jamais trouvé ni sa source ni sa solution. Elle s’en voulait souvent lorsque cela rejaillissait sur sa relation, lorsque ce mal qui la consumait a petit feu était si grand qu’elle repoussait Hayden. Ils étaient fiancés et aucun préparatif n’était entamé, sa vision de l’avenir était si trouble que l’immobilisme était devenu son maitre mot. Il avait bien essayé de les lancer dedans, mais elle avait toujours de bonnes excuses pour remettre à plus tard, un an s’était à présent écoulé ainsi. Une fois dans le métro elle se demandait pourquoi, mais elle n’avait aucune véritable réponse. Elle aimait Hayden ça n’était pas la question, faire des choses qui la rendrait heureuse en revanche lui était difficile. Devenir la femme d’un homme qu’elle estimait miraculeux d’avoir à ses coté représentait beaucoup de pression sur ses épaules, il méritait mieux, mais elle l’aimait trop pour le quitter et elle ne savait ni pourquoi elle pensait ainsi ni comment gérer cela. Alors elle ne faisait rien et ils avaient finit par laisser ça de coté.

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