Chapitre 8 - Le Mnémophage (partie 2/4)

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Il aurait pu rester en surface, travailler directement sur les interfaces physiques, garder le contrôle malgré tout. Mais les regards braqués sur lui, la pression compacte qui écrasait l'air, l'odeur persistante du sang qui s'accrochait à chaque inspiration… tout se mélangeait, remontait, lui retournait l'estomac. Son corps refusait cet environnement.

Alors il lâcha prise. Il plongea entièrement. Pas en réalité augmentée. En réalité virtuelle.

— ''J'ai analysé la situation… et j'ai pris une mauvaise décision sous contrainte. Excuse-moi, Eno… d'autres options existaient peut-être, mais leur probabilité de réussite était trop faible dans le temps imparti. J'ai retiré le filtre… c'était, à cet instant, la solution la plus viable… même si… je regrette ce choix. J'aurais pu me protéger pour rester présente, avec toi…''

Un silence passa. Court. Chargé.

— ''T'inquiète Filie… ça va. Dépêchons-nous. Je veux rentrer à la maison…''

— ''Oui.''

Alors ils commencèrent.

Eno sentit d'abord la masse sourde de son propre corps, encore trop présent malgré le retour de Filie. La douleur ne disparaissait pas, elle restait là, étalée sous sa peau, dans sa mâchoire, autour de son œil, dans cette fatigue lourde qui collait à ses muscles.

Mais dès que Filie s'aligna complètement à lui et que le Mnémophage s'ouvrit devant eux, quelque chose changea. Son souffle se posa autrement. Plus bas. Plus précis. La souffrance reculait juste assez pour ne plus brouiller la pensée.

Il n'était pas soulagé. Il était concentré. Et cette concentration, chez lui, avalait tout le reste.

Derrière lui, dans le réel qu'il avait laissé, personne ne bougeait.

Les Theta restaient en place, les armes basses mais présentes. Zeta ne disait rien. Il regardait Beta à la dérobée, les yeux brillants, et par moments une larme glissait sans qu'il cherche à la retenir, silencieuse, trahissant ce qu'il n'osait pas formuler sur ce qui l'attendait.

Beta, elle, observait Eno. Fixement. Sans impatience apparente. Juste cette attention dense, immobile, celle de quelqu'un qui attend un résultat.

Epsilon, iel, semblait ailleurs. Son regard était posé sur son terminal, les yeux glissant sur des lignes qui n'avaient rien à voir avec ce hangar, rien à voir avec Eno. Iel évaluait. Analysait. Quelque chose d'autre, quelque chose de plus grand peut-être, comme si tout ce qui se passait ici n'était qu'un détail dans un calcul bien plus vaste.

Et les autres s'étaient tus.

Dom avait arrêté de tirer. Ses chaînes ne claquaient plus. Ori ne hurlait plus. Sexy et Loli avaient séché leurs larmes sans s'en rendre compte, les yeux accrochés au corps immobile d'Eno, ce corps connecté, absent, quelque part ailleurs. Meni avait relevé la tête, le regard lui aussi posé sur lui. Et Kik regardait Eno avec quelque chose d'impossible à démêler, de l'espoir mêlé à autre chose, quelque chose de plus douloureux, pas encore cicatrisé.

Le hangar n'avait jamais semblé aussi silencieux.

Juste ce silence blanc, tendu, suspendu entre l'échec et la réussite. Un fil ténu que tout le monde retenait sans oser respirer trop fort.

Mais Eno, lui, ne perçut rien de cela.

Avec Filie, ils prirent d'abord le programme d'origine, sans toucher encore aux ajouts, sans chercher immédiatement la faille. Juste la base. La charpente. Le squelette brut de la structure.

Le code était ingénieux.

C'est ce qui le frappa en premier. Pas seulement fonctionnel. Élégant. L'architecture tenait remarquablement bien, les couches s'emboîtaient avec une logique froide, précise, presque belle dans sa brutalité. Le programme savait exactement ce qu'il voulait faire : ouvrir, descendre, localiser, contourner, arracher la mémoire sans détériorer trop vite la structure porteuse. Chaque module préparait le suivant. Les blocs d'analyse, d'injection, de lecture et de stabilisation s'enchaînaient avec une efficacité rare.

Eno sentit un bref resserrement dans sa poitrine, non pas de peur mais de reconnaissance intellectuelle. Quelqu'un avait pensé juste. Très juste.

Pourtant il tiqua presque aussitôt. Pas à cause d'une erreur visible. Justement, non. À cause de cette perfection même.

Le programme raisonnait parfaitement dans un cadre imparfait. Il pensait de manière institutionnelle. Il n'écoutait pas réellement la structure en face de lui ; il lui appliquait des schémas validés d'avance. Il comparait, classait, projetait, forçait la lecture selon des modèles connus et communs.

Or Eno avait vu Angy de l'intérieur, même brièvement, même dans le chaos, et ce qu'il avait perçu n'entrait pas dans un canevas moderne et surtout général. Ce programme ne s'adaptait pas à la structure. Il cherchait à faire rentrer la structure dans ses habitudes.

— ''Il est brillant… mais il pense faux.''

— ''Précision : le modèle de référence repose sur une neuro-architecture contemporaine, standardisée et massivement artificialisée. Taux de compatibilité probable avec un sujet Redo : 13%.''

— ''C'est pour ça que l'effondrement se faisait si rapidement.''

— ''Exact.''

— ''Bon… ce programme ne nous apportera rien. Tout est verrouillé, contenu dans ses propres limites. Il faut chercher ailleurs… en dehors de ce cadre.''

— ''Le Mnémophage lui-même ? Directement dans sa structure.'' Proposa Filie.

— ''Essayons.''

Le Mnémophage s'imposait comme une anomalie totale.

Pas seulement par sa taille ou sa présence. Mais par la manière dont ses structures refusaient toute lecture logique. Rien n'était organisé comme les technologies actuelles, rien ne suivait les architectures optimisées qu'Eno connaissait.

Les modules semblaient empilés sans cohérence apparente. Les connexions se croisaient, se superposaient, disparaissaient dans des couches impossibles à tracer. Comme si chaque partie fonctionnait selon des règles différentes, incompatibles entre elles… et pourtant parfaitement synchronisées.

Eno fouilla sans en comprendre le fonctionnement.

Il perçut alors des accès, des sortes de portes internes, mais elles ne menaient pas à des systèmes exploitables. Plutôt à des zones figées, des sauvegardes mortes ou incomplètes, comme si la machine contenait ses propres états passés sans jamais les exposer réellement. Comme si elle se souvenait de tout ce qu'elle avait été, sans jamais consentir à le montrer.

Et au milieu de ce chaos maîtrisé, une évidence s'imposa à lui, brutale, presque physique : le Mnémophage ne traitait pas le temps comme une donnée linéaire. Il semblait le manipuler comme une matière, comme une boucle, un fil concret qu'il pouvait parcourir, plier, remonter.

Eno n'en comprenait ni le mécanisme, ni la logique, encore moins la possibilité technique. Une telle architecture dépassait tout ce qui existait aujourd'hui. Trop avancée.

— ''Ou ancienne.''

Trop dense. Irréplicable.

Mais il en saisissait la portée. Instinctivement. Dans la tension de sa nuque, dans ce léger vertige qui tirait sous son crâne. Dans la manière dont son souffle ralentissait pour suivre ce mouvement invisible.

Alors il ne chercha pas à démonter. Pas à comprendre. Pas à faire fonctionner selon ses propres standards.

Il s'aligna. Simplement. Acceptant de plonger pleinement dans ce que la machine faisait, sans prétendre en atteindre le cœur.

Il suivit ce fil, cette logique incompréhensible. Il observa le programme que Zeta avait utilisé, mais pas de l'intérieur. De l'extérieur. Directement du point de vue du Mnémophage. Et il remonta les modifications. Pas seulement les dernières. Toutes. Une à une.

Il retraça les interventions de Zeta au fur et à mesure des tests, suivant les lignes rajoutées comme on suit des sutures sales sur une chair déjà ouverte. Chaque correction ajoutée dans la panique, chaque rustine posée sur une plaie encore ouverte. Le travail de quelqu'un qui courait après les dégâts sans jamais prendre le temps de s'arrêter pour comprendre ce qu'il abîmait.

Et là, la rupture apparut nettement.

À travers le Mnémophage, la perception changeait. Tout devenait visible, exposé sans filtre. Eno ne pouvait rien saisir, rien extraire directement, juste condamné à observer, à suivre passivement, mais c'était suffisant. Les lignes du programme défilaient autrement, les couches se révélaient dans leur enchaînement réel, et l'erreur se détacha d'elle-même, évidente, presque brutale.

Zeta. Le programme. Ses tentatives de reprogrammation.

— ''Tout repose sur une logique incomplète.''

Il n'avait jamais intégré le Mnémophage dans son propre fonctionnement, comme s'il n'était qu'un outil passif. Encore moins la structure des résidents, traités comme des variables fixes, figées.

Alors que rien ne l'était.

Zeta n'avait pas reconstruit. Il avait colmaté. À chaque mort, à chaque échec, il avait ajouté de nouvelles contraintes, déplacé des priorités, injecté des corrections d'urgence, volé des fragments de logique au programme initial sans respecter la respiration interne du Mnémophage.

Certaines lignes étaient intelligentes sur le moment, mais agencées ensemble elles tiraient dans des directions différentes. Des conditions se contredisaient. Des appels étaient doublés. Des sécurités déclenchées trop tôt entraient en conflit avec les protocoles d'extraction remodelés et d'origine.

Surtout, il n'avait, encore une fois, jamais vraiment tenu compte de l'individu.

Ni du résident précis. Ni de ses défenses propres. Ni de sa structure intime.

Comme si tous les sujets partageaient la même topographie neurologique. Comme si les résidents n'étaient que des variantes abîmées d'un système connu. Comme s'ils avaient été conçus, eux aussi, sur les bases biologico-artificielles d'aujourd'hui.

— ''L'individualité oubliée… comme les intubateurs de Meni, incapables de percevoir un individu propre, ne traitant qu'une fonction générale, interchangeable.''

— ''Oui. Aucune généralité unique… seulement une constellation de modèles, tous ancrés autour d'un même noyau indistinct, semblable en apparence, mais jamais identique. Logique défectueuse.'' Surenchéri Filie.

C'était absurde. Et plus Eno avançait, plus cette absurdité le heurtait physiquement. Une tension fine remontait le long de sa nuque, s'accrochait derrière ses yeux, descendait jusque dans son sternum avec cette impression presque irritante de voir une évidence que personne, avant lui, n'avait daigné regarder.

— ''Ils sont anciens. Extrêmement anciens… alors pourquoi être passés à côté ? Ils avaient les données. Ils savaient. Zeta le savait forcément. Leur compréhension de la Syncope, des résidents, du Mnémophage dépasse la nôtre… et pourtant ils n'ont pas pensé à ça ?''

— ''Biais systémique. Modèles de pensée figés par la standardisation globale. Incapacité à envisager des structures hors norme. Raisonnement autocentré.''

Un silence intérieur passa. Pas de vide. Quelque chose de plus dense. La sensation de tenir quelque chose d'immense entre les mains sans pouvoir en mesurer le poids exactement.

Ce n'était plus une intuition, c'était devenu une évidence structurelle. Leur technologie interne, leurs systèmes de conservation, leurs sécurités, jusqu'à leur manière d'encoder la survie dans la matière vivante. Tout cela devait être différent.

Pas juste une version primitive de la technologie actuelle. Autre chose. Une autre logique. Une autre époque. Un autre langage du corps.

Et personne n'avait construit le programme en partant de là. Personne n'avait jugé ce paramètre digne d'intérêt. Ni les créateurs du programme dans sa version d'origine, trop sûrs de la validité de leurs standards, ni Zeta dans sa panique, trop occupé à corriger les symptômes pour voir la cause.

Eno resta un instant dans cette certitude, sans chercher à aller plus loin. Juste à la laisser se poser. Se solidifier.

Puis il s'attarda sur la réinitialisation.

L'idée, en elle-même, était remarquable. Il le reconnut immédiatement. Utiliser un retour à un état antérieur pour faire sauter la sécurité, ce n'était pas idiot. C'était même audacieux.

Au lieu d'attaquer frontalement les défenses, Zeta avait cherché à pousser la structure à revenir en arrière. À se délester de certaines couches récentes. À réactiver un état plus brut, plus nu, plus accessible.

Sur le principe, c'était presque parfait. Mais en observant la manière exacte dont Zeta avait réagencé ce segment, Eno sentit son ventre se contracter.

Ce n'était plus un retour. C'était une sommation.

Le code n'invitait pas la structure à revenir sur elle-même avec douceur : il l'y forçait. Les lignes imposaient un état comme on impose une posture à un corps qui résiste encore. Au lieu d'ouvrir une voie de régression naturelle, elles écrasaient les paliers, coupaient les transitions, imposaient directement le résultat voulu.

L'image vint toute seule, sale, physique, impossible à ignorer.

— ''Il force le corps à vomir en enfonçant la main jusqu'au coude pour en extraire ce qu'il cherche, au lieu de le laisser rejeter de lui-même ce qui doit sortir. Le résultat paraît similaire, mais le chemin ne l'est pas : en forçant, il disperse et perd des fragments, alors qu'un rejet naturel expulse tout, sans résidu.''

Filie comprit immédiatement.

— ''Analogie validée. Le protocole ne laisse pas la saturation produire seule son expulsion. Il reproduit artificiellement le résultat final par contrainte directe.''

C'était exactement ça. Même résultat apparent. Pas du tout le même chemin. Et sur une structure aussi ancienne, aussi inconnue que les Redo, ou le Mnémophage, ce chemin faisait toute la différence.

On pouvait obtenir une ouverture en laissant le système se délester lui-même, en respectant sa logique interne, ses protections, sa manière propre de se replier puis de se redéployer. Ou on pouvait lui arracher cet état de force.

Zeta avait choisi la seconde voie. Plus rapide. Plus brutale. Plus moderne dans son arrogance.

Et c'était là qu'Angy avait été brisée. Pas parce que la réinitialisation était une mauvaise idée, mais parce qu'elle lui était infligée comme un ordre externe, pas proposée comme une restauration. L'erreur n'était pas dans la destination. Elle était dans la violence du passage.

Quelque chose se resserra dans la poitrine d'Eno à cette pensée. Pas de la colère. Quelque chose de plus froid. De plus précis. La certitude tranquille que ce qui avait été fait à Angy n'aurait pas dû l'être. Que personne n'avait pris la peine de chercher autrement.

Alors Eno ne chercha même pas à corriger le programme existant. Plus il avançait, moins cela avait de sens. Les couches s'étaient trop contaminées entre elles. Les ajouts de Zeta avaient tordu les équilibres.

L'ensemble respirait mal.

— ''Recommandation : abandon de l'arborescence actuelle. Construction complète d'un nouveau passage. Une nouvelle logique.''

Eno ne prit même pas le temps d'hésiter.

— ''Oui. On refait tout. On ne doit pas penser comme les standards, on doit innover.''

À partir de là, ils s'enfoncèrent plus profondément dans la mémoire du Mnémophage. Plus comme de simples spectateurs. Leur présence s'y inscrivait autrement, directe, mais sans intrusion, sans contrainte.

Ils ne pouvaient rien imposer, rien plier à leur propre logique. Alors ils firent l'inverse. Ils s'adaptèrent. Épousèrent les fonctions mêmes de la machine, suivirent ses trajectoires internes sans jamais chercher à les rediriger.

Et là même Eno le sentit. Comme un poids. Dense. Écrasant. Qui passa dans sa nuque, descendit le long de sa colonne, s'ancrant quelque part sous sa cage thoracique, comme si entrer ici revenait à porter quelque chose de trop vaste pour lui.

— ''Impressionnant. C'est… vertigineux. Combien de couches a-t-il ? On est encore en périphérie et pourtant chaque niveau dépasse déjà tout ce qu'on connaît. Cette complexité n'a rien de moderne… elle échappe à nos standards. Comment une architecture pareille a-t-elle simplement pu émerger ?''

— ''Hypothèse dominante : technologie pré-Syncope, probabilité estimée à 83%. Corrélation avec les données analysées hier soir : le niveau de développement humain pré-Syncope excédait largement celui actuel. Le Mnémophage en constitue un vestige fonctionnel. Classification probable : technologie retrouvée, maintenue en état d'usage, mais dont les principes fondamentaux restent hors de portée. Incompatibilité logique avec les cadres technologiques modernes.''

— ''Oui. C’est évident. Aller Filie, on s’enfonce encore.''

Le disque mémoire était monstrueux. Pas seulement vaste. Dense. Tissé de couches qu'il ne connaissait pas, avec des systèmes d'indexation et de rétention qui n'appartenaient pas entièrement à la logique courante. Il y avait là une complexité qu'ils avaient du mal à saisir d'un seul regard, comme si la machine s'était construite sur des bases hybrides. Mélange de technologie maîtrisée et de principes recopiés depuis quelque chose de plus ancien encore.

Quelque chose qui précédait tout ce qu'Eno avait jamais touché. Jamais imaginé.

Pourtant, à mesure qu'ils progressaient, des chemins s'ouvraient. Littéralement. Les masses opaques de données se mirent à se laisser lire, non pas comme un bloc, mais comme un réseau de pistes lumineuses qui se dessinaient au fur et à mesure sous leur attention. Comme si la machine reconnaissait quelque chose dans leur manière d'avancer. Comme si elle acceptait, pour la première fois, de se laisser traverser.

— ''Bordel… Tu as vu ?''

— ''Oui''

Le Mnémophage avait tout enregistré. Chaque seconde. Chaque appel. Chaque tentative. Chaque variation. Chaque mort. Rien n'avait été perdu. Rien écrasé. Tout était encore là, empilé dans sa mémoire avec une rigueur implacable, mais crypté, hors de portée, impossible à extraire directement.

Le souffle d'Eno ralentit. Il sentit ses épaules se fixer, son attention se resserrer encore, presque douloureusement. Ils n'avaient pas besoin de deviner. Pas besoin d'inférer à partir des ruines.

Ils pouvaient remonter. Revoir. Retrouver le moment exact où tout avait basculé.

Alors il remonta l'extraction enregistrée de Demy, jusqu'au point précis où la réinitialisation avait commencé pour la première fois. Pas l'une des versions corrigées. Pas une tentative tardive déjà souillée par les erreurs de Zeta.

Le commencement brut. Le geste initial. L'instant où le protocole avait été lancé avant d'être déformé par la panique.

Et quand ils atteignirent enfin ce point, Eno sentit quelque chose se verrouiller en lui. Là. C'était là qu'il fallait entrer. Là qu'ils allaient reprendre tout depuis la racine.

Ils virent alors l'impossible.

Le réseau mémoriel de Demy ne se contentait pas de se réinitialiser, il s'effaçait en avançant. Le programme déroulait une réinitialisation forcée, écrasant chaque couche, remontant seconde après seconde jusqu'à l'origine, et derrière lui, tout disparaissait.

Pas déplacé. Pas stocké. Supprimé.

Comme si chaque instant vécu était détruit au moment même où il était réinitialisé. Zeta, lui, n'avait fait que courir après ce mouvement, arrachant des fragments au passage, récupérant ce qu'il pouvait dans une fuite désordonnée, sans jamais ralentir le processus.

Il ne contrôlait rien. Il poursuivait une perte.

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