Mordajn Ÿercoj, premier pas

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Introduction, voilà (ce fut une magnifique introduction je vous l'accorde mais restez jusqu'à la fin l'histoire n'est pas si conne que ça). Raïner s'enfonça un peu plus dans le canapé, ses boucles blondes en désordre, semblant presque absorber la lumière douce de la pièce. Le vieux canapé crissa sous son poids, comme pour lui rappeler qu'il avait déjà survécu à des générations de siestes impromptues et de séries binge-watchées.
« Enfin un peu de détente... » marmonna-t-il en saisissant la télécommande.

Il appuya sur le bouton d'allumage, le visage illuminé par l'écran. Juste au moment où le téléviseur s'éveillait, une voix féminine résonna du fond de la maison.
« Raïner ! Si tu mets encore ton sport d'idiot qui fait plein de bruit, ça va mal se passer ! »

Raïner roula des yeux, habitué à ce genre d'interruptions. Il lança d’un ton détaché :
« C'est soit ça, soit le golf, maman. »

Il entendit un soupir agacé à l'autre bout de la maison avant qu'elle réplique sèchement :
« Mets le golf, alors. »

Raïner, tout en gardant son calme, précisa :
« C'est Cyril D'al-Alïeur qui commente, tu sais. »

La réponse fusa, froide et catégorique :
« D'accord, tu peux mettre ton vieux machin. »

Un sourire en coin se dessina sur le visage de Raïner. Il s'était bien débrouillé pour échapper à l'ennui du golf. Dans sa tête, il se félicitait :
« Je l'ai bien entourloupée, l'autre... »

Le sourire devint plus large tandis qu'il changeait de chaîne. Mais à l’écran, une pub pour le dernier jus de fruits Paquito s’afficha, immédiatement suivie d'une autre pour celui d'Innocent.
« Coïncidence ? » pensa-t-il. « OUI. »

Enfin, le programme tant attendu se lança. Le logo du tournoi mondial de Mordajn Ÿercoj éclata à l’écran, accompagné d’une musique épique. Deux hommes en cabine de commentateurs apparurent, un brun énergique aux cheveux courts et un autre, plus âgé, avec un bouc et des rides bien marquées.

Le brun, rempli d'une énergie débordante, prit la parole :

« SALUTATIONS À TOUS ! POUR RAPPEL, NOUS SOMMES À LA FINALE DU TOURNOI MONDIAL DE MORDAJN ŸERCOJ ! CETTE 154e ÉDITION A ÉTÉ INCROYABLE, PAS VRAI YANNE ? »

L'homme au bouc, que l’on appelait Yanne, hocha la tête en souriant légèrement.

« Et oui, Jamie, un tournoi acharné avec des surprises à la pelle, comme Papegay... On a vu des combats enflammés, bien meilleurs que l'édition 124, celle que j'avais remportée, je le rappelle. Mais dans ce tournoi de folie, deux combattants se sont imposés et ont atteint la finale. »

Jamie, sans manquer une seconde, reprit avec encore plus de verve :

« ET OUI, IL S'AGIT D'EL MUERTE, DONT LE VRAI NOM RESTE UN MYSTÈRE, ET DU GRAND FAVORI, VEGAS, DE SON VRAI NOM JAMES SMASH ! LA PAUSE EST PRESQUE TERMINÉE, LE COMBAT VA REPRENDRE ! »

Raïner fronça les sourcils en serrant un poing :

« Putain, j'ai raté le début... »

La caméra se tourna vers le terrain, où les deux finalistes se faisaient face. D’un côté, El Muerte, petit, bronzé, moustache fine, coiffure gominée en arrière. De l’autre, Vegas, grand, athlétique, châtain avec une mâchoire digne des héros de films d’action. Ils étaient tous deux couverts de légères égratignures, preuve d’un combat déjà bien entamé. En bas de l’écran, un « -13 » barré trônait, signalant que les deux guerriers avaient déjà encaissé pas mal de dégâts.

L’arbitre siffla, et El Muerte lança avec son accent latino reconnaissable :

« Hé, c’est l’histoire d’un papier qui va à la piscine... Mais quand il sort, il se rend compte qu’il a pas-pied. »

Immédiatement, le sol du terrain se transforma en une gigantesque piscine, et El Muerte se débattit pour ne pas sombrer.

Vegas, impassible, rétorqua avec un calme glacé :

« Qu’est-ce qu’une fraise sur un cheval ? Une fraise tagada tagada tagada. »

Un cheval apparut de nulle part. Vegas le monta et galopa à travers l’eau, balançant une fraise tagada en plein sur la tête d’El Muerte. Le bonbon explosa, et l’eau disparut instantanément.

« INCROYABLE ! » hurla Jamie dans son micro. « CE COMBO DE FOLIE, VÉGAS N’A PAS LAISSÉ UNE SECONDE DE RÉPIT À EL MUERTE ! »

Mais El Muerte n’était pas encore hors-jeu. Essuyant son front, il lança d’un ton moqueur :

« Hé, tu serais pas arabe ? Parce que tes attaques sont explosives. »

Une explosion retentit près de Vegas, le projetant dans les airs. Mais même en l’air, Vegas ne perdit pas son sang-froid.

« Mieux vaut tomber dans les pommes... que se prendre la quéquette de Tom ! »

Une pluie de pommes s’abattit sur El Muerte, et alors qu’il tentait de s'en sortir, Vegas lui asséna un coup de bâton sur lequel était inscrit « Tom ».

« OH, C’EST INCROYABLE ! » hurla Yanne. « UNE ATTAQUE QU'IL N'AVAIT PAS UTILISÉE DEPUIS DEUX ANS ! »

El Muerte recula, reprenant son souffle. Il sourit légèrement avant de lancer sa prochaine attaque :

« Mon joueur de foot préféré ? C’est Zidane. »

Un crâne géant et orange se matérialisa et s’écrasa sur Vegas, le clouant au sol.

Vegas, néanmoins, se redressa péniblement et pointa son doigt vers El Muerte.

« T’as une tâche là... »

Le sang d’El Muerte se glaça.

Vegas disparut et réapparut devant lui, posant délicatement un doigt sous son menton.

« Pistache. »

Avec une simple pichenette, il envoya El Muerte valser à travers le stade dans une explosion de couleurs.

« C’EST SA CAPACITÉ ULTIME ! » cria Yanne. « IL JOUE GROS, MAIS C’EST POUR ÇA QU’ON AIME CE SPORT ! »

Alors qu’El Muerte se relevait, il agrippa le menton de Vegas, les deux s’affrontant désormais à bout portant.

« Tu me tiens, je te tiens par la barbichette... » lança El Muerte avec un sourire narquois.

Raïner, pris dans l’action, fut interrompu par une coupure soudaine de courant. Tout s’éteignit.

« Tss… » grogna-t-il.

« Raïner, sors les poubelles ! » hurla sa mère depuis l’étage.

Raïner soupira, se levant avec une lenteur exagérée. Il sortit dans la rue avec les sacs, et en chemin, il lâcha un petit pet. À sa grande surprise, celui-ci explosa avec un son et une lumière dignes d’un feu d’artifice.

« Sérieux ? » murmura-t-il, abasourdi.

Il se dit sur le coup que ce n'était rien d'intéressant mais quand le lendemain ça ce reproduit... Après avoir constaté l’étrangeté de ses nouvelles capacités, passa la journée avec un mélange de curiosité et de scepticisme. « Bon, des pets explosifs, c'est déjà un début... » pensa-t-il en marchant, ses mains dans les poches. Il savait que le mana était une énergie rare, mais comment se l'était-il manifesté à lui, et pourquoi à travers quelque chose d’aussi embarrassant ?

Alors qu’il continuait sa promenade dans son quartier tranquille, il réfléchissait à ce qu’il avait appris sur le mana. L’histoire remontait à environ 160 ans, quand cette énergie mystique s’était révélée au monde. C’était une sorte de force universelle présente dans tout – les êtres vivants, les objets inanimés, même dans des choses aussi banales que du chocolat. Et bien que le mana puisse tout matérialiser, il avait ses limites : il ne pouvait affecter que d’autres objets contenant du mana, à l’exception de l’ouïe et de la vue.

Raïner se souvenait des nombreuses histoires qu’il avait entendues sur des guerriers "légendaires" utilisant cette énergie pour des affrontements épiques, surtout dans le sport emblématique du Mordajn Ÿercoj. Ce sport, qui consistait en des combats acharnés entre détenteurs de mana, était devenu une véritable institution. Les meilleurs combattants étaient adulés, et les tournois étaient extrêmement lucratifs. « Ça pourrait me rapporter un peu d’argent, ça... » se dit-il, pensant à sa situation financière d’étudiant. « Pas question d’en faire une carrière, mais... participer à quelques tournois pourrait être sympa. »

Cependant, un problème persistait : il ne savait pas comment utiliser correctement son mana. S’il devait se battre dans un tournoi, il ne pouvait pas simplement compter sur des flatulences explosives, aussi impressionnantes soient-elles. Il lui fallait apprendre à maîtriser son énergie. Mais où commencer ? Contrairement à d’autres sports, il n’y avait pas de clubs de Mordajn Ÿercoj où s’entraîner. Les combattants devaient, pour la plupart, développer leurs compétences par eux-mêmes, ce qui rendait l'apprentissage difficile.

« Il faut que je trouve un moyen... » murmura-t-il, ses pensées tournant autour de l’idée de monétiser ce nouveau pouvoir sans se ridiculiser. Puis une autre pensée le frappa. « Et pourquoi les blagues nulles sont-elles liées au mana ? » Cette partie-là restait un mystère total. Comment des métaphores douteuses, des jeux de mots ridicules et des blagues de mauvais goût pouvaient améliorer la matérialisation du mana ? Cela défiait la logique, mais c’était une réalité que personne n’avait encore pu expliquer.

Il rentra chez lui avec une idée claire : il devait en savoir plus sur le Mordajn Ÿercoj et surtout, comment utiliser ce nouveau pouvoir. Peut-être y avait-il des ressources, des anciens combattants, ou des forums en ligne pour débutants... Après tout, même les guerriers les plus aguerris avaient bien dû commencer quelque part.
Raïner, de retour chez lui après sa découverte explosive, était bien conscient qu’il allait devoir se débrouiller tout seul pour comprendre comment utiliser le mana. Dans sa petite ville, les gens ignoraient presque totalement l'existence de cette énergie, et ceux qui en possédaient ne s’en servaient même pas.
C’est pour cette raison qu’il avait appelé ses deux seuls amis qu'il jugeait assez ouverts d’esprit pour l’aider à déchiffrer cette énigme : Jean-Paul, un passionné de jeux vidéo et de théories farfelues, et Hugo, plus pragmatique, qui suivait des cours de sciences physiques mais aimait bien donner son avis sur tout, même sans expertise.

Les trois compères s'étaient installés dans le garage de Raïner, entourés de vieux cartons, de vélos poussiéreux et de canettes de soda vides.

« Bon, les gars, » commença Raïner, « j’ai besoin d’aide. J’ai découvert que j’ai du mana en moi… et j’ai déjà eu des résultats, euh... explosifs. »

Jean-Paul, un peu perplexe, grattait sa barbe de trois jours. « Mec, c’est énorme. Mais attends, t’as réussi à faire quoi exactement ? Genre t’as invoqué un dragon ? »

« Non, j’ai pété. Littéralement. Un pet. Mais explosif. »

Un silence pesant s’installa, jusqu’à ce qu’Hugo esquisse un sourire. « Sérieux ? T’as trouvé ton pouvoir magique et c’est des pets ? »

Raïner haussa les épaules, résigné. « Je sais, c’est pas glorieux, mais c’est ce que j’ai. Le problème, c’est que je ne sais pas comment m’entraîner pour ça. »

Jean-Paul sortit son téléphone, visiblement plongé dans une réflexion profonde. « J’ai lu des trucs sur des forums sur le Mordajn Ÿercoj. Y a des gens qui disent que c’est pas la puissance brute qui compte, mais la technique et la blague derrière. Donc, techniquement, tu pourrais peut-être utiliser tes flatulences pour un truc plus… stratégique ? »

Hugo, toujours sceptique, croisa les bras. « Ouais, enfin, on parle de matérialisation, pas de physique. C’est pas juste une question de dire des blagues pour que ça marche, il faut canaliser l’énergie correctement. Et là, franchement, je vois pas trop comment on fait ça avec des pets. »

Raïner se passa la main dans les cheveux, soupirant. « C’est bien ça le problème. Et on n’a personne pour nous expliquer. Personne qui pratique dans cette ville, ou alors ils se cachent. »

« Bah, on a qu’à tester des trucs, » proposa Jean-Paul. « Il faut juste que tu trouves des blagues qui collent à tes flatulences et voir ce que ça donne. »

Hugo ajouta en haussant un sourcil : « Peut-être qu’il faudrait aussi que tu t’entraînes à canaliser le mana dans d’autres parties de ton corps. Tu sais, genre essayer de faire quelque chose de plus… classe ? »

Raïner leva les yeux au ciel. « Ouais, on peut essayer. Mais je sens que ça va être long. »

Le lendemain, ils s'étaient installés sur un vieux terrain vague à la périphérie de la ville pour les premiers tests. Jean-Paul avait apporté un carnet rempli de blagues douteuses, tandis qu’Hugo, fidèle à lui-même, avait bricolé une sorte de dispositif pour mesurer la puissance des manifestations de mana.

« Ok, on commence doucement, » annonça Raïner. Il prit une grande inspiration et lança : « Pourquoi est-ce que les plongeurs plongent en arrière ? » Silence. Puis il termina avec : « Parce que sinon ils tombent dans le bateau ! »

Un léger souffle d’air agita l’herbe, et rien ne se produisit. Jean-Paul haussa les épaules. « C’était pas si mal, mais on peut faire mieux. Essaye une autre. »

Raïner, un peu frustré, se racla la gorge et tenta : « Qu’est-ce qui est vert et qui monte et qui descend ? Un petit pois dans un ascenseur. »

Un petit tourbillon de poussière se forma au sol, mais s’effondra aussitôt. Rien de spectaculaire. Raïner serra les poings, visiblement agacé. « Ça marche pas. Peut-être que c’est juste… mes flatulences qui contiennent du mana. »

Hugo grimaça. « T’es sûr de vouloir te concentrer là-dessus ? Parce que, sérieusement, ça peut pas être ta seule option. »

Jean-Paul se mit à réfléchir à voix haute. « Peut-être que c’est comme un muscle, tu sais. Le mana, tu dois l’entraîner doucement pour que ça devienne plus puissant. Genre, si tu te concentres sur des trucs simples, genre la respiration, tu pourrais… augmenter la puissance de ton mana sans passer par la blague directe ? »

Raïner hocha la tête. « Ouais, je vois l’idée. Je vais essayer. »

Il ferma les yeux et se concentra, respirant profondément, essayant de sentir l’énergie en lui. Mais rien ne venait. Il poussa un soupir. « C’est plus dur que ça en a l’air. »

Jean-Paul lui tapa amicalement sur l’épaule. « On va y arriver. Ça va juste prendre du temps. Et puis, on est avec toi, hein. On va tester tout ce qu’il faut. »

Les semaines passèrent, et les résultats restaient maigres. Raïner parvenait à créer de légères manifestations de mana avec des blagues, mais rien de bien impressionnant. Le plus gros problème était que, malgré tous leurs efforts, ses meilleures attaques restaient ses flatulences explosives, qu’il ne contrôlait toujours pas très bien.

Un soir, alors qu’ils étaient à nouveau dans le garage, Raïner lança, un peu désespéré : « Peut-être que je devrais abandonner. Clairement, je suis pas fait pour ça. »

Hugo, qui en avait marre de l’entendre se plaindre, répliqua : « T’es peut-être pas encore prêt, mais t’as quelque chose. T’as juste pas encore trouvé comment l’utiliser efficacement. »

Jean-Paul acquiesça. « Ouais, on n’a peut-être pas la réponse, mais si ça prend du temps, c’est normal. C’est pas comme si t’étais un prodige du mana, hein. Mais on va persévérer. T’imagines pas à quel point tu pourrais impressionner tout le monde avec des attaques de… gaz. »

Raïner, malgré lui, éclata de rire. Puis, avec un sourire déterminé, il se redressa. « Bon, d’accord. On continue. Mais si je finis par devenir une légende du Mordajn Ÿercoj, vous aurez intérêt à dire que ça a commencé ici, dans ce vieux garage. »

Ils se regardèrent, l’espoir renaissant, et reprirent leurs entraînements bancals, déterminés à trouver un moyen de rendre ces blagues ridicules redoutablement efficaces.
Raïner, Jean-Paul et Hugo étaient de nouveau réunis dans le garage ce jour-là. « C'est p't'être lié à l'humeur du détenteur », suggéra Jean-Paul. « Genre, il faut qu'il soit déterminé pour que le mana se matérialise. Mais je pense pas que t'étais super déterminé quand t’as fait exploser les poubelles, nan ? »

Raïner lâcha un soupir. « Si, si… On tourne en rond. Cette hypothèse, tu l'as déjà émise la dernière fois. On n'a rien, on n'avance pas. »

Hugo, plus réfléchi, proposa une nouvelle idée : « Et si c'était lié à l'environnement ? »

Raïner leva un sourcil, intrigué. « Développe. »

« Bah, les lieux qu’on utilise pour s’entraîner sont petits et pas franchement glorieux, » expliqua Hugo. « Un garage et un vieux jardin, c’est pas ouf. Alors que le *Mordajn Ÿercoj*, ça se passe dans des arènes gigantesques et badass. Peut-être qu’il faut un espace plus grand, comme au parc. C’est bizarre, mais vu qu’il faut déjà faire des blagues pour attaquer, ça me paraît pas si déconnant. »

Jean-Paul, enthousiaste, sauta sur l’idée : « On peut toujours tester. »

Ils décidèrent de se rendre dans le parc le plus proche, une vaste plaine avec quelques jeux pour enfants et des chemins sinueux. Ils choisirent un coin isolé, loin des regards indiscrets, pour mener leurs expériences.

« Allez, Raïner, concentre-toi, » cria Jean-Paul avec un mélange de sérieux et de folie. « Imagine un paysage de fleurs de miel, puis lance une blague nulle tout en pensant à un chat ! »

Raïner resta perplexe, ne comprenant pas vraiment l'idée derrière cette consigne absurde. Hugo, visiblement agacé, intervint : « Mais tu réfléchis, là ? C’est quoi ça ? Une tentative d’humour ou t’es juste un énorme golmon ? »

Jean-Paul répliqua, légèrement vexé : « Faut tester des trucs. D'après *darksasuuunaldo001* sur le forum, ça peut marcher. »

Raïner, malgré lui, décida d’essayer. Il se concentra, visualisa un champ de fleurs doucement bercé par la brise, puis il lança, d’un ton hésitant : « Si la vie était un jeu vidéo, tu serais un PNJ ! »

Rien ne se passa. Pas un souffle, pas un éclat de lumière.

Jean-Paul fit la grimace. « C'est pas vraiment une blague non plus… »

Hugo saisit l’occasion pour attaquer : « Nan, c’est juste que tes théories sont bancales, comme toi, toujours. »

Jean-Paul répliqua : « Moi, bancal ? Je fais des recherches pour aider Raïner ! Toi, tu passes ton temps à critiquer sans rien proposer. »

« Ouais, t'es pas là pour aider Raïner, » rétorqua Hugo, « mais juste pour prouver que tes idées farfelues sont vraies parce que t’as trop le seum de pas avoir de mana. »

« C’EST ENTIEREMENT FAUX ! » s’énerva Jean-Paul.

Raïner, agacé par cette dispute stérile, décida de tenter une nouvelle approche. Il se concentra, serrant ses poings. « Bon, j'vais tenter un truc. Si ça marche pas, on rentre. » Et d'un ton presque désinvolte, il lâcha : « Tu veux une blague à deux balles ? Pan pan ! »

À sa grande surprise, deux pistolets apparurent soudain dans ses mains, étincelants de mana. Il cria immédiatement : « LES GARS !!! »

Jean-Paul et Hugo, interrompus en pleine querelle, se tournèrent brusquement vers lui et virent les armes scintillantes avant qu’elles ne se désintègrent lentement.

Hugo, incrédule, marmonna : « On a fait un truc... »

Jean-Paul, plus réaliste, corrigea : « … *Il* a fait un truc. » Puis, se tournant vers Raïner, il demanda : « T'as fait quelque chose de spécial avant que ça apparaisse ? »

Raïner répondit, encore sous le choc : « J'ai juste soufflé dans mes mains. »

Hugo, observant le ciel qui devenait de plus en plus sombre, proposa : « On devrait rentrer. Le ciel se couvre. »

Ils firent demi-tour et se dirigèrent vers le quartier de Raïner. À quelques maisons de chez lui, ils s’arrêtèrent, contemplant le calme de la nuit qui s’installait.

« À demain », se dirent-ils, satisfaits d’avoir enfin progressé, même s’ils ne comprenaient toujours pas comment.

Mais avant qu’ils ne puissent savourer leur petite victoire, un phénomène totalement inattendu se produisit. Comme par enchantement, toutes les maisons du quartier s'enveloppèrent de flammes, jaillissant du sol en un instant. Un brasier furieux et incontrôlable.

Les trois amis restèrent figés, pétrifiés par l’horreur. Hugo, récupérant ses esprits le premier, saisit son téléphone et appela les pompiers. Jean-Paul, lui, se posait mille questions à la seconde, cherchant désespérément une explication rationnelle.

Quant à Raïner, il resta les yeux écarquillés, figé par le choc. « C’est… c’est pas possible… C’est quoi cette merde ? » murmura-t-il avant de s’évanouir, laissant ses amis dans la panique, tandis que l’incendie continuait de ravager leur quartier.

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