Bartłomiej

3 minutes de lecture

Zatory, Pologne, Novembre 1991, un nouveau-né est abandonné devant la porte d’un orphelinat alors qu’il neige toujours, même sous le porche.

Il est 23h46. Personne ne répond derrière la grande porte, le bébé, même bien emmitouflé dans cinq ou six couvertures, grelotte de tout son petit corps. Il y reste longtemps, au pas de cette porte d’orphelinat, pendant encore vingt bonnes minutes qui paraissent être une éternité pour l’enfant.

Une nonne, une bonne-sœur vêtue de ses habits de religieuse, fini par entendre un bruit suspect et décide de voir ce qu'il y a dehors. Elle tombe sur ce petit être et le prend dans ses bras en marmonnant un léger "Oh mon Dieu", oui c’est un juron mais il lui a échappé, ce qui est compréhensible au vu de la situation.

Elle blottie contre elle le nourrisson qui tremble de froid mais semble s’apaiser auprès d’elle. Il est amené au bord du feu pour reprendre des couleurs, il est nourri et passera la nuit, puis la suivante et encore celle d'après, pour finalement avoir une éducation religieuse parfaite et partir de l’orphelinat, s’il ne trouve pas de famille avant, le jour des ses dix-huit ans. C’est au moment de son départ qui lui sera expliqué l’origine de son identité.

- En dix-huit tu n’as pas trouvé la famille qui te correspondait tout simplement parce que je pense que la personne qui t’a déposé chez nous savait que nous serions une très bonne famille pour toi. Maintenant que tu as l’âge de partir et d’aller vivre ton rêve en France nous allons t’expliquer pourquoi toi, arrivé petit bébé sans nom, sans parents, nous t’avons nommé ainsi. Bartłomiej parce que c’est moi qui t’es trouvé et que je suis née un 24 Août, le jour de la saint Barthélemy et pour ton nom, tu portes le même que celui de l’orphelinat, Joseph KOWALSKI, un de nos anciens prêtres, notre martyr bienheureux mort à Auschwitz.

- Jamais je ne saurais comment vous remercier de m’avoir sauvé la vie, éduqué, donné tout l’amour que chaque enfant, chaque être doit avoir.

Donc il prend ses affaires, enlace sœur Anna avec une larme au coin de l’œil mais sans la laisser couler, fait un signe de la main aux autres orphelins et s’en va dans la brume matinale. Sœur Anna, en serrant son chapelet du plus fort qu’elle peut, regarde son petit Bart s’éloigner vers une nouvelle vie. Elle se retient de pleurer, elle aussi, sur le coup elle pense ne s’être jamais retenue à ce point pour ses larmes.

Pendant près de trois semaines plus personne dans l’orphelinat ne la verra. Elle reste cloîtrer dans sa chambre, sans manger, sans boire. Sœur Anna ne fait que prier et pleurer, elle a peur pour son petit Bart jusqu’au matin où elle se réveilla en se disant que cet enfant n’en était plus un, petit Bart est devenu grand.

Cela lui faisait plaisir, ça y est, c’était un adulte, mais elle aurait aimé le garder tout près d’elle. Le rêve de Bartłomiej était de faire sa vie en France puisqu’à l’orphelinat les enfants apprennent le français et puis il avait beaucoup d’images comme celles de la Tour Eiffel, les plages de Lacanaux Océan et la neige des montagnes du Jura. Cela l'avait fait frémir depuis toujours.

En bref il est 8h57, nous sommes au matin du 4 Novembre 2009, Bart part réaliser son rêve et sœur Anna ne sera plus jamais la même, comme si le départ de son protéger lui avait arraché quelque chose au plus profond d’elle.

Annotations

Vous aimez lire Imany413 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0