Un Projet Pour Tous

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- Waow.

- Oui c'est magnifique.

- Et je n'aurai jamais pu le faire sans toi...

- Bah et nous alors ?

- Oui les enfants, pardon. Un grand merci pour votre aide. Vous avez mérité le meilleur des goûtés !

- Merci tonton !!

- Du coup vous en pensez quoi ?

- C'est très joli et accueillant, les gens seront biens ici.

- Super et bien on va pouvoir vérifier cela très vite, j'ai un jeune du pensionnat où je suis allé l'autre fois qui dois venir, nous allons lui faire passer un entretien d'embauche.

- Oh...je sais pas quelle question on pose pour ça...

- T'en fais pas Zélie, tu sais ici ça peut aussi être un endroit pour toi, peut-être que cela pourrait t'aider à parler un peu plus en écoutant les autres !

- C'est vrai maman ?

- Oui ma pchérie, je pense que tonton Yaya à raison, quand tu n'aura pas école, si il est d'accord, tu pourras venir ici.

Zélie se met à sourire, presque rougir en entendant ces mots qui la réconfortent. Elle regarde sa maman et sert très fort son oncle dans ses bras.

- Euh b...bonjour y'a quelqu'un ? Eh oh ?

Victor et son hyperactivitée s'empressent de courir dans le long couloir pour voir qui vient de s'annoncer.

- TONTOOOONNN ? Y'a le monsieur qui t'a appelé tout à l'heure qui est arrivé !

- Beh comment tu sais que c'est moi ?

- C'est ton accent, j'ai reconnu.

Adanis suit le garçon et s'avance dans une énorme salle, plutôt bien décorée, il y a des chaises partout, elles forment un rond.

- Bonjour Adanis, je vous présente Fadila ma sœur et voici Victor et Zélie, ses enfants. Ils m'ont aidé pour ce local, sans eux ce projet n'existerait pas.

- Beh bonjour à tous, moi c'est Adanis du coup, mais je préfère qu'on m'appelle Adan.

Yakov fait signe à tout le monde de prendre une chaise et de s'assoir.

- Bien. J'imagine que vous savez pourquoi vous êtes là.

- Très franchement non. Madame Suzzie n'a rien voulu me dire, peut-être qu'elle avait peur que je fuis.

- Certainement. Elle parait être froide et mystérieuse.

- Si vous saviez...

- Bon alors je te fais une topo simple. Si tu as des questions n'hésite pas, tout le monde ici, même les enfants sauront te répondre.

D'une voix grave Yakov enchaîne.

- Donc moi c'est Yakov, j'ai maintenant 59 ans et surtout un passé chaotique. J'ai quitté mon pays après une lourde peine de prison. Je vais pas essayé de nier ou de passer par les quatre chemins qui mènent à Rome, j'ai comis un triple homicide. Mais aujourd'hui je veux faire quelque chose de ma vie, quelque chose de bien. C'est pourquoi j'ai, enfin nous, avons trouvé ce local. Je veux que ce lieu soit un endroit où tout le monde peut se sentir bien et à l'aise pour parler des mauvaises choses que nous avons pu faire, que ce soient des choses illégales ou juste des petites choses du quotidien qui ne sont pas bien, pas correctes. Il faut que les gens qui viennent là puissent se rendre compte qu'ils ne sont pas seuls, que nous pouvons être plusieurs à partager les mêmes choses. Du coup, si le projet t'intéresse j'aurais besoin de quelqu'un qui puisse préparer, ranger la salle, qui serait capable de mettre en place une sorte de buffet avec de quoi grignotter et boire, qui pourrait structurer certains débats. Pour le moment je ne peux pas garantir une rémunération, je dois d'abord savoir comment mettre en place une sorte "d'abonnement" au groupe. T'en dis quoi Adan ? Tu marches avec nous ?

- En toute franchise je ne sais pas si je serais capable de ça. Je suis pas forcément un mec sociable, parler et écouter c'est pas mon truc.

- Eh tu sais moi aussi j'ai du mal avec tout ça, mais si on est plein à le faire, peut-être ça peut marcher ?

Adanis est touché par la petite voix de Zélie, il semble réfléchir.

- Je dois vous donner une réponse tout de suite ?

- J'ai besoin d'être accompagné pour que ce projet fonctionne, prends quand même ton temps, mais si tu n'as rien à faire passe la journée avec nous, on a encore des choses à mettre en place, une paire de bras en plus ne serait pas de refus.

- Mais attendez, on se connait pas, pourquoi vous voulez autant m'inclure ? Je suis peut-être une mauvaise personne.

- Tu sais Adanis, Adan pardon, mon frère ne croit pas à tout ça. Il n'a pas besoin de me parler pour que je comprenne qu'il est déjà touché de ta présence ici, ensuite tu n'as pas posé de question sur le triple homicide ou sa peine de prison qu'il a évoqué, ce qui veut dire que soit tu t'en fiches, soit tu préfères attendre avant d'avoir toutes les informations, ce qui ne serait pas mauvais car cela prouverait que tu n'es pas impatient sur ce qui attise ta curiosité. Tu nous raconteras pourquoi tu es en pension si loin de chez toi quand tu en sentira le bon moment.

Fadila fixe Adan avec un regard attendrissant, elle remarque qu'il comprend les mots qu'elle vient d'employer et il semble être inspiré.

- Bon beh banco, je suis partant pour voir ce que ça peut donner, de toute façon je me sens mieux ici qu'au pensionnat.

Ils passent le reste de la journée à très peu discuter à l'oral mais nous arrivons à ressentir qu'ils se comprennent dans leurs regards. Notre jeune Québécois se sent bien et Yakov le sent investi ce qui lui fait chaud au cœur. Ils finissent tous ensemble de mettre tout le local en place, les enfants écrivent des gentils mots réconfortants et font de beaux dessins sur les murs. Fadila est heureuse car cela lui fait du bien de voir ses enfants être à l'œuvre pour une cause aussi belle que le projet que son frère tient à battir.

A la fin de la journée Yakov à le goût du devoir accompli, Adan est assez fier de lui et est content d'avoir pu se sentir utile, Fadila est heureuse et les enfants sont exténués.

Les deux hommes se serrent la main et Adan se permet un clin d'œil qui semble dire "vous pouvez compter sur moi, on se revoit demain".

Tout le monde prend le chemin pour rentrer chez soi et personne ne peine à s'endormir à tel point qu'ils ne prennent pas le temps de manger.

Le lendemain matin Adanis descend au refectoire afin de prendre son petit déjeuner avec ses camarades. Pour une fois il est sûr de lui et n'a pas l'air de se soucier des autres.

Subitement Madame Suzzie apparaît, elle a le visage détendu, aucun des jeunes ne l'avaient déjà vu comme cela, ils sont estomaqués et ne disent plus un mot. Elle s'approche d'Adanis et lui murmure à l'oreille qu'une fois qu'il aura fini de manger il faudra qu'il passe la voir dans son bureau. Elle sort du self et tout le monde se met à chucoter :

- Qu'est-ce qu'elle te voulait ?

Mais il ne répondit pas, englouti tout ce qu'il ya avait devant lui et se leva précipitament pour se diriger dans le bureau de la directrice.

- Vous vouliez me voir ? Demande-t-il d'une voix discrète.

- Oui, je voulais savoir comment cela s'était passé hier avec Monsieur ELEDFASI.

- Très bien Madame, je dois d'ailleurs y retourner dès maintenant.

- Incroyable, je ne vous fais pas perdre plus de temps et vous souhaite une bonne journée.

Il sortit immédiatement du bureau et s'approcha de la porte du pensionnat pour se diriger à peids vers le local de Yakov.

Nous sommes donc à la veille de son dix-huitième anniversaire et Adanis est en route pour son premier travail. En chemin il repense à Danièle, la jolie fille du bus. Il prend conscience qu'il n'a pas encore pris le temps de lui téléphoner et se sent coupable. Il décide se sortir son téléphone et d'appeler la jeune fille.

Elle répondit quasi immédiatement et il en profite pour lui expliquer ce qu'il s'est passé la veille. Sans qu'il n'est le temps de le faire, elle demande si aujourd'hui elle peut le rejoindre à son travail, elle aimerait bien rendre service elle aussi. Evidemment il accepte, il voit ça comme une occasion de passer du temps avec elle.

Il est mainetant 8:07 et Adan attend Danièle à l'adresse qu'il lui a envoyé, mais c'est Yakov qui arrive en premier, aujourd'hui il est seul.

- Bonjour, je suis content de te revoir !

- Moi aussi monsieur. Je peux me permettre une question ?

- Je t'écoute.

- C'est dérangeant si j'ai une amie qui vient nous aider aujourd'hui ?

- Absolument pas, elle peut se joindre à nous avec grand plaisir !

- Oh c'est génial je vous remercie.

- Bon mettons nous au travail avant qu'elle arrive, cela la motivera encore plus si nous sommes déjà en action quand elle sera là, puis les filles aiments bien voir un homme à l'œuvre.

- Super je vous suis.

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