Dix-huit Ans Aujourd'hui

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Cette journée d'anniversaire s'annonce radieuse, Adanis est heureux. Il a fête ses dix-huit et se sent plus léger que l'air.

En ce beau matin de Décembre, il se dirige tout droit à son travail avec une seule idée en tête. Demander à Yakov ce qu'il pourrait faire pour s'inclure un peu plus au programme.

Sauf qu'en arrivant, l'ambiance au sein du local semble froide, presque glaciale. Kalyara et Yakov sont tous deux présents mais figés. Un grand silence rode et personne ne se sent à sa place.

- Bonjour Yakov, vous allez bien ?

- Oui merci. Tu fais bien d'être là tôt, je voulais te parler.

- Parfait, j'ai moi aussi quelque chose à vous demander. Mais à vous l'honneur.

- J'étais en train de montrer à Kaly les locaux et je me demandais...serais-tu prêt à nous parler de toi aujourd'hui ? Cela fait queques jours que tu travailles ici, et je ne sais toujours pas ce qui a conduis tes parents à t'envoyer de force en France.

Adanis ne répond pas tout de suite. Cela serait-il un stratagème afin de tenter de réchauffer l'atmsophère loudre et silencieuse ?

- Euh bah oui, si il n'y a pas trop de monde je peux essayer. Mais je ne comprends pas. Tout va bien ou c'est juste le froid de dehors qui est entré ici ?

Yakov, en vieil homme courageux prend le dessus sur la situation.

- Je me suis permis une remarque qui n'était pas forcément ni drôle ni agréable et j'ai senti que cela à mise mal à l'aise notre nouvelle recrue. Disons que au moins, tu tombes à point nommé !

- Très bien je vois. Savez-vous si des gens viendront ?

- Pour le moment non, je n'en ai aucune idée.

De nouveau, un blanc s'installe. Jusqu'au moment où la sonnerie d'un téléphone retenti. C'est celui d'Adanis.

"- Salut Adan."

- Bonjour Danièle, tu vas bien ?

"- Oui ça va merci, et toi ?"

- Euh ouais ça peut aller.

Le jeune homme est hésitant car assez mal à l'aise, il semble ne pas se sentir à sa place.

"- Bah déjà, bon anniversaire ! Et est-ce que tu es à "Un Projet Pous Tous" ?"

- Oh tu t'en es souvenus ! C'est touchant, merci. Et oui j'y suis. Il y a Yakov et Kalyara aussi.

"- Très bien. Dis leur que j'arrive !"

Mais il n'a pas le temps de répondre que Danièle a déjà raccroché, sûrement sur le coup de l'excitation.

- Bon bah du coup Danièle arrive.

- Super, plus on est de fous, plus on rit. Mais même Kalyara ne croit pas à ses quelques mots.

Chacun part dans une pièce différente. Yakov reste à l'entrée qui disposer le petit déjeuner qu'il a acheter avant d'arriver. Adanis pépare la salle principale en instalant les chaises face à l'estrade. Et Kalyara essaie de s'imprégner de son nouveau bureau.

Quelque minutes après, Danièle arrive en trombe dans l'établissement.

- Monsieur Yakov ? Monsieur Yakov ? Regardez !

- Bonjour Danièle. Tu débordes d'énergie ce matin ! Que se passe-t-il ?

- J'ai passé la nuit à vous préparer des affiches et des flyers ! Jetez-y un œil et dîtes-moi ce que vous en pensez ! Il est où Adan ?

- Dans la salle...

Il n'a pas le temps de finir sa phrase que la demoiselle est déjà repartit, toujours en courant.

Elle se précipite sur Adanis et l'embrasse avec fougue. Elle, est joyeuse et guillerette, lui, à l'air choqué par ce bisou innatendu.

- Bon anniversaire !

- Waow, c'est plus beau cadeau dont je pouvais rêver. Je pensais pas que tu étais tombée en amour avec moi.

- Tomber en...ololooo, tes expressions ! Faut vraiment que tu m'en apprennes ! Mais je pense que celle-là je l'ai comprise !

Ils se regardent tendrement. Il y a clairement de l'amour dans l'air.

- Tes affiches sont supers Danièle. Comment tu as réussi à faire tout ça en une nuit ? Demande Yakov en revenant à la salle principale.

- Grâce à mes études. Je suis en spécialité de graphisme, du coup tout ça bah, ça me connaît ! Et vous en faîtes pas, j'en ai déjà accroché un peu partout sur le chemin en arrivant. Donc peut-être que, attiré par la curiosité, il va y avoir du monde qui va se présenter aujourd'hui, qui sait ?

- Jeune fille, vous êtes tout simplement parfaite ! Un très bon élément pour nous tous ici.

Tout le monde se regarde et l'ambiance est maintenant plus d'étendue. Ils finissent de se préparer pour la journée qui les attend et Yakov retourne voir Kalyara.

- Je tenais à m'excuser pour tout à l'heure. Je ne voulais pas que vous preniez mal ce que j'ai dit, mais avec du recule, vous n'auriez pas pu faire autrement.

- Ne vous en faîtes, Yakov. C'était y il a des années maintenant et je sais qu'il faut que j'apprenne à prendre cette situation à la dérision. Sinon, je ne m'en sortirai pas. Ce qui est le plus dur à digérer là-dedans c'est...mon bébé. J'essaie néanmoins de me rattacher au fait que j'ai eu la chance de le tenir dans mes bras, même si je ne sentais pas son cœur battre ni son souffle sur ma peau.

- Vous voudriez en parler ?

- Nan, et encore moins devant une tripotée d'inconnus.

- Je vous comprends.

Il laisse à Kalyara le soin de finir de s'installer et de prendre ses marques à son nouveau poste de travail. Puis il retourne vers les jeunes.

- Alors Adanis, tu sais ce que tu vas nous raconter ?

- A peu près, mais tout n'est pas bien rangé dans ma tête. J'ai peur de me tromper ou de me mélanger les pinceaux.

- Ce n'est pas grave ça, cela prouvera la véracité de ton histoire et permettra aux gens de ressentir tes émotions à la suite de ton récit.

- Moi j'aimerais bien prendre la parole aussi. S'exclame Danièle, toujours très excitée. Mais je n'ai rien de bien interessant à raconter. Ma vie est tout ce qu'il y a de plus banale. Parents séparés, fraterie liée, scolarité sans faux pas.

- Alors j'ai peut-être une idée. Pourquoi ne pas raconter la vie de quelqu'un d'autre ?

- De qui ? S'interroge-t-elle.

- Celle de quelqu'un qui ne souhaite pas s'exprimer. Une personne qui a encore besoin de prendre le temps pour digérer son vécu. Parler de la vie des autres peut aussi être un moyen de s'exprimer et de faire passer un ressenti.

Tous les trois se regardèrent et ils comprirent de qui Yakov était en train de parler. Kalyara ! Effectivement, peut-être que d'entendre une personne complètement tiers à sa propre histoire l'aiderai à remonter la pente, comme si c'était quelqu'un d'autre qu'elle-même qui s'exprimait sur une vie similaire à la sienne.

Ce n'était une mauvaise idée. De plus, Danièle connaîssait toute son histoire, dans les moindre détails et Kalyara serait présente pour écouter son évocation. Danièle se demanda tout de même si elle n'allait pas mal le prendre. Elle ne voulait pas donner l'impression de s'approprier un récit de vie qui n'était pas le sien.

Cette expérience pouvait aussi bien céler la fin d'une amitié entre Kalyara et Emma, tout comme elle pouvait aussi resserrer les liens entre toutes les personnes présentes.

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