Le vieux renard
Le vieux renard dans son terrier
Comptait le soir d’une vie d’apache
Les poules nues qu’Injuste attache
Au souvenir du poulailler
C’est pas qu’ses puces étaient calmées
Au creux du ventre elles s’excitaient
Sur les cous lisses des affichettes
Rêvant de chair et de gambettes
Les poils du dos se frisottaient
A la vision des boas souples
Que d’un doigt sûr il enlevait
Sur les lits chauds où tous s’accouplent
Le vieux renard dans son terrier
Comptait le soir d’une vie d’apache
Tous les coups qu’il avait tirés
Avec entrain et grand panache
Les rues s’offraient à sa démarche
Les becs goûtaient à sa moustache
Pas une poule au temps ancien
N’aurait boudé le fier indien
Le vieux renard sans son dentier
Ne trainait plus qu’une queue molle
Et dans ses yeux d’larmes noyées
Pleuraient sans fin ses tartignoles
Le vieux renard dans son terrier
Comptait le soir d’une vie d’apache
Tous les plaisirs dans un cahier
Que l’âge à la jeunesse arrache

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