Chapitre 24 : Le visage

2 minutes de lecture

  Un nom tournant en boucle dans mon esprit ; un visage occupant toutes mes pensées.

  L'abandon de Devon dans la réserve.

  Le retour derrière le comptoir.

  La salle comble.

  Mais un seul visage ressortant du lot.

  Le visage.

  Une puissante envie de meurtre.

  Si puissante qu'un pas dans sa direction.

  Puis un éclair de raison : non... Pas maintenant. Trop de monde.

  D'abord, reprendre son poste.

  Servir quelques clients.

  Puis prétendre avoir besoin de faire un tour pour se changer la tête.

  Récupérer des clefs dans une cape avant de sortir.

  Quelques minutes de marche.

  L'arrivée à ma destination : une maison au cœur de la Grande Rue.

  Aucun bruit ne provenant de l'intérieur.

  L'herbe du jardin bruissant sous mes pas.

  La porte du cellier verrouillée.

  La porte du cellier déverrouillée.

  Le retour à l'auberge.

  Puis l'attente, longue. Très longue.

  Des clients et des clients allant et venant.

  Des heures et des heures s'écoulant

  Le soleil et le crépuscule se succédant.

  Le crépuscule et la nuit s'enchaînant.

  Puis enfin, le départ du coupable.

  Aussitôt, la simulation d'une fatigue croissante.

  Fearghus m'ordonnant d'aller me coucher.

  Lui désobéir un moment, jusqu'au rappel d'une menace.

  Rouler des yeux en se rendant dans la réserve pour poser son torchon.

  Et sortir par la porte de derrière.

  La brume m'enveloppant aussitôt. Haut dans le ciel, les lunes m'observant

  Se mettre en marche sans leur accorder un regard.

  À chaque pas, un calme de plus en plus grand s'installant

  Puis une parfaite sérénité à la vue de la maison de la Grande Rue.

  Entrer dans le cellier.

  L'odeur d'un repas dans l'air.

  Des pas et des fragments de discussion quelques part.

  Un mélange de voix d'adulte et d'enfants.

  Sans un bruit, se glisser dans la maison.

  Ma main se refermant sur une poêle.

  Une porte claquant à l'étage.

  S'engager dans l'escalier.

  Un bruyant grincement.

  –Muir ?

  Les craquements du bois se répétant à chaque marche.

  –Qu'est-ce tu fous d'jà là ? L'est encore tôt. Y a un souci ?

  Atteindre le palier.

  Tourner dans la pièce de droite, la pièce d'où vient la voix.

  Et se retrouver nez à nez avec son visage.

  Ses yeux s'arrondissant.

  –A...

  La poêle s'abattant sur son crâne.

  Un bruit métallique explosant à mes oreilles.

  Une onde de choc remontant le long de mon bras.

  Ses jambes chancelant ; son corps vacillant.

  La poêle s'élevant encore.

  S'abattant encore.

  Une tentative d'esquive, mais pas assez rapide.

  Un nouveau choc.

  Puis encore un.

  Puis encore un.

  À chaque coup, mon calme se fissurant. La colère – la rage – m'envahissant.

  Encore un !

  Ses jambes l'abandonnant, trop près de l'escalier.

  Une chute.

  Une succession de fracas.

  À chaque bruit, une pointe de satisfaction.

  Mais insuffisant. Loin d'être suffisant !

  D'un pas vif, enragé, la descente des escaliers.

  En contrebas, son corps s'arrêtant au pied des marches dans un gémissement.

  Un coup d'œil par-dessus son épaule.

  Son regard tombant dans le mien.

  Un geignement.

  Une tentative pour se relever, mais le corps ne suivant pas.

  Sa tête retombant lourdement sur le plancher.

  Plus qu'une marche entre nous.

  Ses yeux roulant dans ses orbites avant de se fermer.

  La poêle s'élevant.

  Retombant.

  Mais s'arrêtant à deux pouces de sa cible.

  Stoppée net dans son élan.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Asa No ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0