CHAPITRE 18 : Histoires étranges
Histoire n°1 : Waka waka eh eh
Tsamina mina eh eh
Waka waka eh eh
Allez, on chante tous ensemble :
Tsamina mina eh eh
Waka waka eh eh
Et on tape dans les mains :
Tsamina mina zangalewa
This time for Africa
Mon petit doigt me dit que la Vierge aussi aime beaucoup fredonner Waka waka eh eh ! Waka waka eh eh !
« J’avais besoin d’une intervention chirurgicale ou d’une intervention divine », dira Shakira lorsqu’elle eut recouvré sa voix perdue en 2017. Ce ne fut pas sa meilleure année, la mega star colombienne ne pouvait plus parler, elle était complètement dévastée, incapable de sortir de son lit pendant plusieurs mois tant la dépression la jetait dans le désespoir et l’amertume. Elle communiquait en écrivant ce qu’elle voulait dire, mais la frustration montait d’un cran quand elle désirait s’adresser à ses enfants qui étaient encore beaucoup trop jeunes pour savoir lire. Les médecins lui recommandaient une délicate opération aux cordes vocales, mais Shakira ne le sentait pas ! Elle avait peur. Contrainte de reporter son « El Dorado world tour », submergée par le stress, vidée de toute énergie, elle eut le réflexe de se tourner vers sa foi : elle se traîna hors du lit et rampa incognito jusqu’à la grotte des apparitions de Lourdes pour y boire l’eau de la source, aux fontaines du Sanctuaire.
En juin 2018 Shakira, après avoir vécu une sorte d’expérience religieuse, retrouve la scène en qualifiant son retour de miraculeux. L’hémorragie des cordes vocales avait cessé, le moral et la forme étaient revenus. Elle donna avec Jennifer Lopez, J-Lo pour les intimes, un show d’anthologie à la mi-temps Super Bowl en février 2020. Et c’est reparti pour d’autres :
Tsamina mina eh eh
Waka waka eh eh
Histoire n°2 : Carabistouille et frisson d’horreur
Cela s’est passé un 31 décembre à l’heure de la fermeture du magasin. Il faisait déjà nuit noire, il ne restait plus que deux clients retardataires qui se dirigeaient en riant vers le comptoir un Carabistouille sous le bras – c’est un jeu de société qui permet d’inventer des histoires rocambolesques à partir de mots imposés, parfait pour mettre l’ambiance un soir de réveillon. Ils étaient déjà de bonne humeur et très heureux de l’avoir trouvé.
C’est Philippe qui était de garde au magasin, moi j’étais restée à la maison pour m’occuper des enfants encore petits à cette époque-là et pour préparer le repas. J’étais debout dans la cuisine, perplexe devant la friteuse qui avait bien choisi son jour pour tomber en panne – on avait prévu des croquettes aux crevettes au menu de la Saint-Sylvestre ! Le téléphone sonna, c’était Marie-Pierre qui me souhaitait une bonne année, adorable. Nous avons bavardé quelques minutes, nous avons ri et nous nous sommes dit comme on le fait toujours dans ce cas-là : « Allez, à l’année prochaine », puis je suis retournée à mes fourneaux – habituellement, c’est mon mari qui s’y colle et c’est bien meilleur quand c’est lui !
Le waterzooi de poisson qui mijotait à feu doux dégageait un fumet appétissant, mais je ne résistai pas à la tentation d’y verser une lichette de crème fraîche pour ajouter du bonheur à sa bouquetière de petits légumes mitonnés. En examinant la friteuse de plus près, je compris qu’elle s’était mise en mode sécurité, j’appuyai sur reset et je pensai toute contente que les fameuses croquettes aux crevettes feraient finalement partie des réjouissances du soir ! Tout à coup, un violent frisson d’horreur me glaça les sens. Je fus prise d’un malaise indescriptible et incompréhensible venu de je ne sais où. Épouvantée, le cœur palpitant d’angoisse, la tête en feu, j’étais en danger de mort sans pouvoir percevoir la source du danger. Je ne comprenais rien, je ne pouvais pas réagir, tout ce que je savais, c’est qu’une peur irrépressible s’emparait de moi sans raison ! Je repris mes esprits au bout d’une ou deux minutes avec une seule idée en tête : savoir si mon mari allait bien ! Je lui téléphonai sans attendre et il me raconta qu’au moment de servir ses derniers clients, il avait aperçu deux jeunes hommes vêtus de noir, visiblement nerveux qui rôdaient devant les vitrines. Au moment où il les vit se cacher sur le côté, Philippe fut pris d’un violent frisson d’horreur qui lui glaça les sens, il eut le réflexe d’appuyer sur la télécommande pour faire descendre le grand volet métallique qui, la nuit, protège les vitrines. Il me dit qu’il n’avait jamais ressenti un truc pareil de toute sa vie, comme une impression de danger de mort imminente ! Les deux types prirent la fuite avec leurs mauvaises intentions, ils devaient s’imaginer que la caisse regorgeait de milliers d’euros en ce soir de fête, si seulement !
Philippe libéra les clients qui ne se doutèrent de rien car ils baignaient déjà dans une ambiance festive et mon mari rentra sain et sauf pour retrouver ses enfants et sa femme dans la chaleur de notre foyer. Il me serra tendrement dans ses bras, son étreinte avait un goût de sursis : on l’avait échappé belle, il était vivant, je n’étais pas veuve. J’avais partagé à distance sa sensation d’effroi. Je pense que tout s’est joué à quelques secondes près et que les deux ombres malfaisantes qui erraient dans la nuit à la recherche d’un mauvais coup à commettre sur une victime facile se seraient révélées être des prédateurs sanguinaires à en croire l’impression de menace que nous avions ressentie. Heureusement que l’amour de ma vie avait eu la présence d’esprit d’abaisser le volet.
Ce soir-là, tous les quatre, nous avons dégustés les meilleures croquettes aux crevettes du monde.
Histoire n°3 : Conseil d’amie : quelquefois, il suffit d’avoir un microscope !
Pour lutter contre les coups de blues intempestifs, j’ai un truc tout simple et original qui chasse la déprime et me laisse à chaque fois ébaubie d’admiration. Le temps de me laisser envoûter, je contemple une beauté froide qui fait chaud au cœur, une beauté à couper le souffle, une beauté naturelle, une beauté mathématique, une beauté si parfaite de la Création qu’elle en ferait louer le Créateur au plus fermé des athées. Je regarde tout bêtement des photos de flocons de neige ! Leur taille moyenne fait trois millimètres, mais la macrophotographie nous ouvre les portes d’un monde poétique de dentelle glacée dont on entendrait presque le tintement cristallin. Je fais défiler sous mon regard gourmand une galerie d’étoiles aériennes, de motifs géométriques éthérés, de minuscules chefs-d’œuvre ciselés, de délicats miracles transparents qui me bouleversent. Essayez donc pour voir et je fais le pari qu’à la prochaine occasion, vous vous planterez sous une averse de neige, le nez en l’air, la bouche ouverte et les paumes tendues vers le ciel, comme un enfant, pour vous parer de ces trésors si inestimables qu’ils feraient pâlir de jalousie, s’il avait conscience de leur splendeur, le plus redondant des rappeurs de la côte ouest embijouté d’un foisonnement d’or et de pierreries à la manière des maharadjas pompeux et désinvoltes. Et c’est gratuit !
Souvent dans la vie, on grossit les problèmes, on ferait mieux de grossir les flocons de neige !
Histoire n° 4 : Une commode pas commode
Un jour, j’ai retrouvé mon bébé Mimi miraculeusement indemne et souriant, un grand tiroir de sa commode renversé à côté de lui ! Il était à l’âge des premiers pas, je l’avais laissé seul dans sa chambre le temps d’un battement de cils lorsque j’entendis badaboum ! Mon petit aventurier avait dû essayer de grimper sur son meuble pour attraper un bibelot. Il était assis par terre, tout joyeux, sans la moindre égratignure. Il suffit d’aller voir les statiques alarmantes des accidents domestiques pour comprendre qu’on a frôlé la catastrophe, pourtant le meuble était très stable et pas très haut, de plus j’étais une maman poule, mais quelques secondes suffisent ! Je me souviens encore de ce lourd tiroir qui paraissait énorme à côté de ses petites gambettes toutes proches. On ne m’ôtera pas de l’idée que le ciel est intervenu pour pallier mon imprudence. À la fois pleine d’effroi et de gratitude, je serrai très fort dans mes bras mon adorable petit escaladeur qui souriait aux anges.
Histoire n° 5 : « Coupe pas tes tifs ! »
Tous les jeudis matin, l’institutrice emmenait les enfants de maternelle à l’église pour jouer de courtes scènes de la Bible. Tandis qu’elle distribuait les rôles, le petit Medhi eut l’honneur d’être choisi pour interpréter le personnage de Jésus. Ce fut le premier rôle de ce bambin liégeois de trois ans qui décrochera trente ans plus tard celui d’Al-Massih, le mystérieux prophète de la série Messiah sur Netflix. Faute de saison 2, le monde entier se demande encore s’il y incarne un messie ou un escroc !
Mehdi Dehbi qui bénéficie dorénavant d’une reconnaissance internationale explique dans une interview que deux ans avant le tournage, il écouta cette voix intérieure qui lui disait : « Laisse pousser tes cheveux. » Il a bien fait de suivre son intuition puisqu’au moment d’auditionner, ses cheveux étaient déjà longs, c’est ainsi qu’il fut choisi pour le rôle principal, aux côtés de l’excellent Tomer Sisley.
Dans l’histoire suivante qui ne manque pas de piquant, on a évité le drame d’un cheveu !
Histoire n° 6 : Pas folle la guêpe !
Un bébé tète tout ce qui lui tombe sur la bouche, c’est bien connu. Heureusement mon bébé François fit une exception qui lui sauva la vie ! Mais oui, vu le titre, je sais que vous avez deviné : une guêpe s’est posée sur la langue de mon fils qui avait neuf mois et qui était assis dans sa poussette. Il a gardé la bouche ouverte pendant quelques secondes qui me parurent une éternité. J’étais figée en regardant cette guêpe qui prenait son temps en explorant la bouche de mon enfant, les idées fusaient à toute vitesse dans mon esprit, mais je savais qu’au moindre mouvement, le petit risquait de fermer la bouche et que ce serait dramatique. Je ne pouvais rien faire qu’espérer, prête à bondir sur un téléphone pour appeler les secours. Au bout de dix secondes que j’ai vécues au ralenti, la guêpe s’est envolée. François n’avait pas bougé, c’était incroyable : un miracle ! Merci mon Dieu !
D’un dard à l’autre, il n’y qu’un pas que je franchis pour vous amener à l’histoire suivante.
Histoire n° 7 : Réalité versus fiction, qui a le plus d’imagination ?
Un romancier habitant Gstaad marié à une femme ayant une enfant d’un premier mariage n’aime pas cette enfant, le couple est un enfer, la femme boit. Un comédien raté enlève Dora et finira par la rendre contre deux millions de francs suisses. L’écrivain se met alors à aimer la petite car désormais elle lui appartient. Voilà le résumé du début d’un livre que le père de San-Antonio a déjà écrit au moment où se produit un télescopage forcené du réel et de la fiction : un matin de mars 1983, la femme de Frédéric Dard lui demande si leur fille Joséphine est avec lui. À l’aube, il prépare le petit déjeuner de la famille dans sa maison de la banlieue cossue de Genève, mais la jeune fille de treize ans n’est pas là. L’horreur entre dans la maison avec une violence inouïe : Joséphine a été kidnappée, il y a du sang sur ses draps et une demande de rançon de deux millions de francs suisses déposée sur la table de nuit. Pris d’effroi, les parents hurlent de douleur. L’enlèvement de la pauvre fillette durera une cinquantaine d’heures.
Le caméraman d’une équipe de tournage de la Télévision Suisse Romande avait profité d’un reportage au domicile de l’écrivain pour repérer sa proie et les lieux. L’ordure avait d’abord pensé enlever le fils de Sophia Loren, mais changea de cible en filmant l’interview du célèbre auteur. Il utilisera une échelle oubliée par le jardinier pour grimper jusqu’à la chambre du premier étage où dormait Joséphine avant de forcer le volet et la fenêtre pour aller plaquer un mouchoir imbibé de chloroforme sur le visage de l’enfant et de la droguer en lui faisant des piqûres sans savoir s’y prendre, d’où le sang !
Frédéric Dard se rend seul dans la nuit au rendez-vous pour verser la rançon, il doit attacher un sac rempli de petites coupures à un filin tendu le long d’une falaise. Il regarde le sac s’éloigner dans l’obscurité.
Deux heures plus tard, le criminel l’appelle pour lui indiquer une cabine téléphonique dans laquelle se trouve l’adresse de l’endroit où il doit venir récupérer sa fille. Joséphine qui avait été séquestrée dans un appartement se réveillera cette fois dans une caravane. Il n’y a personne, elle s’enfuit et marche dans les bois jusqu’à une route de campagne, une voiture s’arrête pour la prendre en charge. Le conducteur qui n’est évidemment pas au courant de l’enlèvement la prend pour une droguée et l’emmène dans un bistrot où enfin, on prévient le commissariat. Le kidnappeur sera rapidement arrêté car il avait été repéré par un couple qui flirtait dans une voiture garée près d’une cabine téléphonique d’où sortit un homme portant un masque à l’effigie de François Mitterrand. Trouvant cela bizarre, la femme avait noté le numéro de sa plaque sur un paquet de cigarette et lorsqu’elle vit les gros titres dans les journaux, elle fit le rapprochement. Le coupable fut condamné à dix-huit ans de réclusion. Cependant, avant le procès, une abominable calomnie se greffa sur le drame : certains esprits mesquins chuchotèrent que c’était le père de la petite victime qui avait goupillé cette histoire de rapt pour faire un coup de pub ! La famille sortira profondément affectée de cette sale histoire. Sous le choc de l’enlèvement de sa fille, Frédéric Dard avait fait lire à un ami son manuscrit pour qu’il soit le témoin de cette malheureuse prémonition et quand le livre parut, il fera cet amer constat : « Les romanciers passent leur vie à écrire des vérités inventées. »
Histoire n°8 : Ne fêtez pas votre anniversaire sur un volcan !
Je tombe par hasard sur Ça commence aujourd’hui qui passe en début d’après-midi sur France 2 – oui, mes journées sont passionnantes ! – le titre de l’émission du jour attire mon attention : L’étrange pressentiment qui a changé leur vie, telle que vous me connaissez, vous pensez bien que je ne pouvais pas passer à côté ! Une jolie jeune fille raconte que lors d’un voyage en Sicile, elle décide d’aller fêter son anniversaire sur le Stromboli, elle dégote un chouette guide, Massimo passionné de photographie qui connaît bien l’endroit, elle discute avec lui par SMS, il est très sympa, tout s’arrange. Mais la veille du rendez-vous, elle est prise d’une angoisse tenace qui la fait douter sans raison précise, elle pense à changer ses plans pour retourner sur la célèbre plage de la baie de San Vito qu’elle aime beaucoup. Comme elle est tiraillée – sa raison lui disait de poursuivre comme prévu, mais sa petite voix intérieure insistait pour qu’elle change ses plans – elle demande un signe à « l’univers » en se promenant dans un parc. Un vieux monsieur s’approche alors d’elle et entame la conversation, il comprend qu’elle visite la Sicile et lui conseille une petite ville balnéaire à ne pas rater : San Vito !
Forte de sa réponse, elle décommande le guide qui très déçu, insiste en lui disant qu’ils fêteront son anniversaire avec des amis. Le choix se complique, elle hésite à nouveau, elle a des scrupules, mais finalement elle tient bon en lui expliquant qu’elle est navrée, mais qu’elle renonce à visiter le Stromboli car elle doit suivre son cœur.
Le lendemain 3 juillet 2019, le Stromboli explose en une éruption spectaculaire. En sécurité sur plage de San Vito, la jeune fille sous le choc lira dans les journaux le nom de la malheureuse victime du volcan en furie, tuée par des chutes de pierres : Massimo.
Histoire n° 9 : L’hommage des éléphants
En Afrique du Sud, dans la réserve de Thula Thula, Lawrence Anthony murmure à l’oreille des éléphants ! Tout commence en 1999, quand Lawrence et sa femme Françoise fondent leur réserve pour accueillir sept éléphants qui seraient condamnés à mort par les autorités s’ils continuaient à provoquer de gros dégâts dans plusieurs petits villages. Mais les pauvres pachydermes issus de différentes hordes décimées par les chasseurs, ne se sentant pas chez eux, s’échappent dès le lendemain de leur arrivée à Thula Thula. Nana, la matriarche avait fait tomber un arbre sur la clôture électrique pour permettre la fuite du troupeau. Lawrence et Françoise sillonnent alors les routes sans relâche et font même des recherches en hélicoptère pour retrouver les fuyards. Des spécimens de quatre tonnes, ça ne disparaît pas comme ça ! Pourtant, il leur fallu une bonne semaine pour mettre la main dessus.
Pour les sauver des chasseurs avides de sang qui affluaient de tout le pays en rêvant de pouvoir tuer un éléphant, Lawrence décida de tisser un fabuleux lien de confiance avec ces superbes mastodontes en restant auprès d’eux jours et nuits. Pendant douze jours, il dormit et mangea sur place, leur chantant des chansons. Peu à peu, ces éléphants très méfiants lui accordèrent leur amitié, et Nana, la reine de l’évasion, s’approcha de Lawrence pour le toucher du bout de sa trompe. Depuis ce jour, les éléphants acceptèrent leur nouveau territoire.
Cette vie n’est qu’une vallée de larmes : Lawrence Anthony mourut soudainement.
Deux jours après sa disparition, il se passa quelque chose d’extraordinaire : le troupeau d’éléphants au grand complet mené par Nana, la matriarche, se rassembla devant sa maison. Les éléphants défilèrent en procession puis s'arrêtèrent et fixèrent la maison pendant des heures pour exprimer leur peine et rendre hommage à leur cher ami Lawrence. Le lien qui les unissait perdura au-delà de la mort, c'est indéniable car trois années de suite, les éléphants sont revenus le même jour à la même heure.
Quel mystère !
Histoire n° 10 : Frisson glacé au coin du feu
Il y a trente ans, à l’occasion d’un concert de Noël auquel il était invité, Laurent Voulzy rencontrait le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, un mouvement qui lutte contre la misère. Que signifie ATD ? Aide à Toute Détresse ! L’appel du père est simple : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »
Après avoir longuement discuté avec le compositeur dans les coulisses, le père Joseph formula une demande : « Il faut que vous fassiez une chanson pour les gens qui vivent dans la misère. »
Laurent Voulzy, embarrassé, laissa passer du temps, trop de temps puisque que le père mourut en 1988 sans avoir été exaucé ! Pris de remords, le chanteur se rapproche d’ATD Quart Monde pour initier à la musique les enfants défavorisés des cités de la banlieue parisienne. Entre-temps, il rencontre lors d’une émission de télévision l’abbé Pierre qui l’encourage : « Joseph Wresinski était mon ami, il vous a demandé de faire cette chanson, faites-la ! »
Il se met au travail à Pâques, en Bretagne, avec son complice de toujours, Alain Souchon. Vers une heure du matin, les deux amis se mettent à chanter les premières paroles de la chanson promise et là d’un seul coup, au coin du feu, la température chute drastiquement, ils sont glacés, les larmes montent et ils sont submergés d’une émotion si forte qu’ils en tombent dans les bras l’un de l’autre. On aurait dit que le père Joseph leur envoyait un message à travers ce phénomène inexplicable. Laurent Voulzy qui s’intéresse beaucoup à la spiritualité, qui pratique la méditation et prie souvent a l’habitude de se faire gentiment chambrer par son ami qui ce soir-là fut bien à court de plaisanteries en ces étranges circonstances qui le marquèrent profondément.
La chanson sortit en 2001 et s’appelle Jésus.

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