La pantoufle de vair 

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Je tiens à vous raconter ma véritable histoire, mon nom est « la Droite ».

Je tiens à préciser que je ne suis pas faite de verre, personne ne pourrait me porter sans me casser et se couper. Je suis faite en vair, pour ceux qui ne connaissent pas il s’agit d’une fourrure de petit gris, qui est n’en déplaise à certains une espèce d’écureuil, moins esthétique certes mais plus confortable, ce qui vous en conviendrez est plus agréable quand il faut danser.

Je me souviens encore de la nuit où j'ai rencontré Cendrillon.

Je me rappelle la façon dont elle m'a enfilée sur son pied, la façon dont elle m'a ajustée avec précaution, comme si j'étais une partie d'elle-même. Elle m'a regardée avec des yeux brillants, et j'ai senti que j'étais prête à la suivre n'importe où.

La nuit du bal a été magique. Cendrillon m'a portée sur la piste de danse, où elle a dansé avec le prince charmant. J'ai senti les vibrations de la musique, les mouvements gracieux de Cendrillon, et j'ai vu le prince tomber amoureux d'elle.

Mais à minuit Cendrillon a dû partir précipitamment, et je me suis retrouvée perdue, seule sur les marches du palais. Le prince m'a trouvée, et c’est là que le cauchemar a commencé.

Séparée de ma jumelle « La Gauche » et de la jolie Cendrillon, j’ai du subir la pire des torturers.

Le Prince désespéré du départ précipité de sa belle et voulant la retrouver, proclama haut et fort qu’il épouserait celle à qui siérait parfaitement la chaussure.

Personnellement, j’aurai dit que j’épouserai celle qui ramènerait « la Gauche »

Donc après cette proclamation, j’ai vu défilé des centaines de pieds , de toutes tailles, de toutes formes, avec des verrues des ampoules , des ongles incarnés, des pieds à l’hygiène douteuse et les odeurs, j’en passe et des meilleurs …à ce moment précis de ma courte vie je rêvais d’être une charentaise.

Enfin après des jours à supporter tous ces essayages, Cendrillon, vêtue de ses haillons,apparu enfin, et malgré tous ces pieds qui m’avaient déformé, je me suis parfaitement ajustée.

Le Prince à la fois ravi que la chaussure trouva son pied mais choqué que ce fut celui d’une souillon et étonné que cette souillon possédait la seconde, s’exclama : « Je n'ai qu’une parole, tu seras donc mon épouse ! » ce à quoi Cendrillon répondit : » Hors de question que j’épouse un homme, tout prince qu’il soit, qui ne saurait me reconnaître sans maquillage! » et d’un bond chaussée de ma sœur et moi , s’enfuit du palais en courant, cette fois-ci je restai bien accrochée à son délicat pied et Cendrillon nous bichonna La Gauche et moi pendant bien des années durant lesquelles nous avons parcouru le monde, je n’ai jamais regretté de ne pas être une charentaise

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