Anxiété
Petite bête tu te caches mais personne n'est dupe. Chacun voit ton ombre sous mes sourires hésitants.
Mes mains qui tremblent et ma respiration saccadée sont les premières invitées, lorsque tu pointes le bout de ton nez.
Petite bête qui prend de la place et qui veut gagner.
Depuis toujours, je ne te laissais pas faire, et te combattais.
Tu as parfois grossi et parfois rappetisé mais tu es toujours là, comme un point noir dans mon esprit.
J'ai appris à t'apprivoiser et à te nourrir pour qu'enfin tu cesses de grogner.
À l'aube de ma trentième année, je suis bien aise de dire depuis que nous cohabitons, que nous avons trouvé un terrain d'entente, un accord.
Tu ne jaillis plus que dans mes yeux et parfois sous ma peau.
Une main qui tient l'autre fait cesser l'agitation.
Quant à mes prunelles océan, je les cligne rapidement.
J'ai appris à te cloîtrer mais pas à te faire cesser d'exister.
Parce qu'au final on s'y attache, aux petites bêtes. Tu es aussi celle qui m'a sauvé par certaines ocassions, bien que tu m'aies fait honte, la plupart du temps.
Ne t'attends pas non plus à une déclaration d'amour, mais saches juste que je t'accepte comme tu es.

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