Chapitre 12

2 minutes de lecture

Je baissais le nez dans mon assiette, pas enchanté par la tournure que prenait la conversation.

  • Figure-toi que j’ai fait des recherches pour toi, balança Thoren.
  • Non, gémis-je.
  • Si, si. Je resterai avec toi, bien sûr, mais nous aurons de la visite cet après-midi.
  • Et tu comptais me mettre au courant quand ? accusais-je, énervé.
  • Je le fais maintenant. Ça fait un moment que je me renseigne sur le marché. Après d'interminables rendez-vous téléphoniques et des heures de casse-tête, j’ai sélectionné trois des meilleurs éditeurs que j’ai pu trouver.
  • Thoren-
  • T-t-t-t-t-t. Je me suis assuré que leurs valeurs correspondaient aux tiennes.
  • Thoren-
  • Elleux sont jeunes, motivés, talentueux et ouverts d’esprit.
  • Thoren, pour l’amour du Ciel, écoute-moi !

Il se tut, les yeux braqués sur moi. J’avalais nerveusement ma salive, et tournais les mots dans ma tête avant de les prononcer.

  • Je suis d’accord-

Mon meilleur ami eut un geste victorieux du bras.

  • Ne te réjouis pas aussi vite. Si j’accepte de les rencontrer, c’est tout simplement parce que je ne veux pas que tes efforts ne mènent à rien. Mais je ne te promets pas d’en choisir un.e.

Le sourire en coin qu’il afficha en réponse ne me rassura pas, mais je lui faisais confiance. Ça allait bien se passer. Si seulement mes pensées automatiques ne me promettaient pas l'échec, j'aurais pu sereinement envisager la situation.

  • Caro mio !

Carmen surgit dans la cuisine, un foulard bigarré noué sur ses cheveux sombres parsemés de mèches blanches, des produits ménagers pleins les mains, interrompant mes pensées.

  • Je vous mets dehors. J’en ai pour une heure, imposa-t-elle en nous poussant sans ménagement vers l’entrée.

Je n’insistais pas, et enfilai veste et chaussures, mais Thoren se permit un grommellement qui lui valut un coup de plumeau au derrière et un regard venimeux.

  • Laissez-moi faire mon travail, gronda-t-elle.

Sur le pas de la porte, Thoren m’adressa une expression bien trop enchantée à mon goût.

  • Il est hors de question-
  • Si, si, si, fit-il en s’approchant de moi avec un sourire prédateur.
  • Pitié, pas ça, suppliais-je.
  • C’est l’occasion.
  • Non-
  • Je ne vais pas passer à côté de l’opportunité de te faire faire un peu d’exercice, Erdan.
  • Je déteste la salle de sport, tu le sais.

Sans prêter attention à mes plaintes, il me poussa dans l’ascenseur et pressa un bouton.

  • Tu avais prévu, avoue.

Je croisais les bras devant ma poitrine, boudeur. Son air faussement innocent ne me trompait pas le moins du monde.

  • Tu oublies chaque semaine, mais je viens toujours le mardi à la même heure, puisque c’est le jour de Carmen et qu’elle te pousse dehors systématiquement, rit-il.

Les portes coulissèrent dans un bruit léger et la main de Thoren se pressa sur mon épaule, me propulsant vers l’entrée de la salle de sport de l’immeuble.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Elio ;) ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0