Tellement de haine.
[Avertissement: ce texte n'est que ma pensée et doit être pris avec second degré (ou presque). Je ne souhaite du mal qu'à moi-même et ne veux blesser aucun lecteur/rice. Cordialement]
J'en peux plus. Je suis dépressif et ça empire de jour en jour. Mon moral ne va plus du tout. J'en peux plus. Je ne peux plus le supporter, tout simplement. Je ne peux plus vivre correctement.
J'en peux plus !
Il n'y a que de la souffrance pour moi en ce monde. Je me sens comme une telle merde. Constament. Depuis toujours. J'en peux plus de mon existence. Je veux mourir. Je veux souffrir physiquement plutôt que mentalement.
Je me mutile, car je préfère me découper la chair au lieu de supporter silencieusement cette souffrance chronique. Je le fais parce que cela me semble naturel. Parce que je me hais. Je me hais. Haine. Tellement de haine envers moi-même. Oh que je me hais. Je veux souffrir. Pas parce que je suis maso, mais parce que je me hais tellement que je suis sado envers ma propre souffrance.
Je me hais. Haine. Tellement de haine envers ma personne. Oh que je me hais. Je veux saigner, je veux m'ouvrir les veines et m'arracher les trippes comme on ettrippe une poiscaille. Je mérite de saigner. Si je dois mourir, ça sera de mes propres mains. La douleur. La haine !
Le cerveau humain est composé de millions et de millions de neurones et chacun d'entre eux ont le mot "haine" gravé en eux.
Une haine parfaite pour le sous-humain que je suis. Une grosse merde. Un incapable, une belle idiotie, une telle incompétence ! Je veux mourir. Je dois mourir. Je ne peux plus vivre.
La haine.
Laisse-moi dire à quel point elle a pris racine en moi depuis que j’ai commencé à vivre. A quel point je me suis pris à me haïr depuis quasiment toujours.
Au début, je croyais que c’était une réaction. Une défense. De la simple modestie. Non. Je me hais pour tout ce que je comprends trop bien et que je continue pourtant à répéter. Pour cette lucidité qui n’empêche aucune gaffe. Pour cette conscience qui n’améliore rien.
Je me hais.
Je me hais pour cette capacité grotesque à continuer alors que je sais que je n’avance pas. Je n’appelle même plus ça de l’espoir. C’est de l’inertie. Une survie mécanique. Le corps qui insiste alors que l’esprit a déjà rendu son verdict. Je me hais pour mes excuses aussi élégantes, rationnelles et convaincantes soit-elles. Je me mens avec compétence. Je me hais pour cette colère que je retourne toujours contre moi. Je n’ai même pas le courage de la projeter vers l’extérieur. Alors je la recycle. Je la rumine. Je l’affûte jusqu’à ce qu’elle devienne précise, méthodique, chirurgicale.
Cette haine ne crie pas. Elle constate. Et ce que je constate, c’est que je suis parfaitement conscient de mes failles et que ça ne me rend pas meilleur. Juste plus amer. Plus fatigué. Plus incapable de prétendre que je ne savais pas.
La haine n’est plus une émotion désormais.
C’est un devoir.
Une mémoire diffuse.
Une preuve continue que je suis encore là, à me regarder être exactement ce que je méprise.
Et le pire, ce n’est pas de me haïr.
Le pire, c’est de savoir exactement pourquoi.
Et il n'y a aucun espoir.

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