38 : Elle dort, sa mort me le dit

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Des sens os en fer

Décente aux enfers

des sentes ose en faire.

Mes parents, mes frères, mes sœurs, mon mari, mes enfants, mes petits-enfants, désolé d'être parti si vite. Entendez-vous mon rire résonner à vos oreilles ?
Le fil n'est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de votre pensée simplement parce que je suis hors de votre vue ? C'est un jour spécial pour moi, de vous savoir réunis autour de moi.
Je vous attends. Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté de ce qu'il convient d'appeler une cloison, une pièce, un autre bord du chemin. À présent, je me sens proche de vous. N'est-ce pas la plus belle place que d'être dans le cœur de chacun d'entre vous ?
Vous ressentez comme tout va bien ?

N'est-ce pas la plus belle place que celle d'être dans la pensée de chacun d'entre vous ?

Sel de mer.
La pluie sur la vague tombe, se brise en menus morceaux.
Eau grise. Vaste, insondable, irremplaçable. S'installe la soif de sel.
Envahissant comme silence intense, le noir flirte avec le sombre sans jamais éclaircir la nuit.
Écaille ceci, écaille cela, ça bouge dans le fond.
Corrige ton regard. Vise la lumière.
Enfin, le vent se lève avec l'aube.
Attendons pour voir.


Que faire d'un soleil qui plombe l'existence ? Bien que le foyer resta froid, je soufflais sur la cendre espérant forger quelques menus glaives. Je n'obtins qu'éclisses émoussées.
Maître bateleur, le fer n'étant pas mon fort, apprenez-moi la souplesse du jonc, la sobriété de la vannerie, la dextérité des mots pivots ceux dont les sens tressent l'imaginaire, accordent une pensée construite ou non, peu importe du moment qu'elle fuse. Au regard des mesurés, j'accordai une écoute particulière à cette enfance insomniaque.
Le calme règne enfin dans cette maison où je ne bouge plus.
Aujourd'hui, je n'irai pas au bois.
Demain, je n'irai pas à travers champs, même si les ânes rient.
Je lis l'attire d'elle. Elle se retourne et ne trouve rien de bon.
De mon côté, lorsque je me retourne, je vois beaucoup de trop. De merveilleux boulets que je me suis auto-lestés pour éviter "l'envolement", des inachevés qui me poursuivent sans relâche, et l'imperfection qui plane en riant. J'aime tout ça. Alors j'avance tête baissée.
Je suis mort,
je mange mes dents,
mon corps est absent,
ma tête dort.

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