Chapitre 5

5 minutes de lecture

Dans sa cuisine, Gladys s'applique à confectionner un entremets framboise chocolat. Elle a proposé de s'occuper de tout pour le repas du soir, mais Richard a préféré commander les plats préférés des filles au restaurant libanais qu'elles adorent. Face à son insistance concernant le dessert, il n'a pas osé lui expliquer qu'il serait plus prudent de ne pas donner à Manon la possibilité de critiquer ses talents culinaires.


###


En se réveillant, il élabore un plan, conscient que ses princesses feront tout pour donner envie à la nouvelle élue de son cœur de fuir à toutes jambes. Il va les couvrir d'attentions pour les amadouer. Le programme sera chargé, mais elles devraient être comblées et, il l'espère, un peu fatiguées. Cela lui permet d'envisager plus sereinement la soirée, qu'au fond de lui il redoute.

Et il commence par leur préparer un bon petit déjeuner.


###


Les jumelles, de leur côté, ouvrent les yeux en même temps, comme toujours.

« Après déjeuner, tu voudras faire une partie de l'île interdite ? » demande Andréa.

Manon ne lui répond pas, son réveil est plus lent que celui de sa sœur. Elle emboîte dans sa tête les pièces du puzzle de la journée et ne commence à être opérationnelle qu'après son bol de cacao.

« Oh ! T'es réveillée ? » insiste son reflet sortant du lit voisin, que machinalement elle imite.


###


Richard les accueille, enthousiaste :

« Bonjour mes princesses. Bien dormi ? »

Elles s'installent et se laissent câliner par leur papa poule. Il verse le lait chaud, distribue les baisers et les tartines.

« Après le bain, on pourrait regarder ce qui passe au cinéma... Ça vous dit ?

— Super cool ! lance Andréa.

— Hum, répond Manon toujours pas bien vive.

— Alors allez vous faire belles mes chéries, et avant on passera au Burgers-Shop. »


###

Andréa hésite devant le contenu de l'armoire et se décide pour un col roulé mauve pailleté, des collants assortis, une jupe ocre en velours qui tombe juste au-dessus de ses bottes noires, puis fouille dans son coffret à bijoux. Manon traîne dans son bain quand elle la rejoint. Un jean slim et un sweat rouge à capuche, trônent sur la panière à linge. Les filles ont des styles vestimentaires très différents, elles détestent qu'on les confonde.


###


Après avoir ingurgité frites et sandwiches américains gorgés de sauce, ils s'installent dans les fauteuils rouges, Richard entre les jumelles, pour découvrir le dernier KiriKou. Manon, ayant bien compris qu'aujourd'hui se serait « oui, sur toute la ligne », n'a pas hésité à réclamer en arrivant un sachet de bonbons et un seau de crème glacée. Les fillettes se jettent des sourires et des coups d'œil satisfaits et complices. C'est la fête !


###

Dans un concert de cris de joie, Richard les emmène ensuite au parc de jeux intérieur. Les gamines l'oublient et se rejouent le film, à leur manière, au milieu des piscines à boules et structures gonflables. Il aime les voir évoluer joyeuses et insouciantes dans le monde merveilleux de l'enfance. Il y retourne lui-même par procuration, en les entendant fabuler. Une après-midi ludique où il ne lui manque que Gladys.


###

Elle, pendant ce temps, flâne dans le centre historique de la ville à la recherche de cadeaux pour les filles. Elle n'aime rien moins que les centres commerciaux et préfère déambuler dans les rues piétonnes où ses escarpins claquettent sur les pavés. Les petits commerces rivalisent d'originalité, ce qui augmente ses chances de leur offrir des vêtements plus tendance. Elle sait qu'Andréa est coquette et Manon plus garçon manqué.


###


Acheter des habits de fillette la remplit de bonheur. Tout est gai et coloré au rayon fille, comparé à celui des garçons qui manque d'originalité. Elle papillonne entre les robes et les petits hauts à froufrou, s'enivre des odeurs parfumées que les commerçants diffusent dans leur boutique. Elle craque pour une robe à volants, qui se gonflera quand Andréa virevoltera telle une danseuse : un rêve. Elle prend aussi un coffret de maquillage.


###


Pour Manon, c'est plus délicat, elle est moins midinette d'après les dires de son père. Un ensemble de sport à l'effigie de Violetta devrait lui plaire, mais Gladys a du mal à trancher entre le noir, le blanc ou le rose. Vu qu'elle prendrait le rose, elle l'élimine, puis écarte le noir, ce n'est pas une couleur pour une fillette. Satisfaite, afin de se donner du courage pour ce soir, elle s'offre un nouveau sac à main très glossy.


###


En toute fin d'après-midi, Richard et les jumelles passent récupérer la commande au libanais. Puis, il leur confie la lourde tâche de dresser une belle table pour recevoir leur invitée. Si Andréa s'y prête avec plaisir, Manon commence à faire la tête. Tout en appelant Gladys pour la prévenir qu'ils l'attendent, Richard avertit sa fille qu'il n'apprécierait pas, qu'après une si belle journée, la soirée ne soit pas tout aussi agréable.


###


Manon qui aime son père plus que tout, décide, pour lui faire plaisir, d'y mettre un peu du sien. En la voyant aider sa sœur en riant, Richard se dit qu'il a réussi son coup. Lorsqu'elle propose de mettre un peu de musique d'ambiance, il est totalement rassuré. Gladys apparaît alors les bras chargés de paquets et d'un immense gâteau. Les gamines la toisent des pieds à la tête avec une curiosité non dissimulée. L'examen d'embauche vient de commencer.


###


Richard se précipite pour l'aider et l'embrasse furtivement sur la bouche. Dans son dos, Andréa se fige et Manon grimace.

« Entre ! Andréa, mets ça au frigo s'il te plaît, dit-il en lui tendant le gâteau.

— Je suis ravie de faire enfin votre connaissance, Mesdemoiselles. Votre papa m'a tellement parlé de vous ! »

Les fillettes s'approchent pour l'embrasser et reconnaissent aussitôt le parfum de l'autre jour sur les vêtements de leur père.


###


Gladys est une belle femme, très élégante, et les jumelles sont impressionnées. Du coup, elles ne sont pas très bavardes et se contentent de suivre Richard, qui la guide dans la maison à la manière d'un agent immobilier. Elle s'extasie de tout et félicite tout particulièrement les filles sur la décoration de leur chambre. Andréa est la première à se détendre, séduite par les manières graciles de cette possible nouvelle amie.


###


Ils regagnent le salon et elle annonce gaiement en distribuant les paquets :

« Ça, c'est pour vous remercier de m'avoir invitée ce soir, je suis si contente d'être là ! »

Les visages des fillettes se détendent et elles la remercient poliment en regardant leur père.

« Si ça ne vous plaît pas, on pourra échanger ! » ajoute Gladys.

Elle constate, aux petits gloussements de plaisir qui emplissent la pièce, qu'elle vient de marquer des points.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Vous aimez lire korinne ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0