74 Bis

5 minutes de lecture

Claudio

J'était seul, asssis sur un banc moussu, sous le vieux figuier, Igniacio, le vieux cousin de ma femme me demandait si les enfants allaient bien, si Naëlle était revenue d'Allemagne, si Ragnarok allait bien...C'était drôle, moi qui parlait un espagnol passable, je comprenais parfaitement Igniacio, assis sur ce banc, en pein soleil à Pavias, petit village pittoresque entre Terruel et Castellon de la Plana. Je savais que je révais, mais c'était si réél, un bruit me réveillat, le chant d'un Muezzin dans la cathédrale d' Albaracin ou la voix aigrelette de Tia Magda qui m'avertissait que je ne devrais pas faire de mal à sa niéce si je voulais garder mes cojones dans le pantalon.

je ne devrais plus consommer autant de punch, de Bloody mary avec Ernesto à la havane, ça me donnait mal à la tête et quand je me réveillais. je ne savais plus qui j'étais, ni où j'étais je l'avais pourtant déjà dit à Ernesto et il m'avais répondu :

  • tu veux un Whisky ? un bon vieux scotch bien tourbé dry, allongé d'eau de source, pour ma part je préférerais un mojito ou deux... pour qui Sonne le Glas hombré ?

C'est sur cette phrase que je me réveillait en sursaut, baigné de sueur, que faisait Ernest Hemmingway dans mes rêves d'Espagne, je ne voulut pas allumer pour ne pas réveiller Näelle. Mais Naëlle ne devait rentrer que demain, se pourrait il que... Je touchais les draps, les tapotais avec la main, aucune autre présence humaine n'était allongée auprés de moi.

Un bruit sec mettalique infernal trouait la nuit, c'était donc ça qui m'avait réveillé, la sonnerie de mon téléphone portable, objet de malheur s'il en était, c'était curieux je croyais l'avoir mis sur silencieux ou en mode avion hier au soir.

Je ne décrochais pas, je ne savais même pas où il se trouvait dans la maison, j'entendis le bip bip d'un message, je n'avais aucune envie maintenant, je voulais me rendormir encore un peu, Naëlle n'arriveras que tard dans l'aprés-midi, je voulais encore dire des conneries avec Ernesto, il était toujours entouré de trés belles femmes, trés sûres d'elles, trés snobs trop sophistiquée et un peu putes sur les bords por ne rien gacher, elles riaient toujours trés fort au blagues salace d'Ernesto et n'hésitaient jamais à montrer leurs seins et leurs cuisses halées au soleil tropical.

J'allais m'endormir à nouveau le téléphone sonnait encore, de façon lourde, insistante, il arretait sde sonner, puis venait le bip d'une sonnerie puis il reccomençait à sonner.... bientot si ça continuait ainsi ce serait l'interphone qui sonnera également, maldito telefono, dejame sonar...

complétement réveillé maintenant je me mis en chasse de cet angin de malheur pour lui clouer le bec une bonne fois pour toute

Pas une fois je me suis dit, ça pourrait être une urgence, une mauvaise nouvelle, je voulais simplement le retrouver pour lui clouer le bec et ensuite pouvoir me rendormir pour rêver à nouveau de Pavias du vieil Igniacio et d'Ernesto qui me proposera de l'accompagner aux arênes tout a l'heure, assister à la lente agonie d'un taureau en compagnie de jolies femmes qui boivent du champagne chaud, en plein soleil et montrent leurs seins, leurs cuisses aux passants en les abreuvant d'insultes grivoises.

Le téléphone sonne a nouveau, ça n'a pas encore réveillé les filles mais ça ne devrait tarder, je m'en souviens maintenant, j'ai deux enfants et ils dorment juste à coté, je cours dans tous les sens désormais affolé, je trouve ce maudit engin sous une paire de chaussette dans la salle de bain, il clignotte, onze appels en absence annonce t'il, autant de méssages,

j'ouvre le sms dont je ne connais pas l'expéditeur, un texte froid impersonnel s'affiche... l'appareil vibre et sonne à nouveau, je lui coupe le clapet directement en répondant, je porte l'écouteur à mon oreille et j'entend qu'on m'appellle par mon nom et mon prénom, une voix neutre, que je ne connais pas, avec un leger accent Allemand, je réponds, fébrile, anxieux soudain :

  • Oui, c'est bien moi
  • Il s'agit de votre épouse Naëlle...
  • Oui, le coupais-je, qui étes vous ?
  • Hopital de Francfort sur le Mein, il s'agit de votre femme
  • Vous me l'avez déjà dit
  • Elle est hospitalisée chez nous

Je ne sais, si, je tombe ou si j'hurle, je sens que tout tourne

j'entend juste, avant que le téléphone, ce maudit téléphone me glisse des mains, alors que je demandais si elle allait bien :

  • Elle est en urgence absolue monsieur, entre la vie et la mort...

Il doit dire d'autres phrases que je n'entend plus, comme un automate, je me glisse à nouveau dans le lit... dans quelques heures il faudra que nous mangions les petites et moi, il me faudra aller chercher Naëlle à l'aéroport, Je l'aime,je suis content qu'elle revienne passer quelques jours à la maison, j'ai honte de moi, j'ai même pensé à la séparation ces derniers temps, je ne pourrais vivre sans elle.

Je veux retourner dans mes rêves là ou je suis si bien, laissez moi retourner à Cuba ou a Kay West avec Ernesto, sers moi du rhum mon pote !

ça rit maintenant sur cette plage le vieil Ignacio danse avec Tia Magda, Ernesto embrasse et caresse une blonde qu'il pétri comme un boulanger son pain et moi aux sons des percussions cribéennes je pars dans un pays ou les fleurs sentent bons, je retrouve une Naëlle eblouissante qui me souris et m'entraine avec elle, et me sussure à l'oreille:

  • Vient te baigner avec moi, me dit elle de sa bouche gourmande alors que ses seins lourds gorgés de miel et de soleil dansent sous mon nez, ou préfére tu qu'on aille s'enfermer dans les toilettes du Jule Verne, rajoute elle en riant .

Mais, est ce sur cette plage de Varadéro ou ailleurs , ça pleure, non ce n'est pas Ibrahim Ferrer et son orchestre... Alors je me leve, mes filles sont réveillées, lorsque l'une pleure, la seconde chouigne juste aprés.

J'ai du mal à marcher, a respirer a réfléchir j'ai mal partout, j'ai envie de pleurer mais rien ne sort ? je les prends toutes les deux dans mes bras, l'une aprés l'autre, bisouille l'une, change l'autre, leur prépare à déjeuner. Je tiendrais bon, pour elles.

Elles sont propres habillées elles ont déjeuné, je m'installe avec la plus jeune sur le tapis de jeu, je demande à l'ainée qui trottine partout de venir auprés de nous, là d'une belle voix grave je leur dit :

  • Papa va devoir partir, il va devoir s'absenter

Dois-je emmener les filles avec moi ?

Je devrais téléphoner à ses parents, aux miens, je descide de n'avertir qu'une seule personne, Tia Magda, je sais de toute façon que c'est à elle qu'aurait pensée Naëlle en premier, aurait pensée, non pourquoi au passé, Naëlle est toujours vivante que je sache,je dois attendre encore avant de pleurer, avant de m'éffondrer, je dois encore téléphoner à Tia Magda, je lui dis simplement :

  • Tia Magda, viens sans attendre, Naëlle a besoin de nous

Sans poser plus de question la vieille dame réponds alors :

  • J'arrives, puis aprés une longue pause, Où est elle ?
  • Dans un hopital, elle danse sur le fil de la vie

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Etienne Ycart ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0