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Naëlle

j'appreciait depuis que j'étais revenue d'entre les morts les plaisirs simples de la vie, acccompagner mon mari à une séance de dédicace en était un. Nous avions quittés Grenoble la veille, Claudio conduisait prudemment, je n'aurais pas accepté de monter avec lui sinon, j'aurais pris le train. D'un commun accord nous avions préférés la route par Luz la Croix Haute plutôt que par la vallée du Rhone, Valence, Montélimar et Avignon. La route de Luz était plus longue, mais plus agréable, moins encombrée de camion, je m'étais installée à l'ariére, j'avais demandée en riant qu'il se coiffe d'une casquette et conduise avec des gants blancs notre somptueuse voiture de luxe. Je m'étais installée entre Louise à ma droite et Nina à ma gauche, j'avais moins de place qu'à l'avant mais je m'en foutais, je n'étais pas dans un trin ou un avion classe affaire, mais en famille, entre mes deux filles, avec mon mari ma place était là.

Je n'avais pas renoncée à ma vie de Wonder Woman, non plus, mais j'étais en pause, de toute façon, c'était l'ex femme de Wegner qui était au commandes désormais, elle ne connaissait pas ma place dans l'ornanigrame du groupe mais n'avait pas pris la peine non plus d'en prendre connaissance.

Un de mes avocats m'avait averti :

  • Soit tu part à l'attaque, soit tu te terre et tu attend que ça se tasse, mais a mon avis, a terme tu seras contrainte de vendre tes parts, je serais toi, je vendrais maintenant que la conjoncture est favorable, le groupe n'est pas encore dans le rouge mais ça m'étonnerait que madame Wegner te conserve ta place dans la salle du trone , sauf si il a signé des papiers... Le mieux c'est d'attendre.

Mais,foi de Naëlle je n'avais pas envie d'attendre, je voulais vivre, manger le bonheur à pleine dent comme une tranche de pastéque l'été, je voulais que le jus coule sur mes doigts, que les pépins se collent à mes joues et quand j' aurais finie la tranche le m'en couperait une autre, puis une autre, jusqu'a ce que je n'ai plus ni faim ni soif.

  • Vendez mes part dit-je sobrement, j'ai assez gagné d'oseille pour voir venir la suite, je laisse à la Wegner les miettes de l'empire de son défunt mari... et les papiers du divorce ?
  • Elle ne les avait pas faut partir, tu parles, dés l'annonce de son accident ils ont fini dans la grande cheminée du salon.
  • elle a donc les pleins pouvoir, les pleins pouvoir mais ni l'audace ni le génie de son mari... ça ne me regarde plus rout ça, je tourne la page, j'ai failli passer à coté de ma famille à cause de tout ça, ma famille passera avant tout, tu me le diras quand tu auras vendu...
  • On essaye un coup avant ?
  • Non, aucun coups, vend mes titres dés que j'aurais raccroché, ma lettre de démission viendra aprés... Reste à l'écoute Victor, mais reste fidéle à la reine mère, je n'ai rien pour toi pour l'instant je te ferais signe quand j'aurais rebondi, j'ai aimé travailler avec toi.
  • Bonne chance Naëlle, moi aussi j'ai aimé travailler avec toi.

Sur ces entrefaites, je raccrochais, puis je me conectait à la bourse, les titres de la honlding avaient déja commencés à dégringoler, mais en les vendant tout de suite, je ferais tout de même une forte plus-value. Je savais qu'une fois les papiers de la vente signée, l'argent sur mon compte je ne reverrais plus jamais Victor, mais ce n'était pas que des mots, j'avais adoré travailler avec lui, puis, qui sais, j'aurais peut être besoin a nouveau un jour d'un avocat en droit d'entreprise.

*

La route fut longue mais agréable, Claudio parlait sans cesse, du Trieve cher à Jean Giono, il me raconte un roi sans divertissement tout en me montrant L'obiou ou le mont aiguille de la main

puis dans la longue descente de Luz a la localité de saint Julien en bochêne pour me parler d'un de Baumugne...tant est si bien que n'y tenant plus, non pas que toutes ces explications m'agacaient, loin de là, je lui demandais si c'était Stendhal ou Giono son écrivain fétiche

La bourde mortelle que je n'avais pas commise, on en eut jusqu'à sisteron où tant il vivait son récit qu'il rata l'entrée d'autoroute... j'en avais un peu marre de cette nationale ziggzaguante, je descidais à ce moment là de lui reprendre le volant, les filles dormaient à l'ariére, j'en ai profité, une heure aprés nous étions garés place de la rotonde à Aix, j'étais un peu saoulée par ces discussions à batons rompus sur les sentiments Gionesquement Stendhaliens où hemingway et Rimbaud, je ne sais comment montraient le bout de son nez, je le chassais à l'ariére ou sur le siége passager et lui ordonnait de me trouver une radio actuelle où on chantait des airs entrainants d'aujourd'hui.

*

Ah cette sale de bal, encombrée de livres, qu'elle était donc triste et froide, une noria de jeunes et jolies filles, toutes engoncées dans des jeans moulant, portaient nonchalement sur le bras gauche un cardigan bleu nuit, commandant de marine, aucune d'entre ellesn'avaient oubliées le petit top Parme et le rouge à levre assorti.

certaines minaudaient vraiment beaucoup, je dus montrer crocs et griffes une fois ou deux, sous l'oeuil courroucé de mon mari. Que voulait il ? S'amuser, encore et encore ?

J'étais de retour dans sa vie, je n'avais aucune envie de le voir partir à nouveau au bras d'une de ces catins qui se donnaient un air mystérieusement provocateur...

Mystérieusement provocateur mon cul ! Touche pas à mon mec salope... excusez moi, je crois que je me suis un peu emportée

cette nuit bien entendu, je vais l'empecher de dormir, je ne veux pas qu'a Marseille demain,des donzelles au trench coat sur le bras le mangent du regard comme s'il était un cornet vanille pistache.

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