Un chou est un chou, un sou est un sou

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Un matin dans sa masure, Bernard se lève tout guilleret. L'année est bonne, son potager se porte bien. C'est alors que son vieil ami Jean toque à sa porte à grands coups rapides :

— Bernard ! Bernard ! Ouvre-moi vite, j'ai besoin de toi ! Beerrnaaard !

— Tiens-toi tranquille, j'arrive ! T'es plus pressé que ton jour de paye !

L'homme ouvre à son ami, qui commence à parler avant même d'être entré :

— Bernard, j'ai besoin de deux choux. J'ai des invités et il me manque deux choux.

— Eh bien, tout ce foin pour deux pauvres choux ! Viens-là, j'en ai justement cueillis ce matin. Mais tu me les rendras, hein ?

— Bien sûr, je te rembourserai, j'ai tout plein de carottes chez moi.

— Comment ça des carottes ? Mais je te donne deux choux ! Tu ne vas quand même pas me rendre des carottes !

— Si les carottes ne te plaisent pas, Bernard, je peux te payer aussi. Je t'en donne un sou chacun.

— Mon Dieu, tu es tombé sur la tête ! Je te donne deux choux et tu veux me rendre deux sous ! Et comment je mangerai alors ? Un chou n'est pas un sou !

— Mais que veux-tu alors ?

— Eh bien, je veux des choux !
— Mais si je viens te voir, c'est que je n'en ai pas des choux parbleu ! Sinon qu'est-ce que je viendrais m'enquiquiner ici ?

— Macarelle ! Je sais ce qu'on va faire. Je te donne des choux, tu les cuisines pour tes invités, tu les mets sur la table, puis tu leur dis de ne pas en manger et tu me les rends.

— Qu'est-ce que c'est que ce plan miteux mon vieux ? Tu es devenu fou ? Je ne vais pas interdire à mes invités de manger !

— C'est vrai. Alors tu m'invites, et je mangerai les choux. On ne pourra pas dire que tu refuseras de nourrir tes invités.

— C'n'est pas faux. Mais alors, qu'est-ce que je pourrais donner à mes invités ?

— Bah, des carottes !

— Ah non, pas mes carottes. Comment vont-ils me les rendre s'ils ne font pousser que des choux ?

— C'est embêtant. La solution serait que tout le monde fasse tout pousser.

— Mais alors, pourquoi irait-on manger ailleurs si on a tout chez nous ?

— Eh bien on irait pas. Et alors plus besoin de rembourser.

— Et alors plus besoin de tout faire pousser pour pouvoir rembourser les aliments qu'on a pas.

— Et alors on irait chez les autres les manger.

— Mais donc on en revient au même problème, non ? Qu'est-ce que t'en penses Bernard ?

— Et bien, Jean, j'en pense qu'il faudrait qu'on accepte autre chose que des choux ou des carottes...

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