Addiction mortelle

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Année 2052

*Crigling*

Mia sursauta en entendant les bruits de verre se brisant.

Elle se retourna et fit face à Alex qui, tout penaud, contemplait son carnage.

— A bah merci Alex, soupira-t-elle, excédée par les maladresses de son neveu.

Le garçon, un rouquinet de 19 ans, lui adressa un petit sourire gêné... doublé d'une grimace coupable.

— Désolé, Tata, soufla le gamin sans même lui jeter un regard.

Mia souffla à nouveau mais se tourna vers ses placards pour en sortir son petit balais.

— Tiens, nettoies vite, ordona-t-elle, déposant les outils près du garçon.

Elle se décida à le laisser seul et elle s'éloigna lentement.

Aux yeux de tous, c'était juste sa façon de marcher : boitant légèrement, tanguant comme si elle avait pris une bouteil de trop. Mais la vérité était bien pire.

Mia arriva dans son salon, elle s'éffondra sur le fauteuil-lit et attrapa son ordi portable.

En un éclair, elle tapa le code, dévérouillant l'accès à son monde numérique.

Elle prit soin de déconecter la wifi et se connecta sur Scribay. Un site désormais accessible qu'en réseaux spécial et clandestin ; la 4g.

Là, sous les yeux de Mia, un nouveau monde se mattérialisa. Son monde.

Elle remarqua que "Oliv'rette76" avait publié une nouvelle histoire. C'était son autrice préféré. Ses écritures passaient par tous les genres et, contrairement à beaucoup, elle réussissait à poster tous les 3 jours.

Mia avait tout lu. Ses livres préférés ? Ceux qui parlaient de princes et de sorcières. Ceux qui réunissaient amour et trahison. Ceux qui défiaient les codes. Oui, ça, elle en raffolait !!

Mais ce qu'elle préférait le plus c'était écrire. Elle même.

Tout comme "Oliv'rette76" elle possedait une imagination débordante... qui ne pouvait se contenir dans sa petite tête. Alors elle écrivait. Ses pensées, ses rêves, sa vie. Elle les transformait en aventures épiques, en contes fantastiques et en roman d'amours.

Elle, son pseudo était "Ami_sans nom" le "ami" étant un anagrame de son propre prénom, elle était plutôt fière de sa trouvaille.

— Tata ?

Alex surgit dans le salon, téléphone en main.

Mia ferma vivement son ordinateur dans un "clac".

Heureusement pour elle, Alex n'y preta aucune attention.

— Je dois aller chercher Capucine, désolé, expliqua le jeune homme avec gêne.

— Ne t'inquiètes pas, sourit Mia avec l'espoir qu'il ne remarque pas sn corps crispé. Va chercher ta sœur !

Alex lui rendit son sourire, enfin rassuré, et s'approcha pour lui faire la bise. Cependant, il s'arrêta avant.

— Dit, tata... pourquoi n'as-tu aucune technologie chez toi ?

Devant le regard troublé de Mia, il continua :

— Chez moi, par exemple, j'ai des robots de partout ; ils nettoient mon sol, mes fenêtre, font ma vaisselle et changent même les dras ! Mais toi, t'as rien... à part ce vieil ordi et ton ancien téléphone.

Mia resta silencieuse, prise sur le fait.

Comment expliquer à ce gamin que c'était juste pour se protéger ?

Parce qu'elle enfraignaient les règles. Tout ça pour vivre. Non, survivre.

Depuis que l'écriture avait été interedi, sa vie était devenue un enfer. Alors pour retrouver cette part perdue, elle avait coupé toute technologie nouvelle.

En ces sombres années, les gens étaient tous bourés de mauvaises attentions. et le gouvernement... n'en parlons pas !! Le monde était presque devenu une dictature. Les humains étaient surveillés, tout le temps. Il y avait des caméras de partout... environ une vingtaine par maison ?

Pour Mia, devenir une hors-la-loi était devenu vitale, alors, elle avait sacrifié son confort.

— Tu sais à quel point je suis minimaliste ? souffla Mia, sentant son sang se glacer dans ses veines.

Alex ne devait pas savoir !

Personne !!

Le garçon haussa les épaules et lui fit finalemennt la bise.

*Smack* *smack*

Et puis, avec un dernier salut, il s'éclipsa.

*Blam* claqua la porte, derrière lui.

Mia attendit quelques minutes pour être sur qu'Alex était bien repartit. Elle ne voulait pas prendre le risque d'être à nouveau surprise.

Et puis... un doute traversa son esprit.

Et si Alex avait compris ? Ce qu'elle faisait chaque fois, son êtat, l'apparence de son "chez elle" ? Et s'il décidait de la dénoncer ?

Non, Alex n'étais pas comme ça.

Aussi maladroit qu'impulsif, il l'aurait confronté.

— Arrête de te prendre la tête, Mimi, se murmura-t-elle avant de ranger son ordinateur.

Maintenant que le doute planait dans son esprit, elle préférait aller se laver.

C'était plus sain. Moins dangereux.

Elle retira son pull et se retrouva en brassière.

Maintenant, elle se souvenait qu'elle voulait aller courir, ce matin.

Mais faire du sport dans cette citée de fer et d'espions... c'était tellement différent de l'époque. Mia avait à peine 30 ans, et pourtant, elle connaissait "l'ancien monde" des récits de sa mère. Même à sa naissance et dans son efance, la vie était encore vivable. Mais tout avait fini par changer. Parce que tout change un jour ou l'autre.

Mia se rendit dans sa chambre.

Elle attrapa son pijama, étalé sur son lit, ses souvêtements et sa couverture.

— Go, douche !

Juste après, elle était dans sa salle d'eau.

Elle entra et ignora son reflet dans la glace.

Elle était horrible.

Et ce, depuis l'interdiction, depuis l'addiction.

Si ses bras étaient gris et touts craquelés, si ses cheveux tombaient, que ses orteils devenaient noirs et qu'elle n'avait que la peau sur les os... c'était à cause de l'écriture.

Et voilà ! Elle n'avait pas pu s'en empêcher et s'était contemplée.

Voir ces cernes sous ses yeux... et ses lèvres bleu-jaune. C'était éffrayant.

Mia posa ses affaires sur le lavabo. Elle allait se déshabiller entièrement mais... une douleur lacinante lui vrilla le crâne.

Aigüe. Sourde. Insuportable.

Mia s'éffondra au sol.

Mais elle avait tellement mal qu'elle n'entendit le choc... ni le sentit.

Elle se retrouva recroquevillée, au sol, mains sur les tempes.

Sa vue était devenue trouble. Floue.

Mia ne pouvait même plus penser... et puis vint l'envie de vomir.

Elle n'avait rien manger depuis deux jours. Elle n'y arrivais plus et devait se forcer...

Elle se redressa tout de même et tenta de ramper jusqu'aux toilettes mais n'y parvint pas.

À bout de force, elle se laissa à nouveau tomber et... tout devint noir.

Mia perdit connaissance.

— — —


2 mois plus tard.


Debout devant la tombe, Alex prit une profonde inspiration.

Il ne voulais pas pleurer. Il ne devait pas.

Pas devant sa sœur, sa mère ou même sa copine. Et encore moins devant le reste de sa famille.

Surtout que c'était de sa faute.

C'était lui qui passait le plus de temps avec Tante Mia. Il aurait du s'en rendre compte.

Il aurait du comprendre ce qu'elle faisait. comment elle se tuait, petit à petit.

— Nan, s'il vous plaît ! gémit Irène, la mère d'Alex et la grande sœur de Tante Mia.

Elle était la plus dévastée.

Elle pleurait, hurlait, s'accrocher.

Et encore, là, son état était minime quand on repense à sa crise, lorsque le corps de Mia avait été retrouvé, à peine deux semaines plutôt.

D'après la police, elle avait perdu connaissance à cause de la maladie et son corps avait juste lâché.

Ce n'était sûrement pas arrivé qu'une fois. Il y avait du en avoir d'autre.

Mais personne n'avait rie remarqué.

— Je sais qu'elle aimait écrire... mais... mais elle avait arrêté !! Elle voulait vivre !! cria la mère d'Alex.

Il serra les dents, sentant à nouveau les larmes monter.

Quelle fin tragique.

Il n'aurait jamais cru cela possible...

Paula, sa petite amie lui attrapa la main sans rien dire.

Ils se entrelacèrent silencieusement leurs doigts, et restèrent ainsi longtemps... Très longtemps.


— — —


Fin


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