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Monsieur le Président,
Je vous épargne les banalités.
Il n’y a quasiment plus rien à se mettre sous la dent. Nous subissons, année par année, bercée dans la lumière mensongère de ceux qui gouvernent notre pays.
Le foyer de notre nation s’essouffle. Un râle lent et douloureux. Une souffrance perpétuelle qui passe sous silence. Sous Omertà. Parqués comme des bêtes, fusillés sous les projecteurs, nous sommes là dans le bruit sourd, dans la violence quotidienne, ballottés entre nos vies et notre société défaillante. Les maux sont là. Dans les écrits, dans l’art, sur les réseaux sociaux. Là, entendus, lus, oubliés. Il n’y a pas de paroles suffisantes pour exprimer tant de désespoir. Les images parlent d’elles-mêmes. Nos bandages imbibés collent à la peau. Le sang noircit comme l’espoir.
Des chaînes aux chevilles, des corps amaigris, des cordes vocales brisées, nous marchons dans un pays en flamme. Le feu n’est visible que pour ceux qui désirent appartenir à la liberté. L’argent domine. Il mutile. Il assassine. Ne sommes-nous pas déjà morts ?
Des professeurs manquants, jamais remplacés. Des classes condamnées dès le départ. Des cours lourds, régurgités, sans âmes. Nos écoles s’effondrent comme un château de cartes, souillés par les serviteurs du marché illicite. Nos élèves anxieux, abandonnés, sont épuisés. Largués. Que faire demain ? Quoi être hier ? Que penser aujourd’hui ? Personne ne panse les plaies de nos jours. L’hôpital tremble encore et encore. Des débris autour de sa carcasse. Des lits brisés. Des vies endeuillées. Des patients laissés sur le bas-côté. Médicaments détournés.
Je me tiens au bord du précipice. Pourquoi l’amour d’une nation est-il considéré comme un crime ? Le drapeau est jeté, tâché, brûlé. Nous sommes traités comme de la vermine. Pourquoi n’avons-nous pas le droit d’apporter notre soutien à notre souveraineté ? Nous sommes condamnés à l’échafaud, à la pendaison, à la guillotine. Ne sommes-nous pas déjà morts ?
La guerre est là. Partout. En nous. En vous. Derrière. Devant. À jamais là. Notre pays est au centre d’un cataclysme.
Les paysans français, assommés par les normes et les standards élevés, affronte, à perte, l’agriculture d’ailleurs, préférée par les entreprises de notre pays. Certains crèvent dans le silence. Évoqués comme oubliés.
Et la justice, y croyez-vous ? Cette même justice, sans le sou, qui perdure étonnemment. Des criminels arpentent nos rues. Des agresseurs, des violeurs, des cambrioleurs. Libérés, jamais inquiétés, et dont les crimes ne seront pas payés. Qu’en est-il de leurs victimes ? Celles qui, pour toujours, saigneront de l’intérieur. La souvenance de leurs agressions continuera de les hanter. Leurs cris silencieux déchireront encore et encore notre société mourante. Qu’en est-il de la parole des femmes qu’on remet en cause ? Celles qui s’essoufflent sous les coups de leur conjoint ? Celles qui meurent dans l’indifférence ? Qu’en est-il des enfants abandonnés à la violence domestique et au viol ? Qu’en est-il des prisons qui n’en sont pas ? Qu’en est-il de cette guerre de religions qui assassine nos concitoyens ? Est-ce là un rêve irréalisable que de vivre harmonieusement ?
Je vous épargne mes salutations.
Elles ne seront qu’un énième mensonge de plus dans ce vase qui déborde.
Un gouvernement sert son peuple. Le peuple français ne vous importe-t-il pas ?

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