Chapitre 14°) Les Trois Grands Crimes de l'Humanité

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"7 weights" par Koichi Sakita (崎田 浩一), pour le jeu vidéo "Umineko Naku Koro Ni" :

Puisque ça faisait une minute que Carla et moi nous regardions en silence, je voulus savoir ce que mes nouveaux amis faisaient.

Je vis donc Luka et ses amis dans la chambre de Kave. Florian jaugeait les bouteilles d'alcool. Bobby prenait des mesures sur le propriétaire de la pièce. Luka se plongeait dans la fourrure de sa peluche préférée.

- Tu fais quoi ? télépathisai-je.

- Disons que j'ai compris que Kave rejoignait Florian... Sur le plan vestimentaire. Je vais donc leur faire des costumes qui ne tiennent pas trop chaud, mais qui, en apparence, auront tout d'officiel.

La réaction de la lectrice de pensées que j'étais ne se fit pas attendre :

- Attends, ça veut dire que Florian et Kave vont devoir porter des vêtements ?

- Va-s-y, traite-nous de putes, tant que t'y es ! réagit le métamorphe Philippin.

- C'est toi, qui le dis, pas moi ! rétorquai-je.

Une fausse quinte de toux de la part de mon amie me fit signe.

Nos esprits ensorcelés se dirigèrent dans la forêt de Fleurs, nous lévitâmes devant la mine Lennox.

La police avait bouclé les lieux, mais de nombreuses entités spirituelles observaient les lieux. Je voyais même quelques élémentaux d'air.

- AH BEN ENFIN ! lâcha un monstre de genre masculin.

Un homme était apparu devant nous, il s'exprimait avec un accent Roumain.

Il portait un costume cravate sans manches, celles de sa chemise étaient remontées. Il arborait un chapeau plat.

Cet homme était d'origine Rom.

Ce n'était pas un homme, c'était un monstre. Je ne pouvais pas percevoir les odeurs, mais je percevais son aura.

Luka et le robot noir que j'avais rencontré dans la mine semblaient enveloppés dans des flammes, elles-mêmes étouffées par les ténèbres. Madame Hawks et moi projetions des poussières dorées multicolores. L'aura des démons dessinait la silhouette du diable, avec les cornes, les ailes de chauve-souris et la queue en pointe de flèche. Celle des fées dessinait une princesse ou un prince aux ailes de papillon.

Ce qui émanait de cette créature était un mélange des deux.

Thème du "Coeur" de "Undertale" ("Core" en anglais) par Toby Fox (remix par UNDERTALE 8TH ANNIVERSARY SPECIAL - Core [Epicified] par Epic) :

- Petit calcul ! Déjà...

Le monstre à visage humain fit apparaître un hologramme. C'était mon combat contre les vampires.

- Quand tu décimais nos hommes, j'ai clairement entendu "Putain" et "Connards"... Ce qui veut dire que tu es Française...

L'hologramme représenta ensuite des écrans rouges et noirs, je ne comprenais pas ce charabia, mais on aurait dit des analyses.

- En dehors de l'agent du gouvernement et de cet étrange robot-cheval, les capteurs de mon robot n'ont détecté qu'un être humain et après avoir touché le mur de diamant... Ils ont explosé, mais l'humain a clairement été remplacé par une fée... Et Mare a confirmé avoir senti une présence qui l'a poussée à fuir...

La lionne de feu dut retenir mon esprit :

- Tu connais la connasse qui a envoyé les vampires ?!

Ce que la créature des ténèbres m'avait fait voir résonnait.

J'entendais encore ces mots :

- Oh lala... Quelle horreur ! Qu'as-tu osé faire ? Tout est de ta faute !

Cette intonation moqueuse me lacérait les oreilles, pourtant je ne faisais que me la remémorer.

Le monstre déguisé en homme me lança un regard blasé :

- Tu parles de ma petite amie... Enfin, bref. Je ne vais as détailler tous mes calculs, mais j'en ai conclu que tu es une mortelle devenue fée.

Avant de se présenter, il jeta un coup d'œil à la lionne de feu m'accompagnant :

- Melalo, "Prince des Démons et des Fées", mais...

La créature grésilla, son image prit l'apparence d'une créature au masque de diable, le même modèle que le monstres-serpent que j'avais vu dans la mine. Le monstre reprit son apparence humaine :

- Ce que tu vois n'es qu'un autre robot, tu n'as pas pris le risque de revenir en personne, "Murderwitch", alors je ne vois pas pourquoi j'en aurais fait de même !

- Comment tu m'as appelé ?

- C'est le surnom que t'ont donné les media en apprenant cette histoire. Enfin... Je voulais m'entretenir avec toi.

Le monstre siffla et s'adressa aux créatures sans corps qui regardaient les forces de l'ordre.

- Bon, les gens ! La Gil-team organise un meeting à Avalon, du coup, si vous voulez venir, c'est par là !

Le monstre se tourna vers Carla et moi. Pour une raison que j'ignorais, mon ami essayait de rompre le sort, dans notre dimension, je pris donc le grimoire et la remplaçai.

La créature modifia son sort d'illusion, ce dernier n'afficha plus seulement l'image d'un homme en costume, mais présenta en plus un théâtre de marionnettes.

- Je voulais vous parler de l'Histoire de personnes que j'ai rencontrées...

Le théâtre de marionnettes chimérique montrait des chevaliers en armure se faisant la guerre avec des épées, puis les vainqueurs réduire en esclavage les perdants :

- L'Histoire d'animaux capable d'utiliser la merde qu'ils faisaient...

Melalo transforma la scène pour montrer une ville du Troisième Millénaire avec des musées montrant des tableaux très effrayants, des étudiantes manifestant pour l'environnement, des artistes dressant des chiens pour le tournage d'un film sur une sorcière de contes de fées et une école élémentaire où une institutrice présentait le métier d'un pompier.

- Comme terreau pour les plus belles fleurs. Et ce, tout en...

Le théâtre fantôme se transforma en appartement délabré, un homme noyait son chagrin dans l'alcool. Il relisait un article parlant d'un prêtre de sa religion et des mensonges qu'il avait proférés.

- Se plaignant de n'être qu'un grain de sable insignifiant dans l'océan désertique de la réalité...

L'appartement se changea en un gigantesque désert éclairé par des corps astraux et une nébuleuse :

- Sans comprendre la beauté qu'il pouvait mettre pour combler la page blanche en laquelle l'océan susmentionné, il suffisait pourtant de le voir comme tel !

Le théâtre transforma donc le désert en un terrain plat et blanc sur lequel des versions infantiles du personnage dessinaient.

L'hologramme disparut, ne redevenant que celui de l'homme. Ce dernier posa son regard sur la lionne de flammes rouges et jaunes qui lui grognait dessus.

- Ton amie n'est pas chaude pour les pourparlers... Mais... Dis-moi, alchimiste de feu, n'aviez-vous pas un putain d'Ancien qui veille sur vous ? Quel pouvoir ai-je sur vos projections astrales ?

J'adressai à Carla un écho télépathique tout en lui montrant l'image de Florian :

- Il se croit impressionnant avec ce talent pour lire la scène ? Moi, j'ai compris en quelques minutes les habitudes d'un ami que je me faisais.

- Bon, si ça peut vous rassurer, mesdames... Mesdemoiselles ? Je sais plus. Enfin bref : “Murderwitch” et sa copine ! Vous savez que si je m'engage à ne pas tenter de profiter du sort de projection astrale pour vous localiser, tout en vous assurant qu'aucun de mes alliés ne pourra vous localiser non plus !

La créature magique siffla, il s'adressa aux monstres présents, nous le suivîmes jusqu'au portail qui menait là où les sorcières avaient combattu le géant de pierre :

- Eh, les civils ! Ce meeting est avant tout une négociation entre moi, un superméchant et Murderwitch... Ça vous choque ?

Les fantômes, minotaures, gobelins, lutins, esprits de la nature, anges, poltergeists et dragons se concertèrent. Les élémentaux d'air et les licornes échangèrent. Finalement, parmi toutes les entités réunies sur cet îlot volant déchiqueté, aucun d'entre ne sembla dérangé : Ils nous envoyaient leurs échos télépathiques pour nous répondre qu'ils voulaient assister au meeting.

Remix du thème of C. Viper de Hideyuki Fukasawa, pour "Marvel vs Capcom 3" :

L'hologramme de l'homme en costume s'éclaircit la gorge. Nous reçûmes ses pensées.

Grâce à un sort d'illusion, son avatar nous raconta une histoire.

Il nous présentait un groupe formé d'un corbeau à deux têtes, d'un dragon Chinois, d'une alicorne (licorne ailée pour les personnes ignorant la définition de ce terme) et de quelques autres entités légendaires diverses.

L'oiseau bicéphale et ses compagnons traversaient les cieux dorés du Monde Féerique, ils passaient un portail magique qui les conduisait dans un territoire aride et couvert de pierres grises.

Les monstres aériens poursuivaient leur chemin avant de s'arrêter, juste au-dessus d'un campement de nomades, des hommes des cavernes, une sorte de shaman stéréotypé, arborant un masque rappelant un mélange de Tiki et de symbole cultuel Africain dansait.

Son collier composé de crânes faisait des mouvement de vagues. Ce soi-disant mage agitait un bâton arborant une patte de tigre dans tous les sens.

Le corbeau bicéphale ne comprit pas. Il avait beau enchanter ces mortels, il lisait toujours le même résultat.

Ce danseur croyait vraiment qu'il était en train d'invoquer ce qu'il appelait un "dieu", pourtant... Ce mortel ne faisait venir à lui aucune énergie. Son esprit et son aura n'indiquaient rien de magique.

Melalo savait qu'aucun individu de cette espèce ne pouvait faire appel à un tel pouvoir, mais il soupçonna son matériel d'être ensorcelé.

Rien.

Il n'y avait rien de magique dans ces objets que l'artiste qualifiait de "mystique".

L'oiseau-monstre à deux têtes de l'histoire s'entourait de nouvelles images.

Un enchantement télépathique nous expliqua ce que montraient ces images.

Puisqu'il s'agissait d'une prêtresse lisant dans les entrailles d'un animal, d'un garçon essayant de lire le Tarot de Marseille, d'une enfant observant les étoiles et d'un soi-disant "sorcier" préparant un talisman couvert de symboles inconnus, il était évident qu'il remettait en question la manière qu'avaient les mortels de voir la magie.

Il compara ces images à plusieurs vidéos prises dans les alentours des "Plaintes Eternelles" et du "Monde Féerique".

Là où les élémentaux de glace pouvaient se servir d'objets en cristal de roche pour communiquer ou accéder aux films postés sur certains réseaux illégaux, les pratiquants de la "sorcellerie", telle que définis par leurs congénères, prétendaient pour voir l'avenir avec le même objet ou apaiser la personne qu'ils massaient.

Si les séraphins pouvaient expliquer comment ils manipulaient l'énergie et comment leur volonté devenait réalité, les réseaux sociaux des mortels débordaient de vidéos issues d'intelligences artificielles où des philosophes incompétents avançaient que la croyance en une puissance supérieure ou en ses propres capacités permettait de transformer un brûleur d'encens et des mots écrits sur du papier ordinaire en formules capables d'attirer la chance.

Sans utiliser de mot, juste en transmettant ses émotions et ses réflexions par son ensorcellement de télépathie, Melalo expliqua que si les monstres ont une approche très scientifique, très logique de la magie, il avait observé tout le contraire chez les mortels : Eux croyaient en des choses irrationnelles !

Les mortels lui disaient que les astres pouvaient décrire le "Destin", qu'on pouvait connaître les évènements à venir en lisant les feuilles de thé. 

Assister à la démonstration de ces étonnantes superstitions déformait les muscles faciaux du monstre-corbeau, ses yeux s'ouvraient en entier, je n'avais jamais pu observer une telle expression de dégoût.

Fort malheureusement, cette foi accordée aux rebouteux et aux miroirs brisés apportant sept ans de malheur n'étaient que la parti émergée de l'iceberg.

Les hologrammes suivants montrèrent un prêtre de Sîn présenter à une assemblée de fidèles un discours anti-magie proche de celui de l'Eglise de la Prophétie de l'Elu.

Melalo nous montra que le faux shaman qu'il avait rencontré à la préhistoire avait subrepticement projeté un fumigène sur un de ses spectateurs. L'homme en question se fit donc poignarder dans le dos par son propre fils.

Ayant profité de la confusion et du brouillard pour commettre ce meurtre, l'héritier attendit que l'écran de fumée disparaisse, il put donc pointer l'arme plantée dans le cadavre de son père, il s'agissait d'un poignard ennemi. L'assassin se déclara donc chef et ordonna de "venger son père".

Le troisième hologramme représentait un roi assis sur une mer de pièces d'or.

Melalo nous expliqua avoir découvert ce qu'il qualifiait d'"étrange comportement". Il mit du temps à comprendre ce qu'il avait vu. Pourquoi les mortels qui venaient de perdre un proche se remettaient à un homme qui prétendait servir Sîn ? Pourquoi acceptait-il ses propos quand il prétendait que le défunt avait rejoint la lumière de cette entité supposée, aujourd'hui vénérée par l'E.P.E.

Pourquoi les soldats d'une ville avaient accepté de décimer une autre cité sous prétexte qu'un homme portant une couronne le leur avait demandé ? Pourquoi le corbeau monstrueux avait-il vu ce même homme décapiter un homme qui désirait le remplacer ?

Pourquoi avait-il vu des adultes se battre pour des métaux dorés ? Il avait même entendu un homme prétendre qu'il en avait besoin pour nourrir ses enfants... Pourtant, il suffisait d'incanter un enchantement pour comprendre que cet homme n'avait jamais couché avec une femme et qu'aucun membre de sa famille ne se nourrissait d'or.

Les monstres finirent par donner un nom à ces trois phénomènes, qu'ils voyaient comme des parasites mangeurs de cerveaux : Les "Trois Grands Crimes de l'Humanité !

Les êtres occultes parvinrent à entrer en contact avec les mortels, ils leur montrèrent les communautés évoluant autour de ce champ de bataille et des "Plaintes Eternelles". Les fées, les farfadets et les gobelins les composant passaient leur temps à voyager dans le ciel et à étudier. Ils dessinaient, ils lisaient, ils essayaient de terminer ce que celles et ceux qu'ils perdaient ne pouvaient pas terminer.

Quand les monstres avaient faim, il leur suffisait d'aller chercher à manger, ou de le fabriquer. Quand un dragon et un elfe apprenaient que l'ami qu'ils s'étaient fait avait commis un viol, ils l'acceptaient tout de suite et s'assuraient de l'enfermer là où il serait utile sans pouvoir nuire à qui que ce soit. Si l'ami en question était trop puissant, il leur suffisait de le surveiller pour protéger d'éventuelles victimes.

Tel était le mode de vie que les monstres proposèrent au mortel, le prix à payer était l'abjuration des "Trois Grands Crimes de l'Humanité". Les monstres offriraient leur savoir et leur pouvoir aux humains, ces derniers n'avaient qu'à renoncer à croire qu'un objet pouvait valoir telle quantité d'or, qu'il fallait que quelqu'un dise qu'une action est interdite, sous peine de se faire attaquer par des hommes armés, pour ne pas la faire et qu'il y avait des choses que la science ne pouvait pas expliquer :

- Un monde sans fortune... Un monde sans roi... Un monde sans Dieu ! expliqua l'oiseau-monstre.

Les êtres paranormaux ajoutèrent que tout ce qu'il proposait avait un ennemi qui se trouvait être les "Trois Grands Crimes de l'Humanité" ! La réaction des humains ne se fit pas attendre : les mortels firent voter une loi interdisant au paranormal de leur révéler son existence.

Les humains préférèrent donc l'économie. Ils choisirent la politique. Il se réfugièrent dans la religion.

Jamais les monstres ne comprirent ce choix, notamment parce qu'ils ne pouvaient pas accepter qu'on puisse entretenir ces parasites, ces pouvoirs imaginaires.

Pourquoi les monstres avaient-ils été rejetés ? Après tout, il suffisait que personne ne soit suffisamment stupide pour dire combien valait un objet et l'objet n'avait plus de valeur ! Il suffisait que personne n'écoute un chef et sa loi n'existait plus ! Il suffisait que personne ne prie une divinité et on estimait qu'elle n'existait pas.

Les monstres, eux, avaient des pouvoirs qui ne dépendaient de personne !

Melalo a donc traversé les époques. Le mage mi-féerique, mi-démoniaque aura vu de nombreuses beautés naître en même temps que le cinéma.

Il entendit la poésie. Il participa à l'invention de plats délicieux qui furent distribués à des orphelins qui n'avaient connu que la rue. Le monstre-oiseau découvrit le développement de machines volantes. Il vit une fusée se rendre sur la lune ou même des scientifiques se battre pour la survie d'animaux ou de cultures de tribus. 

Melalo aura malheureusement aussi connu le déni de la rotondité de la Terre et de la théorie de l'évolution. Il vit les soldats Allemands envoyer des gens dans des camps de la mort pour deux raisons, la première étant qu'un peintre raté moustachu le leur avait demandé, la seconde étant que leur mère était Juive. 

Melalo avait vu une femme se faire violer par un homme sous prétexte qu'il l'avait échangée contre des pièces d'or. Il avait vu des avions foncer dans des immeubles au nom d'un prétendu être vivant dans le ciel. Melalo avait entendu des mères de familles pleurer sur les dégâts des jeux vidéo, alors qu'elles-mêmes collectionnaient des armes et formaient un club dédié à la glorification d'un meurtrier qu'ils appelaient "prophète"...

"Here's to you" de Joan Baez et d'Ennio Morricone : 

Les communautés monstrueuses, elles, avaient découvert le moyen de se rendre aux Enfers. Les êtres paranormaux n'avaient connu que la paix et les délices.

Aujourd'hui : Melalo expliquait qu'il voyait ces "Trois Grands Crimes de l'Humanité" comme des doudous et des tétines. Tant que les humains les avaient, ils prétendaient ne pas pouvoir vivre sans. 

C'était l'argument que les mortels répétaient. Quand Melalo avait demandé à une fidèle de Sîn pourquoi elle continuait d'écouter le dogme de la "Prophétie de l'Elu" alors qu'il lui prouvait que la Terre était ronde, cette dernière répondait qu'elle avait vu ce qu'il avait vu : selon elle, il y avait trop d'horreurs dans son monde pour ne pas vouloir qu'il y ait une intelligence leur promettant Sa lumière derrière.

Chaque fois que Melalo rappelait comment vivaient les monstres, on lui répondait qu'il n'avait aucun moyen de savoir ce qui était bien ou mal. On lui avait aussi avancé que sans ces phénomènes qu'il diabolisait, l'humanité sombrerait dans le chaos.

Le monstre-oiseau à deux têtes avoua qu'il pouvait comprendre le point de vue des humains. Il fallait se mettre à la place des ces tas de viande vivant sur un caillou flottant perdu dans un univers dépourvu de vie.

Les mortels évoluaient dans un monde on ne leur avait appris qu'à survivre en se soumettant aux "Trois Grands Crimes de l'Humanité".

Sans ce doudou et cette tétine, le pauvre animal serait confronté à la révélation qu'il n'est rien. Il pourrait accepter de voir ce vide comme un gigantesque tableau blanc qu'il pourrait peindre à son aise, mais avait malheureusement appris une seule chose : Cajoler et enlacer les "Trois Grands Crimes", parce que c'était ainsi qu'on lui offrait de la force et du courage !

Melalo nous présenta sa solution : Il fit apparaître l'hologramme d'un parent arrachant à son enfant son nounours et l'objet qu'il suçait. L'adulte mit ensuite le feu à l'ours en peluche et à la tétine.

A l'exception de son déguisement, le mage métis fit disparaître ses hologrammes.

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