Chapitre 9

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Keira se demandait ce qu'ils attendaient ici. Elle avait l'impression qu'ils perdaient leur temps. En plus, rester enfermée dans une voiture, à quelques centimètres de cet homme, enflammait son imagination fertile d'écrivaine.

Elle le voyait déjà se tourner vers elle, les yeux avides. Il l'empoignerait avec fermeté pour l'empêcher de le fuir. Ses lèvres fines et douces viendraient se presser contre les siennes. Elle sentait presque leur chaleur. Du rouge colora ses joues. Il aurait glissé ses mains sous son pull. Le cœur battant, elle ne pourrait pas le repousser. Elle ne voudrait pas le repousser...

La jeune femme se sermonna. Une fois de plus, elle avait laissé ses idées vagabonder trop loin. Elle maitrisa le désir qui montait en elle pour cet homme insolent, cet inconnu, ce magnifique inconnu. Non, elle ne pouvait pas se permettre de retomber sur cette pente-là. Les joues en feu, elle n'osait déjà plus le regarder. Elle devait absolument arrêter de fantasmer de la sorte. Elle craignait qu'il finisse par se rendre compte de l'émoi qu'il provoquait en elle. Il était vital qu'elle s'occupe l'esprit avec autre chose.

— Pourquoi sommes-nous revenus ? N'aurait-on pas mieux fait d'aller chercher d'autres indices ?

— Quels indices ? On n'a aucune piste en dehors de ce type. Tant qu'il ne bouge pas, les seuls indices qui peuvent nous être utiles se trouvent dans cette maison.

— Mais... s'il bouge ? s'inquiéta Keira.

S'ils restaient ici pendant que leur suspect se rendait à l'endroit où il retenait Laurine, tout serait perdu. Ils ne pourraient pas le suivre.

— Je le saurai. Tout à l'heure, j'ai mis un traceur GPS sur sa voiture. Dès qu'il se déplacera, nous serons avertis.

Il sembla soudain se rappeler quelque chose. Il se contorsionna, effleura la jeune femme au passage, pour attraper le téléphone volé. Il le brancha à son ordinateur. Ils patientèrent jusqu'au moment où Chris émit un son approbateur. Il regarda ensuite l'appareil sous toutes les coutures.

— Parfait, dit-il en se tournant vers Keira. Venez avec moi, nous allons rendre ce portable à son propriétaire.

— Pardon ? Vous êtes devenu complètement fou ou quoi ?

— Ne vous inquiétez pas, rit-il, nous allons juste le jeter sur l'herbe ? Je veux qu'il pense l'avoir laissé tomber. Il doit déjà être en train de le chercher. Il ne doit pas croire qu'on le lui a volé.

— Mais on le lui a volé.

— C'est vrai, mais s'il l'ignore, c'est mieux.

Sur ces mots, il sortit, fit le tour de la voiture, ouvrit la portière, puis lui tendit la main. Keira le regarda dubitative.

— Allez, pour ce trajet nous sommes un couple, expliqua-t-il avec un sourire.

Elle hésita avant d'obtempérer. Son cœur accéléra alors que les fantasmes qu'elle avait vainement tenté de fuir lui revenaient en mémoire. Chris entrelaça leurs doigts. C'était la première fois qu'on lui tenait la main. Si on oubliait ses parents, mais cette étreinte n'avait absolument rien à voir avec ses souvenirs d'enfance. Rien que par ce petit geste, il créait une intimité entre eux.

Ce n'est que pour le travail, se répétait Keira. Mais la nonchalance de son compagnon, sa proximité, sa façon de caresser doucement ses doigts avec son pouce, tout cela la mettait dans un état qu'elle n'avait jamais connu. Elle avait déjà ressenti de l'excitation, mais ce simple contact, cet innocent contact, suffisait à la faire bouillir. Elle désirait se serrer plus près de lui.

Comme s'il avait pu lire dans ses pensées, il l'attira pour glisser un bras autour de ses épaules. Enivrée par son parfum, Keira se le suivait sans réfléchir. Sa poitrine ne lui semblait plus tout à fait assez grande pour accueillir son cœur gonflé.

Quand ils passèrent près du jardin, le détective lança habilement le téléphone sur l'herbe par le portail ouvert, juste à côté de l'allée. À l'instant où il toucha le sol, Keira jeta un coup d'œil vers la maison. Elle croisa un regard d'ébène. Un rictus mauvais se dessinait sur le visage de l'adolescent qui les observait. La jeune femme se mit à frissonner. Chris remarqua immédiatement qu'elle se détournait avec empressement.

— Qu'y a-t-il ? lui murmura-t-il à l'oreille.

— Le garçon... bégaya-t-elle. Je crois... je crois qu'il nous a vus... Il était à la fenêtre, il nous regardait... il... il...peut-être qu'il a compris... que...

— Eh ! Du calme.

Il la saisit par la taille, et l'obligea à lever le visage vers lui.

— Il a vu un couple qui se balade...

— Et qui jette le portable de son père dans l'allée, sa voix commençait à prendre des accents de panique alors qu'elle faisait appel à toute sa volonté pour chuchoter. Il va prévenir sa famille, c'est sûr ! Que va-t-il advenir de...

— On se calme, ordonna Chris en posant un doigt sur les lèvres de Keira. Répondez seulement à mes questions. Pendant ce temps, continuez à marcher. Il nous a vus ?

— Oui.

— Vous pensez qu'il a compris ce que nous faisions ?

— Oui.

— Comment ?

— Quoi ?

— Comment pourrait-il avoir compris ?

— Je... Je ne sais pas, peut-être qu'il est lié aux agissements de son père.

— Un enfant d'à peine onze ans ? ironisa Chris.

— L'âge n'a pas une grande importance...

— C'est vrai, mais de là à ce qu'il ait associé son fils à ça...

— Peut-être... Peut-être que ce n'est pas le cas, mais il peut nous avoir reconnu. Il désire faire quelque chose... quelque chose de... mauvais.

— Comment le savoir ? Il passait sûrement devant la fenêtre. Même s'il nous a remarqués, pourquoi irait-il raconter à son père qu'un couple de représentants se promenait et a balancé quelque chose dans leur jardin ?

— Je l'ignore, admit la jeune femme. Mais son visage...

Elle avait vu cette face à la peau terne, aux iris obscurs, à la bouche déformée par une grimace macabre. La même que tant d'autres gens...

Le portable de Chris vibra dans sa poche. Il manqua de le lâcher tant il le sortit vite, puis le mit à son oreille.

— Qu'est-ce que je disais ? lança-t-il en riant alors qu'ils pénétraient dans la voiture après un détour. Le gamin est au téléphone, il ne pense qu'à retrouver ses amis. Ça, c'est parfait ! Il va rejoindre ses copains après l'école. La maison sera vide ! On a bien fait d'attendre !

Keira était perplexe. Un visage pareil, pouvait-il ne refléter qu'un désir de faire le mur ? Probablement pas. Le fils Caron préparait quelque chose, elle en était convaincue. Peut-être ses amis et lui avaient-ils prévu des jeux répréhensibles ? La télévision parlait souvent de ce genre de chose, les brimades, le racket ou autres jeux du foulard.

Elle respira mieux quand le garçon sortit de chez lui, car elle constata que la panique l'avait induite en erreur. Il avait les yeux sombres, mais rien de si terrifiant que ce qu'elle avait aperçu à cette fenêtre. Même sa peau paraissait plus colorée. Elle se mit à rire en le regardant s'éloigner dans la direction opposée à leur véhicule.

Décidément, elle était folle. Un peu de stress, une mauvaise visibilité, et la voilà qui s'imaginait les pires choses au sujet d'un enfant. Comment avait-elle pu penser qu'il participerait à l'enlèvement d'une petite fille ?

Lorsque le garçon eut disparu, ils patientèrent encore quelques minutes avant de bouger. Chris attrapa son sac et en tira des gants en latex. Il en enfila une paire, puis en tendit une autre à Keira. Il examina attentivement la rue, les maisons et les fenêtres. Une fois rassuré, il quitta de la voiture, puis avança en tapinois vers la demeure des Caron. Keira se demanda ce qu'ils allaient faire exactement, mais le suivit sans poser de questions.

Arrivé au portail, il l'escalada avec souplesse, puis se dirigea vers la porte de derrière.

— Vite, articula-t-il à la jeune femme immobile avec un signe pour qu'elle grimpe à son tour.

Contrairement à son compagnon, elle n'était pas à l'aise avec l'idée de pénétrer par effraction dans une propriété privée. Elle avait déjà eu du mal à enfiler les gants en latex, alors franchir un portail lui semblait irréaliste. Elle regarda autour d'elle espérant l'arrivée d'une solution miraculeuse. Pourquoi fallait-il que le garçon ait pensé à fermer ce satané portail ? Elle avait escaladé des arbres quand elle était enfant, mais sitôt son don éveillé, elle n'avait plus quitté son foyer.

Bien entendu, elle faisait du sport, elle aimait ça, mais uniquement à l'intérieur, Zumba, yoga, etc., mais rien d'athlétique. Elle s'accrocha aux barreaux, pressée par Chris de se dépêcher par des gestes empressés. À sa grande surprise, ses muscles répondirent admirablement bien à cet exercice. En quelques secondes, elle se hissa sur le portail sans difficulté pour atterrir de l'autre côté.

Elle vérifiait que personne ne l'avait remarquée, lorsqu'elle entendit des rires. Deux adolescentes discutaient. Le cœur battant, Keira se plaqua contre la haie. Elle se mordit la lèvre en priant pour qu'elles passent rapidement leur chemin sans la voir.

— Franchement, c'est effrayant, disait l'une, tu te rends compte ? Une disparition dans notre quartier, c'est cette maison, là, où vivait la gamine. Les flics sont venus je ne sais pas combien de fois.

— Moi, je suis bien contente qu'on soit voisines, je ne rentrerais pas seule en ce moment ! J'aurais trop peur, répondit l'autre. Mais, quand les policiers ont interrogé tout le monde, il y en avait un trop craquant !

Les deux filles gloussèrent. Une discussion typique d'adolescentes, les sujets graves étaient secondaires face au problème vital des beaux gosses. Ça, Keira ne l'avait jamais compris. Elle avait rêvé du prince charmant bien entendu, mais ça n'avait jamais été le centre de son univers. Elle se suffisait à elle-même. L'image de Chris s'imposa alors à son esprit. Elle s'était toujours suffi à elle-même, jusqu'à ce jour.

Les deux filles étaient maintenant loin, elle se hâta donc de rejoindre le détective qui tenait des outils de crochetage à la main. Il lui fit signe de s'approcher de la porte à présent ouverte.

— On ne reste pas longtemps. Je veux que vous jetiez un œil dans toutes les pièces de la maison, en priorité dans le grenier. Si jamais la petite est ici, ce sera certainement là, mais j'en doute.

— Ça vaut le coup de vérifier.

Chris fouilla le rez-de-chaussée. Il notait vivement quelques mots dans son carnet avant de passer à la suite.

Pendant ce temps, Keira était montée à l'étage. Depuis qu'elle avait quitté la sécurité de la voiture, son cœur tambourinait à vive allure dans sa poitrine. Elle commençait à s'habituer à cette sensation, à l'adrénaline dans ses veines, à l'excitation que provoquait leur délit. Elle commençait même à aimer ça.

Elle passa de chambre en chambre. Rien dans cette maison ne paraissait étrange ou déplacé. Si elle avait dû décrire le domicile de ce genre d'homme dans un de ses romans, elle l'aurait présenté comme glauque et sombre. Elle y aurait abandonné des poupées démembrées ou des photos obscènes. Elle aurait au moins dépeint un endroit en désordre.

Elle aurait cru que l'environnement reflèterait la folie qui habitait un de ses occupants. Mais cet endroit était à l'opposé de cette image. La maison était lumineuse, propre et rangée. Jamais on n'aurait pensé qu'un monstre vivait ici. On y trouvait des photos de famille, des livres de contes usés ainsi que des romans de toute sorte. Des posters de leurs stars préférés décoraient les chambres en fouillis des enfants et des tableaux modernes la chambre impeccable des parents. Le seul endroit en désordre était le bureau, encombré de papiers.

Elle fouilla d'abord les tables de nuit des parents, mais n'y découvrit rien d'intéressant. Elle s'allongea au sol pour regarder sous le lit sans le toucher. Une boîte y était dissimulée. Keira fit très attention à ne pas entrer en contact avec le lit lorsqu'elle la tira. La dernière chose dont elle avait besoin, c'était d'assister aux ébats du couple. Elle l'ouvrit avec précaution, mais elle ne contenait que des vêtements. Ce fut une nouvelle déception. Elle la remit à sa place avant de jeter un œil sous les autres meubles. Rien ne sortait de l'ordinaire, à l'exception d'une perche posée sous le sommier.

Après réflexion, elle se trouva idiote d'avoir espéré tomber sur quelque chose dans la chambre. Il faudrait qu'il soit stupide pour cacher les preuves ici. En revanche, le bureau paraissait prometteur, de nombreux papiers et objets divers gisaient çà et là. Un indice y serait passé inaperçu.

C'était là tout le problème, elle ignorait ce qu'elle cherchait, excepté Laurine elle-même. Fouiller au hasard aurait été une perte de temps. Le détective saurait bien mieux qu'elle dénicher quelque chose dans ce bazar. Elle éleva un peu la voix pour le prévenir de la présence du bureau à l'étage.

Elle délaissa donc cette pièce pour s'intéresser la trappe qui menait au grenier. Elle ne devait pas se trouver dans une chambre, mais dans un endroit accessible. Le plus logique était dans le couloir.

Keira repéra en effet une trappe avec une encoche près de l'escalier. Il lui faudrait réussir à l'ouvrir et elle avait une idée de la façon d'y parvenir. De retour dans la chambre des parents, elle saisit la perche sous le lit et s'en servit pour tirer la trappe. Une échelle escamotable se libéra instantanément. Un problème de moins, elle n'aurait pas besoin d'escalader des chaises.

Elle hésita. Il y avait une petite, une minuscule chance, que Laurine se trouve dans ce grenier. 

Si tel était le cas, elle n'osait penser à l'état dans lequel elle retrouverait la fillette. Son imagination allait encore faire des siennes, dans les tons les plus macabres. La jeune femme la musela impitoyablement pour se concentrer sur sa respiration dans le but de ne plus réfléchir. Elle grimpa facilement à l'échelle. La trappe était grande... Assez grande pour y porter un petit corps.

Elle s'arrêta, la peur au ventre. Au bord de la suffocation, elle inspira profondément pour calmer son émoi, puis pénétra dans un grenier.

Il était sinistre, poussiéreux et submergé de cartons. Aucune fenêtre ne perçait le toit pour apporter un peu de clarté. L'unique lueur provenait du couloir, elle projetait d'inquiétantes ombres de tous côtés. Keira ne perçut aucun signe de la présence de Laurine.

Elle commença alors à fouiller les cartons, mais stoppa son inspection rapidement. Si elle devait tous les ouvrir, elle ne trouverait jamais rien, à moins d'un coup de chance phénoménal.

Elle observa les lieux et réfléchit. Les cartons étaient entassés proprement. Sur chacun était écrit ce qu'il contenait. Sur l'un, on pouvait lire « vêtements de bébé 2 » à côté d'autres, notés « vêtements de bébé » et « jouets d'enfants ». Non seulement ils étaient rangés, mais aussi classés. L'espace avait été organisé, dénotant le côté maniaque d'un des membres de la famille.

S'il y avait quelque chose ici, cela serait caché là où personne ne penserait à chercher. Dans un carton dont personne ne voudrait se débarrasser. Elle devait trouver la logique de cette organisation. Elle se concentra. Dans un coin, les affaires des enfants, dans un autre, des vêtements, plus loin, des disques, des décorations de Noël et des vieux meubles collés contre le mur du fond.

Elle s'approcha des meubles. Les cartons étaient faciles à transporter. Ils pouvaient être donnés ou vendus sur un coup de tête. De plus, leur contenu pouvait pousser les occupants à les ouvrir, par nostalgie ou par nécessité. Dans l'espace réservé aux meubles, il y avait un guéridon, quelques cubes de rangement, un buffet et un grand vaisselier d'aspect ancien. Ce dernier était trop volumineux pour être déplacé. Il n'attirerait pas l'attention si quelqu'un venait dans le grenier.

Keira traversa les allées de bric-à-brac afin de rejoindre le vaisselier qu'elle fouilla consciencieusement. Elle ouvrit chaque porte, chaque tiroir. Dans l'un d'eux, elle découvrit une petite boîte. Elle la saisit et l'extirpa de l'ossature de bois sombre pour en retirer le couvercle. À l'intérieur se trouvaient plusieurs clés couleur bronze, semblables aux poignées des meubles.

Déçue, elle reposa la boîte sans la refermer avant de continuer son inspection. Elle aurait juré que ce meuble cachait quelque chose. À tâtons, elle examina le dessous des tiroirs, derrière les panneaux, elle chercha même sous le meuble lui-même. Rien.

Dépitée, elle se tourna vers un buffet massif. Elle s'arrêta afin de s'appuyer sur ses bras, la gorge nouée. Elle aurait dû se douter que trouver des indices ne serait pas si facile. Elle était persuadée de découvrir quelque chose, mais peut-être que rien ne l'attendait ici. Elle souffla longuement dans le but d'évacuer sa tension.

Devant le buffet, elle se demanda un instant comment on avait fait pour monter la pièce de mobilier imposante. Plusieurs hommes costauds avaient dû être nécessaires pour accomplir cet exploit. Elle saisit la première poignée et tira dessus. Sans résultat. Elle se tourna vers la seconde, mais se trouva face au même problème. Elle tenta d'ouvrir chaque porte et chaque tiroir sans succès.

Les poignées, de couleur bronze, surmontaient de petites serrures. Keira se précipita vers la boîte contenant les clés. Elle les étala sur le buffet afin de sélectionner celles dont la taille semblait adaptée. Elle saisit la première, puis l'inséra dans le tiroir de gauche. Non. Sans se laisser décourager, elle essaya la seconde, la troisième et ainsi de suite jusqu'à trouver la bonne. ​

Quand elle eut réussi à ouvrir toutes les portes, elle entama sa fouille. Dans le fond du meuble, elle sentit les poils de son bras se hérisser. Son pouls accéléra. Elle connaissait cette impression... Le cœur au bord des lèvres, ses mains commencèrent à frémir, mais elle ne pouvait pas reculer. Elle tâtonna, puis entra en contact avec une surface en bois. Le panneau du fond.

C'était impossible. Ses membres tremblants, cette sensation familière et détestée... Elle fit glisser ses doigts le long du panneau et en trouva le bout. C'était une plaque de bois, pas le buffet. Elle la retira. Derrière, elle découvrit une nouvelle boîte, bien plus grande. C'était un coffret muni d'une petite serrure d'argent. Keira examina les clés disposées devant elle, aucune n'était argentée. À tout hasard, elle tenta de l'ouvrir. Ses poils se hérissèrent au fur et à mesure que la chair de poule progressait depuis ses mains. Il fallait ouvrir cette boîte.

Elle retourna à la trappe dans le but d'appeler le détective. Il arriverait certainement à déverrouiller cette serrure. Brusquement, elle s'arrêta. Pouvait-elle se permettre de dire son nom ici ? Après tout, ils étaient entrés par effraction et elle ne connaissait pas l'épaisseur des murs. Si un voisin l'entendait, ils risquaient de très gros problèmes. Aussi, elle le héla sans prononcer son nom.

— J'ai trouvé quelque chose dans le grenier, mais j'ai besoin de vous.

— Une seconde, répondit la voix grave du détective depuis le premier étage, je finis ça et je vous rejoins.

Elle s'acharna sur le coffret sans parvenir à faire bouger le couvercle. Elle décida donc de descendre dans l'espoir de se rendre utile. À peine fut-elle arrivée à la moitié de l'échelle qu'elle entendit une exclamation, ainsi qu'un juron.

— Remontez ! ordonna Chris. Une voiture s'est garée dans l'allée, quelqu'un vient !

Keira s'empressa d'escalader les barreaux, suivie du détective. Elle était en haut lorsqu'elle réalisa soudain quelque chose.

— La perche ! s'écria-t-elle, prise de panique.

— Quoi ?

— La perche avec laquelle j'ai ouvert, elle est toujours dans le couloir !

— Où faut-il la remettre ? lança Chris avec un nouveau juron.

Il se laissa glisser au bas de l'échelle.

— Dans la chambre des parents.

— Mais où ?

Keira avait l'impression d'étouffer, il n'irait pas assez vite. Sans réfléchir, elle l'imita et se laissa glisser sur l'échelle. Elle atterrit mal. Un élancement remonta sa jambe depuis sa cheville gauche. Tant pis. Elle prit la perche des mains de Chris et lui ordonna de grimper pendant qu'elle se précipitait dans la chambre des parents. Elle replaça la perche sous le lit, puis se jeta hors de la pièce le cœur battant. Elle avait effleuré les draps et craignait une vision quand elle commença son ascension.

Les clés tournèrent dans la serrure. La porte s'ouvrit.

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