Chapitre 20 : A travers elle

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Je ne voulais pas revenir.
Vraiment.
Je voulais rester enfermé encore une semaine, un mois, une année. Peut-être toute ma vie.

Mais ils n’ont pas arrêté.
Côme.
Les autres.
Le groupe.
Snap, Insta, SMS, appels, vocaux.
"Frérot, c’est bon maintenant."
"T’as pas à t’en vouloir autant."
"Elle reviendra pas, bouge-toi."

Ils n’ont pas compris.

Ce n’était pas un jeu.
Pas pour moi.
Plus maintenant.

Mais j’ai fini par céder.
Par lâcher prise.
Pas pour eux.
Pour moi.

J’avais besoin de sortir de cette chambre.
Même si je n’en avais pas la force.
Même si je savais que je la reverrais.

Et quand je franchis les grilles du collège ce matin-là, mon cœur s’arrête.

Littéralement.

Elle est là.

Belle.

Debout dans la cour.
Sa silhouette fine.
Ses cheveux détachés.
Son regard perdu dans l’horizon.

Putain.

Elle est magnifique.
Encore plus que dans mes souvenirs.
Encore plus que dans mes regrets.

Elle a quelque chose de nouveau.
Un truc dans le regard.
Une lumière.
De la force.

Et c’est ça, le plus douloureux.

Parce qu’en la regardant, je sais que je l’ai blessée.
Mais surtout, qu’elle n’a plus besoin de moi.

Je veux courir vers elle.
Lui dire tout.
Lui hurler que je suis désolé, que je l’aime, que je ferais tout pour me rattraper.
Je veux la prendre dans mes bras, sentir son odeur, poser mon front contre le sien.

Mais je ne bouge pas.

Parce que je sais que si je m’approche,
Elle me repoussera.
Elle me regardera comme elle l’a fait ce jour-là.
Avec cette douleur dans les yeux.
Avec cette haine dans la voix.

Alors je la regarde.
De loin.

Et c’est pire que tout.

Parce qu’à un moment, nos regards se croisent.

Elle me voit.

Je le sais.

Mais elle détourne les yeux.
Comme si je n’étais rien.
Comme si je n’avais jamais existé.

Et là…
Je sens un truc se briser dans ma poitrine.
Un truc profond.
Comme si quelqu’un avait enfoncé un pieu dans mon cœur, et que chaque battement le faisait tourner un peu plus.

Mais ce qui me fait le plus mal,
Ce qui me détruit lentement et sûrement,
C’est les autres.

Ces mecs dans la cour.
Ces gars qui la regardent.
Avec admiration.
Avec envie.

Comme si c’était une fille qu’ils découvraient pour la première fois.
Comme si elle était désirable maintenant qu’elle ne se cachait plus.
Comme si elle était libre.

Et moi,
Je reste là, planté,
À me mordre la langue,
À me haïr encore plus.

Parce que je l’ai aimée quand personne ne la voyait.
Et maintenant qu’ils la regardent tous,
Elle ne me voit plus.

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