À la quincaillerie

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Madame l'épicière s'était rendue de toute urgence à la quincaillerie prétextant qu'elle avait besoin d'un tournevis.

— Ce n'est pas totalement faux, se dit-elle en chemin. Il faut absolument que je resserre un de mes étals.

Elle passa la porte de la boutique, Madame la quincaillière l'accueillit chaleureusement.

— Oh comment allez-vous ? Vou tombez bien, je voulais venir vous voir. Il me faut des tomates pour le dîner.

— Je vous préparerai un sac en rentrant. Vous n'avez qu'à passer les chercher ce soir, vous ou votre mari. D'ailleurs j'ai besoin de son aide pour un de mes étals.

— Il n'est pas là, il avait une petite faim, il est parti à la boulangerie. Mais si je peux faire quelque chose...

Madame l'épicière secoua la tête, et tenta aussi vite que possible de changer de sujet de conversation.

— Non, ce n'est pas pressé. Mais il y a une autre raison pour laquelle je suis venue vous voir. Vous savez à quoi va servir la nouvelle construction ?

Madame la quincaillière réfléchit un instant.

— Il me semble que se sera une laverie. Si vous voulez mon avis, c'est moche comme tout ce nouveau bâtiment. Ça dénote un peu avec l'architecture de notre beau village. C'est étrange que le service d'urbanisme ait donné son accord pour une telle horreur.

— Eh bien justement ma chère madame. Figurez-vous que mon mari était au café ce matin. Madame la fleuriste et Monsieur le barman lui ont révélé ce qui se tramait derrière tout ceci. C'est une idée de notre chère maire pour cacher toutes ses petites manigances.

Madame la quincaillière ouvrit de grands yeux, choquée par les paroles de son interlocutrice.

— Comment ? Madame la maire ? Quelles manigances ?

— À vrai dire, je n'en sais trop rien. Tout ce que je sais, c'est que tout ça s'appelle : « du blanchiment d'argent ».

— Mais oui, j'ai entendu Monsieur le barman nous raconter l'histoire d'une série qui en parle. Que notre maire trempe dans des affaires louches, ça me surprend un peu.

— Ce n'est pas tout. Apparemment elle tromperait Élisabeth, et avec le facteur qui plus est.

— Mon dieu, mon dieu, s'exclama Madame la quincaillière. Quand je vais raconter ça à mon mari !! Mais attendez, attendez. Monsieur le facteur vous dites ? Je l'ai croisé un matin très tôt en compagnie de Madame la fleuriste. Ils sortaient du bar tous les deux, ils ne m'ont pas vu.

— Oh je comprend mieux maintenant ! C'est sûrement pour cette raison qu'elle ma demandé de lui apprendre à jouer au rami. Le tripot clandestin de Monsieur le barman. Mais vous, que faisiez-vous à une heure si matinale ?

— Qui moi euh... ? bafouille Madame la quincaillière. Eh bien je euh... J'allais à la boulangerie. J'adore quand le pain sort à peine du four – elle regarde sa montre – Oh là là que le temps passe vite quand on discute ! J'ai commandé ma revue préférée, Monsieur le marchand de journaux m'a dit qu'il l'avait reçue. Je suis impatiente de la lire ! Il y a un article sur comment accorder ses vêtements avec ses outils. Mon mari n'est pas encore rentré, tant pis je ferme la boutique.

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