Prologue

4 minutes de lecture

Toulouse, samedi 18 janvier

Une pluie fine tombait depuis la fin de l’après-midi, rendant les chaussées brillantes et glissantes. Thomas s’engagea sur la sortie de la rocade, suivant les indications données par le GPS. Après quelques centaines de mètres, le système de guidage lui demanda de s’engager dans une ruelle sombre. Le quartier était désert, uniquement composé de bâtiments d’activités et de petits entrepôts, tous fermés à cette heure tardive.

— Tu es sûr que c’est par là ? demanda la jeune femme assise à ses côtés, d’une voix inquiète.

— Oui, regarde sur l’écran, il faut s’avancer un peu plus loin.

Après un dernier virage à angle droit, la façade de l’établissement apparut enfin. C’était la seule construction éclairée, grâce au néon rose criard de l’enseigne

— Le Pink, c’est bien là, dit l’homme, en essayant de cacher son soulagement. Il y a plusieurs voitures arrêtées.

— Il y a du monde dans les voitures. Tu crois qu’ils attendent ?

— Nous sommes en avance. Sur le site, il était écrit vingt deux heures. Moins cinq, je vais me garer correctement.

Au bout de quelques minutes, une lumière apparut au-dessus de la porte et trois couples descendirent de leurs véhicules.

« Tu vois ! Allez, on y va aussi. »

Les deux jeunes gens suivirent le mouvement. Ils patientèrent encore un petit moment à l’extérieur puis le battant s’ouvrit enfin. Une femme entre deux âges, vêtue d’une tenue légère, les invita tous à entrer. Ils pénétrèrent dans une sorte de sas, tenant lieu à la fois de caisse et de vestiaire, fermé de lourdes tentures. Tandis que son compagnon payait l’entrée, la première personne dans la file ôta son lourd manteau d’hiver et sortit de son sac une paire d’escarpins qu’elle enfila à la place de ses sneakers. Elle ne portait qu’une robe très courte et des bas résille.

À leur tour, Thomas et Marie déposèrent leurs vêtements et déclinèrent leurs prénoms, à la requête de l’hôtesse.

— C’est votre première visite ici ?

— Oui, en effet répondit Thomas, un peu intimidé. J’espère que ce n’est pas un problème.

— Oh non, pas du tout, rassurez-vous. Bienvenue au Pink. Je vous laisse faire connaissance au bar, je viendrai vous retrouver un peu plus tard pour vous faire visiter l’établissement.

Passée l’entrée, il faisait très sombre. Un assez long corridor menait vers une pièce plus vaste. Des lumières rosées montaient du sol, laissant deviner quelques statues représentant des divinités dénudées, des deux sexes. Dans la grande salle, un bar occupait tout un côté de la pièce. En face, de petites alcôves avec des banquettes et des tables basses. Du rose partout, sur les banquettes, les inserts lumineux au sol, les décorations murales. Au milieu de l’espace, une petite piste de danse, parcourue d’éclairs lumineux de lasers et de projecteurs. Quelques clients s’étaient déjà regroupés autour du comptoir, semblant se connaître. Une jeune métisse officiait derrière le bar, sa robe transparente ne cachant que peu ses seins généreux.

— Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? demanda-t-elle. Vous pouvez choisir ce que vous voulez, les trois premières consommations sont offertes avec l’entrée.

— Un verre de Prosecco, demanda Marie.

— Un gin tonic pour moi, compléta son compagnon.

Pendant que la barmaid, préparait les boissons, une jeune femme blonde aux longs cheveux ondulés se retourna vers eux.

— Bonsoir, je m’appelle Camille, c’est votre première soirée ici ? Je crois que je ne vous ai jamais rencontrés, je m’en souviendrais, ajouta-t-elle avec un large sourire.

— Oui, en effet, je m’appelle Thomas, et voici ma femme, Marie.

— Le beau brun ténébreux là-bas, est avec moi, reprit Camille, il s’appelle Léonard. Je vous le présenterai tout à l’heure si vous le souhaitez.

La blonde désignait un homme en discussion à l’autre bout du bar, cheveux bruns mi-longs, soigneusement coiffés, le regard acéré.

— Il est encore tôt, mais rassurez-vous, ça va s’animer dans un moment. Profitez de votre verre, plus tard vous aurez du mal à approcher du bar.

— Vous venez souvent ici, demanda Thomas.

— Ça dépend, répondit Camille, il peut nous arriver de venir deux ou trois fois le même mois, puis plus rien pendant quelques semaines. Il y d’autres endroits agréables à Toulouse, et puis nous aimons aussi les soirées privées.

— Les soirées privées, releva Marie, c’est quoi ?

— Eh bien, on se retrouve à quelques uns dans une grande maison pour s’amuser toute la nuit. C’est très varié.

Camille n’eut pas le temps de développer davantage, Leonard se dirigeait vers eux.

— Tu me présentes tes nouveaux amis ? demanda l’homme.

— Voici Marie et … excusez-moi !

— Thomas, compléta l’intéressé.

— C’est leur première fois ici, et je crois qu’ils découvrent la vie nocturne.

— Et bien, vous avez choisi un des meilleurs endroits. Vous allez voir, l’ambiance est très conviviale ici. Vous n’aurez de mal à vous faire de nouveaux amis, d’autant que Marie, vous êtes une fort jolie femme, mais si vous le souhaitez, Camille vous donnera quelques adresses pour choisir vos tenues.

— Qu’est-ce qui ne va pas ? balbutia Marie rougissante.

— Oh, rien, votre robe est charmante pour aller boire un verre avec vos amies, mais elle est un peu trop sage pour un lieu comme celui-ci.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 6 versions.

Vous aimez lire Eros Walker ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0