Le couple diabolique

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Lanta, dimanche 12 janvier

Les épreuves s’étaient succédées, Julia n’était plus que douleur. La cravache s’était abattue sur toutes les parties de son corps, y compris les plus intimes. Lorsque Kevin commença à remuer et à émettre quelques grognements, Camille ordonna à son complice de le calmer.

« Donne-lui une dose plus forte, qu’on soit tranquille un moment. »

Le médecin versa quelques gouttes d’une petite fiole dans un demi-verre d’eau et s’approcha de l’homme encore à moitié inconscient.

« Tiens, bois-ça, tu ne nous gêneras plus. »

Il lui fallut forcer Kevin à absorber la potion, des gouttes coulèrent du coin de sa bouche, mais Léonard ne s’en soucia pas. Quand il relâcha la tête, celle-ci retomba, le menton contre la poitrine.

« Tiens, elle est à toi, moi j’ai assez joué. Elle ne réagit plus. Ce n’est plus amusant. »

Léonard resta un instant à regarder la victime entravée. Il ne ressentait plus beaucoup d’attirance pour ce corps dégradé. La femme qu’il avait sous les yeux n’avait plus rien à voir avec celle avec laquelle il avait flirté quelques heures plus tôt. Les cheveux étaient emmêlés, le maquillage avait coulé, le sang avait séché sur le torse et sur les cuisses.

« Aide-moi à l’installer sur le chevalet, demanda Léonard. »

Le couple amena la malheureuse devant l’espar, la forçant à reposer son buste endolori sur la poutre recouverte de cuir rouge. Léonard la força à écarter les jambes avant de la pénétrer sans ménagement. La femme martyrisée gémit à peine, semblant subir les violents assauts de son tourmenteur.

« Vas-y, mets-lui le sac ! commanda le médecin ».

Camille s’empara d’une poche de plastique qu’elle enfila sur la tête de Julia, serrant un lien autour du cou de sa victime. Au bout de quelques secondes, le corps entravé s’agita dans de violentes convulsions. Le bourreau continua encore ses va-et-vient quelques instants, puis ce fût terminé.

— Sers-moi encore un peu de champagne, demanda Camille.

— C’était à ton goût ? interrogea Léonard.

— J’ai préféré la première fois, celle-ci était trop pleurnicharde. Elle ne s’est même pas rebellée.

— Oui, c’est vrai, moi aussi j’ai préféré la photographe, elle a joué le jeu, au moins au début.

— J’espère qu’il te reste un peu d’énergie, je n’ai pas eu mon compte ce soir.

Le couple diabolique quitta la dépendance, abandonnant les Martinez à leur triste sort. Il faisait déjà grand jour quand Camille se réveilla. Malgré le chauffage, la propriété restait fraiche en hiver et elle frissonna en se levant, nue. Elle se dirigea vers la salle de bain pour une longue douche, afin de débarrasser son corps des miasmes de la veille. Comme lors de la fois précédente, elle éprouvait un curieux sentiment d’excitation et de remords. Elle descendit dans la cuisine pour préparer deux expressos qu’elle remonta dans la chambre à coucher.

— Il nous reste du travail, dit-elle en réveillant Léonard.

— Quelle heure est-il ? demanda-t-il.

— Presque dix heures, il fait beau, mais il doit faire froid, répondit Camille.

— J’espère que la terre n’est pas gelée !

— Où vas-tu les mettre ?

— Il y a des travaux autour de la piscine, les ouvriers ont laissé une mini-pelle.

— Tu sais t’en servir ?

— Ça ne doit pas être bien sorcier, mais ça peut attendre encore un peu, fit-il en écartant les pans du peignoir de la jeune femme.

— C’est ça que j’aime avec ces soirées, ça te rend toujours plus amoureux !

Deux heures plus tard, Léonard avait creusé une fosse assez profonde sous les arbres au fond du parc.

— C’est plus facile avec une machine, et on peut aller plus profond. Allons les chercher.

— Comment est-ce qu’on va les transporter ?

— On a la mini-pelle ! proposa le médecin.

Il leur fallut encore une heure pour achever le travail. Léonard s’appliqua à ramener des branches tombées et des feuilles mortes pour masquer l’excavation.

— Tout ça m’a donné fin, déclara Camille, un brunch aux Carmes, ça te dit ?

— Le temps de me changer et on y va.

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