Le vaisseau
Tous les instruments de relevés du poste de commande sont allumés et enregistrent les données qui lui parviennent de la sonde Venus Express (1). Tout est automatisé et Hugo, le chargé des communications, en profite pour aller se chercher un café, puis revient à son poste de contrôle et pose son café sur son bureau. C'est alors que l'alarme retentit, indiquant l'arrivée imminente de micro-météorites (2). Dans la panique, son café se renverse sur le panneau de commandes et, en nettoyant rapidement son clavier, il efface par erreur un programme algorithme qui permet de stabiliser le vaisseau. Hugo enclenche l'alarme et toute l'équipe se précipite vers le poste de contrôle. Là, Hugo est déjà à la tâche pour tenter de rétablir le stabilisateur, ainsi que le champ magnétique qui doit les protéger contre les chocs des micro-météorites. Mais, dans sa hâte, il néglige qu'un message de contrôle de l'ESA doit leur parvenir très bientôt. Le temps presse, si la fusée n'est toujours pas sous contrôle, ils peuvent rater la réception du message et terminer leur trajectoire dans l'atmosphère de Vénus.
Rin, l'ingénieure spatiale, prend alors le relais et s'empresse de rétablir le champ magnétique. Celui-ci fonctionne et la navette sera au moins à l'abri des micrométéorites. Entre-temps, Hugo s'est attelé à rétablir les communications, mais sans stabilisateur, il doit continuellement orienter les capteurs dans la bonne trajectoire. C'est Alejandro, le commandant de bord, qui se charge de rétablir la propulsion et entreprend de reprendre le contrôle de l'appareil. Hugo peut maintenant faire les réglages des capteurs et, avec l'aide de Stellie, la technicienne aérospatiale, ils tentent de rétablir l'algorithme perdu. Le reste de l'équipe (3) a vérifié toute l'intégrité de la structure du vaisseau et il semble qu'un générateur radioisotope (4) ait été perforé par des micrométéorites, ce qui pourrait compromettre l'efficacité de la navette ainsi que la production d'électricité nécessaire à la bonne tenue du champ magnétique. Pour éviter la contamination radioactive dans les compartiments vitaux, il est possible qu'ils doivent se séparer de ce compartiment. Rin, avec Yuri et Ira, se mettent à élaborer un plan pour isoler le générateur et prévenir toute contamination de l'habitat en attendant la décision de l'ESA.
Hugo et Stellie, de leur côté, attendent la connexion imminente avec l'ESA qui pourra peut-être les aider à trouver une solution, mais il reste très peu de temps, l'équipe a une toute petite fenêtre d'action (une trentaine de minutes tout au plus) pour transmettre les données à l'ESA et la réception du nouveau protocole à suivre. En effet, ils n'ont que deux solutions. Si la mission se poursuit, l'ESA devra envoyer le code algorithme manquant qui permet de stabiliser la fusée, ainsi que les instructions pour réparer le générateur. Envoyer une mission de sauvetage est quasi-impossible, cela prendrait 4 à 5 mois et à condition que la mécanique orbitale le permette. L'autre solution est de tout simplement abandonner la mission, ce qui reporterait le projet à plusieurs décennies. Mais, la priorité reste de rétablir le générateur qui, sans lui, non seulement la mission aura échoué, mais le retour vers la Terre (à défaut, l'ISS) impossible.
L'ESA aura-t-elle assez de temps pour envoyer les informations nécessaires et continuer leurs objectifs ? Ou devront-ils abandonner le programme et tenter une manoeuvre désespérée pour amorcer leur retour vers la Terre ? Sont-ils condamnés à s'écraser sur Vénus ?
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Glossaire
(1) Venus Express, première sonde spatiale de l'Agence spatiale européenne (ESA) destinée à explorer Vénus (2005-2014). Elle étudie l'atmosphère dense, la surface et le plasma de la planète.
(2) Ces objets interstellaires peuvent endommager les parois d'un habitacle si un champ magnétique n'est pas rapidement enclenché
(3) Tarik, le médecin (scientifique) ; Carla, Recherche et Développement (chimie) ; Yuri, météorologue (physique quantique) ; Ira, astrophysicienne (mathématicienne)
(4) Pour les missions lointaines, le plutonium est utilisé pour produire de l'énergie thermique et électrique.

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